Pop / Rock
L’Interview stroboscopique : Kid Wise

L’Interview stroboscopique : Kid Wise

14 novembre 2013 | PAR Bastien Stisi

Crépitements lumineux, rugissements scintillants, et coup de strobo sur le jeune groupe toulousain Kid Wise, venu influer un souffle renaissant sur la scène rock symphonique et progressive française…

Kid Wise a d’abord été un collectif pluri-artistique avant d’être un groupe de musique. Avez-vous trouvé avec le rock la meilleure manière de vous exprimer ?

Augustin (chanteur et pianiste du groupe) : Kid Wise a toujours été un projet musical, autour duquel a gravité en effet pendant quelques temps de multiples artistes (photographes, graphistes, bloggeurs…) dans l’optique de créer une entité artistique diverse. Petit à petit, l’identité du collectif s’est effacée et le projet s’est affirmé comme un réel groupe de musique, en sextet.

La reprise au piano de l’ « Entertainment » de Phoenix quelques jours après la sortie de Bankrupt!, c’était un hommage nécessaire pour un groupe dont vous êtes des fans absolus ou un coup de communication rondement mené ?

Augustin : La reprise piano/chant a été réalisée sur un coup de tête, enregistrée en une prise et balancée sur internet un mardi soir où, comme beaucoup de lycéens, je m’ennuyais au lieu de réviser mon bac… Même pas sûr que je connaissais le terme « coup de communication » à l’époque ! Un simple hommage sans prétention aucune à un groupe que l’on adore, artisans d’une  pop romantique et lyrique merveilleusement ficelée. Phoenix est une vraie référence et un bel exemple pour les jeunes groupes de notre genre…

Vous reconnaissez-vous derrière la catégorisation de « rock symphonique » ? On sent bien les influences de Keith Jarrett, de Sigur Ros ou de Supertramp chez Kid Wise…

Clément (violoniste et choriste du groupe) : On a un peu de mal avec les étiquettes… Est-ce que « Hope » est vraiment rock ? D’ailleurs qu’est-ce que le rock aujourd’hui ? Et puis l’utilisation d’un ensemble « classique » suffit-il à définir un style ? Nous avions envie de textures rondes et chaleureuses, de cuivres, de cordes lisses et voluptueuses, mais nous aurions pu également essayer de trouver ce genre de sensations avec des synthés et ce serait resté du Kid Wise.

Augustin : On aime décrire notre musique comme de la « pop-progressive » (des sonorités pop sur des formats progressifs). C’est la nomination la plus exacte que l’on a trouvé pour définir notre recherche sonore. Mais hors de question de s’y enfermer, notre son est encore jeune et sauvage, il évoluera de lui-même avec le temps.

N’est-ce pas un peu risqué de débuter le premier EP d’un nouveau projet par un morceau de 11 minutes « Funeral ») ?

Clément : Il y a une part de risque, mais on aime beaucoup trop ça pour s’en priver ! On a voulu faire cet EP avec la plus grande honnêteté possible, faire de la musique avant tout pour elle-même, sans aucune concession de format, sans se soucier de l’attente d’une radio ou d’un public potentiel. Et puis, après le mastering, le pressage, quand tu réalises… tu flippes… Mais c’est ça qui est excitant.

L’enfance, l’adolescence, le complexe passage à la vie d’adulte…ce sont des thématiques récurrentes dans votre musique. Kid Wise, c’est une manière thérapeutique de régler certaines transitions difficiles ?

Clément : On voit l’art en général comme une thérapie. Comme une nécessité vitale de sublimer certains moments de l’existence. Des traumatismes, des complexes, des désirs… Toutes ces choses qui, parfois, ne peuvent pas être racontées avec de simples mots. Alors, on est juste une bande de six gosses avec six histoires différentes qui se croisent et se fuient. Et on se retrouve, parfois sans un mot, dans cet exutoire.

Kid Wise est-il condamné, compte-tenu de sa nomination, à rester à tout jamais un enfant sage et raisonné ?

Augustin : Les enfants, ça change tu sais. Surtout quand ils sont en bandes. C’est ce qui est beau et triste à la fois avec eux. Tu crois les cerner un temps, cibler leurs goûts et leurs envies, et ils s’échappent sans prévenir. Ça se croit libre et invincible, ça virevolte et disparaît dans les airs. Je ne sais pas où on sera dans un an, mais il est fort probable que tu ne nous trouve pas au même endroit. On aime l’idée que notre musique évolue en même temps que nous. Ce qui est sûr c’est que l’on restera toujours fidèles à nos rêves d’enfants. Nos vœux jetés aux étoiles filantes. C’est le seul moyen de rester honnête dans notre démarche. De grandir et de ne jamais vieillir.

Kid Wise sera en concert ce samedi 16 novembre au Trois Baudets. Vos places sont à réserver par ici.

Kid Wise, Renaissance EP, 2013, nom du label, 23 min.

Visuel : © pochette de Renaissance de Kid Wise

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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