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[Interview] « Le French Pop, le bon moment pour faire l’état des lieux »

[Interview] « Le French Pop, le bon moment pour faire l’état des lieux »

05 octobre 2013 | PAR Bastien Stisi

Les 17 et 18 octobre prochain, la ville de Bordeaux accueillera la toute première édition du festival Le French Pop (pour lequel on vous fait gagner des places par ici), mise à l’honneur passionnée de tous ces groupes made in France tournés depuis quelques mois vers l’exécution d’une pop dans la langue de Daho. Aymeric Monségur, organisateur du French Pop et fondateur de l’association Bordeaux Rock, nous parle de la genèse du festival et de ses ambitions présentes et futures.

Il n’est pas si fréquent de trouver une véritable cohérence thématique et musicale dans la programmation des festivals du territoire hexagonal. Regrouper tous ces artistes qui, depuis quelques mois, remettent à la mode l’idée d’une pop interprétée en français, c’était devenu une évidence ?

Aymeric Monségur : Oui en effet, ça fait maintenant une poignée d’année que l’on voit éclore en France une nouvelle génération de groupes qui ont tous choisi de se réapproprier le chant en français tout en s’accrochant à des références musicales pop internationales. On n’avait pas vu une telle effervescence en France depuis les années 80 et des artistes comme Taxi Girl, Étienne Daho ou Gamine.

Avec l’explosion de groupes comme Lescop , Aline ou La Femme en cette année 2013, on s’est dit que c’était peut-être le bon moment pour faire l’état des lieux. On a alors conçu une compilation cd, avant de décider de fêter tout cela lors d’un festival spécialement consacré.

De quand date exactement l’idée de ce festival ?

A. M. : On y a pensé juste après l’idée de la compil (qui date de mai 2012). On a ensuite reçu le soutien financier de la marque de prêt à porter féminin DDP dont le fondateur n’est autre que le chanteur des Stagiaires (groupe new-wave français du début des années 80). Ce passionné de musique a permis l’éclosion de ce festival et la sortie de la compilation French Pop.

Malgré l’utilisation à outrance du terme, la plupart des groupes interrogés paraissent rejeter toute idée de mouvement ou de cohésion « french pop », et parlent davantage d’un « terme de journaliste »…Qu’en pensez-vous ?

A. M. : Ce n’est sans doute pas une véritable scène, dans la mesure où tous les groupes viennent des quatre coins de la France (Aurillac, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Paris, Caen, Biarritz, Marseille…), mais ce que je sais par contre, c’est que pour la plupart de ces groupes, il y a un véritable amour des guitares ligne claire et des motifs synthétiques.

De plus, pour avoir organisé un verre de sortie de la compil à Paris la semaine dernière, j’ai senti une réelle cohésion et entente entre tous les protagonistes. Ils ont déjà l’habitude de jouer souvent les uns avec les autres mais ça nous donne encore plus l’envie d’aller encore plus loin, et pourquoi pas d’instaurer une tournée « French pop » à travers l’hexagone !

Pourquoi avoir choisi d’instaurer la ville de Bordeaux comme chantre de ce festival ?

A. M. : Notre association est basée à Bordeaux (Bordeaux Rock), la marque DDP a ses locaux à Bordeaux, et il y a quand même 4 groupes sur 17 figurant au générique de la compilation qui sont originaires de Bordeaux (Pendentif, Bengale, Petit Fantôme et Perez).

Avez-vous envisagé la possibilité d’intégrer dans la programmation les groupes et artistes pionniers du genre, dont la postérité acquise dans les années 80 ressurgit incontestablement sur le revival french pop des années 2010 ?

A. M. : Notre rêve premier était effectivement de faire jouer Étienne Daho, mais sa tournée ne correspondait pas aux dates du festival. J’espère qu’il acceptera l’an prochain. On ne désespère pas non plus d’une reformation de Gamine, dont on vient d’apprendre que le chanteur s’était remis à la musique après un long silence.

Nous avons choisi comme « marraine » cette année Barbara Carlotti, qui a déjà quelques albums à son actif. Elle s’intéresse beaucoup à cette nouvelle génération. Elle a d’ailleurs fait une reprise de Daho aux côtés d’Aline, et voue une véritable adoration pour La Femme !

Y-a-t-il d’autres articles que vous auriez souhaité associer à cette première édition, mais que vous n’avez pas réussi à avoir ? On pense notamment à Lescop, que beaucoup présentent comme l’un des pionniers du renouveau french pop…

A. M. : Oui, c’est pareil pour Lescop, nous n’avons pas réussi à l’inclure dans la programmation du festival (alors qu’il figure sur la compilation), son cachet était un peu trop cher par rapport à notre première édition ! Nous espérons toutefois qu’il fera partie de l’édition de l’année prochaine avec un deuxième album en poche.

L’album pop made in France qui vous a le plus bluffé cette année, c’est lequel ?

A. M. : Psycho Tropical Berlin de La Femme et Regarde le Ciel d’Aline ont mis la barre très haut avec leur premier album, mais  le Stave de Petit Fantôme confirme aussi tout le bien que je pensais de lui depuis son premier EP Yallah. Je n’oublierai pas non plus l’album des copains de Pendentif (Mafia Douce), qui devrait faire parler de lui dans les prochaines semaines.

Bordeaux, octobre 2014, on prend les mêmes et on recommence ?

A. M. : Pas exactement les mêmes,  l’idée était quand même de se renouveler tous les ans ! On n’est pas forcement restreint à la « nouvelle » scène, l’idée est aussi de faire jouer des artistes pop français qu’on admire depuis longtemps comme Sébastien Tellier, Katerine, Autour de Lucie, Burgalat, Benjamin Biolay

Toutes les informations et la programmation du festival Le French Pop sont à retrouver sur le site officiel du festival.

Visuel : © affiche du festival

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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