Cinema

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Let my people go, le choc des cultures ( en salles le 28/12/11 )

20 décembre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Let my people go est le premier film d’un jeune homme de 28 ans, Mikael Buch, co-écrit avec Christophe Honoré. Du second, le premier adopte un traitement de la pellicule seventies qui transforme des relations amoureuses et familiales compliquées en comédie volontairement kitsch.

La communauté juive a souffert de maltraitance cinématographique, il en est de même pour la communauté homosexuelle. Ni Vérité si je mens, ni Cage aux folles, Let my people go offre un regard burlesque et juste sur les deux mondes qui sont liés dans la famille Steiner par Ruben (prodigieux Nicolas Maury), facteur de son état qui a choisi la Finlande pour s’éloigner le plus possible de son étouffante maman (hilarante Carmen Maura), de son frère sanguin (nerveux Clément Sibony) et de sa sœur au bord du divorce (troublante Amira Casar)

Le film cultive les rebondissements à base de quiproquos : Teemu, l’amoureux de Ruben pense que celui-ci a volé de l’argent, plus tard, les hommes de la famille passeront un premier soir de Pessah sous les verrous à cause d’un enchainement de circonstances malheureux. Tout est mis en place pour que la famille se retrouve au grand complet, faisant remonter les travers de chacun et les emprises des parents sur les enfants.

Le film offre des idées de génie qui en font autre chose qu’une comédie légère de fin d’année. Le choix de placer l’histoire entre la Finlande et la France, opposant deux langues et deux conceptions de la liberté fonctionne. On apprend que Nicolas Maury a appris le finnois pour l’occasion offrant un décalage formidablement drôle entre sa culture, ashkénaze et française et sa langue d’adoption. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, deux des scènes les plus drôles du film : un supermarché où les clients hurlent en faisant leurs courses ou encore un cours de gym pour femmes juives sont tout à fait réelles.

Mikael Buch ne traite ni cette famille juive, ni ce garçon gay comme des ovnis ancrant son propos dans une normalité et dans une question permanente pour quiconque sort du chemin qui lui était tracé. Le questionnement sur une identité juive insoluble est présent tout au long du film. Ruben est englué dans la culpabilité d’avoir abandonné sa famille et en même temps, ne rêve que de rejoindre son amant blond.

Le film se voit à plusieurs degrés, le générique de départ utilise l’ouverture à l’Iris, passant du noir aux couleurs pastel nous plaçant immédiatement dans un second degré parfait. Nicolas Maury crève une fois de plus l’écran. Il est troublant dans sa posture fébrile, son corps fragile et son regard perçant.

Let my people go est une farce moins légère qu’il parait.  Mikael Buch passe l’examen de la comédie familiale avec succès, même si l’on regrette une fin totalement prévisible.

Visuel : © Carole Bethuel

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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