Cinema
Suer sang et eau pour le cinéma : le jury Caméra d’or 2014 à Cannes

Suer sang et eau pour le cinéma : le jury Caméra d’or 2014 à Cannes

13 mai 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Qui dit Caméra d’or dit premier film. Mais que faut-il à un premier film pour être marquant ? Une histoire forte et un style original, par exemple. Quoiqu’il en soit, sa réalisation nécessite souvent beaucoup d’efforts. Et la plupart des membres de notre jury 2014 en connaissent long sur cette notion.

Camera d'orDans son histoire, la Caméra d’or a permis, entre autres, à Jim Jarmusch, Pascale Ferran (présente cette année à Un certain regard), Jafar Panahi, Naomi Kawase (en compétition cette année), Karen Yedaya ou Steve McQueen de se lancer dans de bonnes conditions, puis de s’imposer. C’est que, malgré les vicissitudes, leurs premiers récits ont marqué tout le monde. Une histoire forte : voici ce qu’il faut pour qu’un premier film soit percutant. La présidente 2014, Nicole Garcia, aime à raconter des histoires de ce type : Le Fils préféré (1994), Place Vendôme (1998), L’Adversaire (2002)… jusqu’à sa dernière œuvre, Un beau dimanche, sortie en février. Des récits qui n’ont pas toujours acquis les faveurs du public, pourtant. Le cinéma, ou un art pas évident.

Il incombe donc parfois au critique de donner un coup de pouce: c’est ce que fit Sophie Grassin, également dans le jury cette année, lorsqu’en juillet 2003, elle se livra, dans Première, à un éloge enflammé d’A la gauche du père, flamboyant drame familial signé par Luiz Fernando Carvalho, un brésilien quasiment inconnu. L’envie de découverte est également l’une des raisons qui ont poussé Lisa Nesselson, originaire de Chicago, à s’installer en France pour exercer, en anglais, son activité de critique. Travaillant à Screen International ainsi que sur France 24, elle siège au jury de la Caméra d’or 2014.

Jury dans lequel on retrouve l’une des découvertes, justement, de 2012, Héléna Klotz, fille de Nicolas Klotz et réalisatrice de L’Âge atomique. Un style original, dont on espère qu’elle saura le mettre à profit pour son second essai. Côté travail des images, le représentant au sein de l’équipe est Gilles Gaillard, directeur général de Mikros Image, société de postproduction spécialisée dans le numérique, et œuvrant, à ce titre, dans le cinéma comme dans le domaine publicitaire. Le numérique jouant désormais un rôle prépondérant dans la création de films.

C’est la publicité qui a notamment permis au belge Philippe Van Leeuw, autre membre, de se faire la main, ainsi que son activité de directeur de la photo pour Bruno Dumont ou Claire Simon. En 2008, à 54 ans, il a réalisé son premier long-métrage, Le Jour où Dieu est parti en voyage, dont l’histoire se déroule pendant le génocide rwandais. Les films ne se font pas facilement, et rien n’est acquis. On peut se souvenir de Richard Anconina, également au jury de la Caméra d’or cette année, recevant, en 1984, deux Césars pour le même rôle, dans Tchao Pantin de Claude Berri. Et patientant ensuite un certain temps avant de retrouver le succès, avec les triomphes de La Vérité si je mens ! et de ses suites. Des efforts à faire sans cesse, et particulièrement pour un premier film. Quel travail arrivera à convaincre ces sept jurés ? Réponse le 24 mai, puis en salles, pour l’œuvre choisie.

Visuel : la Caméra d’or © FDC

Visuel Une: L’Age atomique © NiZ !

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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