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Le best of expositions de 2020

Le best of expositions de 2020

16 décembre 2020 | PAR La Rédaction

Entre deux confinements, et quelques couvre-feux, les musées ont pu vernir les rares expositions de 2020. Tour d’horizon bien maigre d’une saison au noir moins subtile qu’un Soulages. 

Yaël

Après des semaines sans musées, la possibilité de passer la porte du Musée de l’illusion ouvert un peu trop tôt, mais avec gel et masque, a été un moment de vie qui reflue. Voguer dans Marseille en septembre pour découvrir les oeuvres de Manifesta a été juste merveilleux. Attendue depuis mars, la rétrospective Victor Brauner au Musée d’Art Moderne est  un vrai monument, on attend qu’elle rouvre avec impatience. Enfin, la découverte de l’univers de Pierre Dac au Mahj m’a éblouie.  

Géraldine

Sans hésitation aucune – il faut dire que la programmation a été nettement amputée malgré les efforts des conservateurs pour prolonger les expositions dans leurs murs -, mon coup de cœur de l’année aura été Ruines, de Joseph Koudelka. Est-ce parce que le titre résume assez l’état de la culture aujourd’hui ? Non, point de cynisme, mais des photographies d’une beauté subliminale, portées par l’exigence d’un photographe à la radicalité exilée, et qui parvient à nous montrer les ruines, non comme un désert à pleurer pour romantiques échevelés, mais comme l’essence même de la condition humaine : les ruines sont à l’homme ce que la putréfaction et le retour à l’humus sont au végétal : la fin d’un cycle constamment renouvelé, tout simplement.  Mais ce coup de cœur est autant lié à la beauté et à l’intelligence de la scénographie imaginée pour mettre en scène ces tirages donnés à la BnF : une véritable installation photographique, comportant des panoramas monumentaux suspendus, d’autres verticaux et d’autres enfin présentés à l’horizontale sur tout le pourtour de la salle. Une manière d’évoquer à la fois la « mise au jour » des artefacts sur ces sites archéologiques, et la révélation du bain photographique dans la chambre noire. Reste le catalogue, et le très bel essai d’Alain Schnapp sur la valeur des ruines…

Paul

Si je ne dois citer qu’une exposition, c’est Comme en 40, la très didactique exposition du Musée des Invalides sur le moment de bascule qui a abouti à un gouvernement français aligné sur l’Allemagne nazie et les autres fascismes européens, et sur les victimes de cette barbarie. Une exposition incontestablement d’utilité publique qui permet de se rappeler comment une partie d’un peuple peut basculer du mauvais côté de la force, mais aussi que, dans une période sombre de notre histoire, peuvent émerger des gens de bien qui se battent pour mettre en place les conditions de retour à la démocratie et la liberté. Une exposition bien illustrée, bien disséquée, bien expliquée, que je conseille à tous (de 7 à 97 ans).

Laetitia

Les périodes de fermeture des musées ont provoqué chez moi une boulimie d’expositions, afin de rétablir une sorte d’équilibre sur l’année. Mais voir les efforts des commissaires et des musées, qui se comptent en mois et souvent en années pour mettre sur pied une exposition, ainsi malmenés voire piétinés, fait mal au cœur. D’autant plus que de nombreuses expositions ont été (et sont toujours pour certaines) belles, passionnantes et enrichissantes. Je pense notamment à William Kentridge au LaM, cette première rétrospective d’un artiste aux multiples talents et à l’univers fascinant. Secrets de beauté à la Maison de la Culture du Japon présente l’idée de la beauté au Japon pendant la période Edo avec des estampes et des objets liés au maquillage et à la coiffure, d’une perfection à couper le souffle. Pour rester sur le sujet du Japon, Chiharu Shiota à la galerie Templon et Fuji pays de neige au musée Guimet, dans deux approches totalement différentes, ont évoqué la délicatesse et la beauté de l’impermanence. Notons également, côté art contemporain, les deux très belles expositions de Lafayette Anticipations, Rachel Rose et Wu Tsang, ainsi que Brognon Rollin au MACVAL et la Saison d’art du Domaine de Chaumont, particulièrement belle cette année. Et enfin, l’exposition qui m’a le plus intriguée est Esprit es-tu là? au musée Maillol, sur l’art créé sous l’influence des esprits.

Mahaut

Parmi les quelques expositions que j’ai réussi à entrevoir en septembre 2020, avant que tout ne referme, je garde en mémoire celle de la Fondation Cartier sur les photographies de Claudia Andujar de la « lutte Yanomami », une tribu d’Amazonie. Cette photographe brésilienne dédie sa vie depuis 1970 à la défense de ce peuple amérindien, photographiant chaque moments de vie, de la sieste à la fête enivrante. Ses images, parfois d’un rose fuchsia flamboyant, parfois floues, m’ont vraiment plongée dans une atmosphère irréelle dont je ne peux me détacher. Puis à quelques pas de là, mes pieds m’ont emmené au Musée de la Poste, à l’exposition « Rêver l’univers », sur les œuvres de différents artistes sur le thème de l’espace et de l’univers. Souvent poétiques, ces œuvres m’ont, je dois bien l’avouer, transportée vers des horizons extra-terrestres intéressants. L’exposition reprendra, si Dieu le veut, et jusqu’au 8 février !

 

Visuel : ©MAM

 

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