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Playlist de la semaine (80)

Playlist de la semaine (80)

30 août 2014 | PAR Bastien Stisi

Le retour très attendu des Brigitte, le post-dubstep toujours aussi dépressif de SOHN, et le retour synth-illant des Canadiens de Monogrenade…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Brigitte, « A Bouche que veux-tu »

Entre pop et disco, entre kitsch et modernité, le retour des deux Brigitte se fait par l’intermédiaire d’un extrait, « A Bouche que veux-tu », pénétrée par la même sensualité moite qui régnait en maître sur leur premier album éminemment salué (Et vous tu m’aimes ?), qui accumulait cadavres exquis, coquins et malins. Le second album de Brigitte sortira le 17 novembre, et s’emplit déjà de promesses.

2. SOHN, « The Chase »

On avait laissé le producteur et song-writter SOHN la mélancolie collée aux basques d’un post-dubstep glacé, puisant dans les traumatismes d’hier pour construire le R&B de demain, et par là même un premier album, Trevors, qui donnait aux plus tristes une épaule sur laquelle se reposer dans les instants les plus compliqués à gérer. Aujourd’hui, on le retrouve avec « The Chase », un extrait pas plus guilleret qui annonce sans doute un nouvel album, parfumé au même spleen électro acoustique. Visiblement, niveau moral, le Britannique exilé à Vienne n’est pas toujours au top de sa forme. Niveau prod’, par contre, c’est toujours impeccablement cafardeux. Après une date à la Boule Noire, et une autre au Nouveau Casino, les Parisiens les plus sensibles le retrouveront au Café de la Danse le 22 septembre.

3. Baxter Dury, « Palm Trees »

Relativement imbuvable en live, où ses minauderies et sa suffisance en auront agacés plus d’un lors de sa performance à La Route du Rock, Baxter Dury se rattrape en studio, où ses comptines sensiblement pop plébiscitent ses qualités de dandy crooner au phrasé si singularisé. Toujours entouré de ces voix féminines en fond sonore et de ces productions synthético léchées, « Palm Trees » est, après un délicieux morceau éponyme, le deuxième extrait de It’s A Pleasure, son nouvel album qui paraîtra le 20 octobre, et qui ne devrait, à première vue, pas changer grand-chose aux impressions concernant le Britannique : il agacera les vigoureux détracteurs, et charmera les inamovibles défenseurs.

4. Monogrenade, « Métropolis »

Synthétique et sombrement scintillant, « Métropolis » est le premier extrait de Cosmopolite, le troisième album des Canadiens de Monogrenade, qui paraissent pousser l’expérience dream-synthpop bien plus loin que sur les compositions de leur second excellent épisode discographique, Tantale, paru en 2011. Un voyage rétro-futuriste, qui, si ce n’est l’album culte de Kraftwerk évoqué par le titre du morceau, rappellera plus sûrement (et c’est flatteur) le récent Bambi Galaxy de Florent Marchet. Pop, poétique, délicat et spacieux, on attend la totalité de l’album des Québécois géniaux pour le 1er septembre prochain.

5. Thurston Moore, « The Best Day »

Loin, très loin du post-punk noisy, psychédélique et orgiaque propre aux albums de Sonic Youth (surtout si l’on évoque la période 80’…), Thurston Moore évoque plutôt à travers son projet solo, poursuivi suite à la scission officielle du groupe en 2011, un pop rock orienté blues de cow-boy un peu dépassé. « The Best Day », le premier extrait d’un nouvel album à paraître le 20 octobre, paraît dès lors bien mal porter son nom…Espérons plutôt que le reste soit comparable au très beau live proposé à Rock en Seine par le feu leader de l’un des plus grands groupes new yorkais de ces trente dernières années.

6. Shabazz Palaces, #CAKE

Frange hip hop tordu et abstract du label ricain Sup Pop, le duo de Seattle Shabazz Palaces a sorti son second album Lese Majesty le 18 août, une œuvre foutraque, construite, bizarroïde, obscure et délétère, vaste et luxuriante jungle urbaine dominée par son abyssal sommet « #CAKE », qui confond autant d’influences et d’inspirations sonores que ses cauchemars interminables desquels l’on se réveille, sueur aux aisselles et cerveau en souffrance, contaminé par le souvenir incertain de ce qui vient  de se produire. C’est-à-dire, quelque chose que l’on a encore bien du mal à comprendre, mais qui demeure.

7. Étienne de Crécy, « Hashtag my Ass »

Du rétro dans le son, et du néo dans les images. D’un côté Etienne de Crécy ressort son Super Discount du placard, dix ans après la parution de son second volume (le premier, paru en 1996, avait alors contribué à exporter le mouvement marqué « French Touch » au-dehors de l’hexagone), et offre une house old-school qui porte en elle l’irrésistible touche des glorieuses années 90. De l’autre, il offre à ses auditeurs les plus connectés la possibilité (via Instagram) de remplacer les pochettes de vinyles qui défilent au sein du clip par les photos des utilisateurs les plus mégalos. #superdiscount – photo rigolote – le tout regroupé sur une chaîne Youtube créée pour l’occasion – continuation toujours plus affamée de la mise en scène de sa propre existence.

Les morceaux de la playlist sont à retrouver sur la page Deezer de Toute La Culture.

Visuel : (c) pochette de A Bouche que veux-tu de Brigitte

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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