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Cannes 2018 : Terry Gilliam, Nuri Bilge Ceylan, Yann Gonzalez et Lars von Trier seront là

Cannes 2018 : Terry Gilliam, Nuri Bilge Ceylan, Yann Gonzalez et Lars von Trier seront là

19 avril 2018 | PAR Geoffrey Nabavian

Le Festival de Cannes a fait connaître aujourd’hui une liste de films venant compléter les sélections existantes. Certains projets, qu’on ne pensait pas voir, seront donc présents au final.

C’est la règle : tous les ans, la direction de Cannes annonce la présence de films en plus, quelques temps après la révélation de la Sélection Officielle, lors de la traditionnelle conférence de presse de mi-avril. Cette dernière s’est déroulée le jeudi 12 avril (notre récit ici) : une semaine plus tard exactement, on apprend donc que quelques réalisateurs supplémentaires verront leurs films présentés à Cannes en 2018.

La liste des films ajoutés dans la sélection de Cannes 2018 :

Section Compétition :
Le Poirier sauvage, de Nuri Bilge Ceylan (Turquie)
Un couteau dans le coeur, de Yann Gonzalez (France)
Ayka, de Sergey Dvortsevoy (Kazakhstan)

(les autres films de la Compétition pour la Palme d’or ici)

Section Un certain regard :
Donbass, de Sergueï Loznitsa (Ukraine) (film d’ouverture de la section)
Meurs, monstre, meurs, d’Alejandro Fadel (Argentine)
Les Morts et les Autres, de João Salaviza et Renée Nader Messora (Portugal)

(les autres films de la section Un certain regard sont à découvrir ici)

Section Hors Compétition :
L’Homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam (Grande-Bretagne/Espagne) (film de clôture du Festival)
The house that Jack built, de Lars von Trier (Etats-Unis/Danemark)
Whitney, de Kevin Macdonald (Grande-Bretagne) (Documentaire) (En séance de minuit)
Fahrenheit 451, de Ramin Bahrani (Etats-Unis) (En séance de minuit)

La section Un certain regard donnera donc l’occasion de découvrir les nouveaux films du réalisateur argentin de Los salvajes (2013), et d’un duo de cinéastes portugais remarqués pour Montanha (2016 ; critique ici). On y retrouvera aussi Sergueï Loznitsa, plutôt fêté par la critique lors de Cannes 2017 pour Une femme douce (critique ici). Côté Compétition, on fête d’avance la confirmation de Yann Gonzalez, réalisateur des Rencontres d’après minuit, qui nous revient avec un long-métrage qui aborde, en toile de fond, le milieu du porno gay des années 70 en France, et offre ses rôles principaux aux magnifiques, aux immenses Nicolas Maury (Let my people go !, la série Dix pour cent) et Kate Moran (la série Cannabis), ainsi qu’à Vanessa Paradis.

On est heureux de retrouver aussi Sergey Dvortsevoy, lauréat par le passé du Grand Prix de la section Un certain regard pour Tulpan, film du Kazakhstan. Et on ne présente plus Nuri Bilge Ceylan, homme à l’impressionnant palmarès cannois : un Grand Prix pour Uzak, un Prix de la mise en scène pour Les Trois Singes, un autre Grand Prix ex aequo pour Il était une fois en Anatolie, et finalement, une Palme d’or pour Winter Sleep.

Les « surprises » Hors Compétition

C’est du côté de la section Hors Compétition que l’étonnement est le plus grand : outre le documentaire de Kevin Macdonald consacré à la chanteuse Whitney Houston, morte en 2012, le Festival convoque finalement Terry Gilliam. Son adaptation de Don Quichotte est attendue par beaucoup comme un événement hors-normes : ajournée pendant 25 ans au total, mise en chantier une première fois en 2000 avec un résultat désastreux – raconté dans le documentaire Lost in La Mancha – et finalement au centre de problèmes de droits, ayant aboutis à un procès au début avril 2018, le film a finalement sa place à Cannes. Inutile de dire que les attentes sont immenses. Le film sortira par ailleurs dans les salles le 19 mai. Sinon, Lars von Trier, déclaré persona non grata au Festival en 2011, suite à des propos sur Hitler et les juifs, revient Hors Compétition avec The house that Jack built, annoncé comme la confession d’un tueur impitoyable (Matt Dillon) face à un interlocuteur (Bruno Ganz), et la reconstitution du parcours dudit tueur. Au casting, également, Uma Thurman et Riley Keough.

On notera enfin la présence de la nouvelle adaptation de Fahrenheit 451, roman de Ray Bradbury qui décrit une société de science-fiction où les livres sont brûlés. Réalisé par Ramin Bahrani (Goodbye Solo, 99 homes), le film compte dans ses rôles principaux Michael B. Jordan (Creed), Michael Shannon (Take Shelter, La Forme de l’eau) et la française Sofia Boutella (La Momie, Kingsman). Fait étonnant : le film est produit par HBO, et est destiné au départ à une diffusion à la télévision, au même titre que des oeuvres telles que The wizard of lies, avec Robert De Niro, ou Paterno, avec Al Pacino. Des films pas sortis en salles en France… Après les polémiques liées à Netflix, Fahrenheit 451, « film original HBO« , sera-t-il, lui, contraint à une sortie salles ? Il faut voir. Le fait étonne un peu, en tout cas. Le Festival de Cannes 2018 se tiendra du 8 au 19 mai.

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Visuels : détail de l’affiche officielle du Festival de Cannes 2018 © Maquette: Flore Maquin – Photo : Pierrot le fou © Georges Pierre

Affiche française de L’Homme qui tua Don Quichotte © Ocean Films

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : geoffrey.nabavian@free.fr / https://twitter.com/geoffreynabavia

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