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[CRITIQUE] « Un beau dimanche » Nicole Garcia filme une rencontre sous le signe du mystère et de l’épure

[CRITIQUE] « Un beau dimanche » Nicole Garcia filme une rencontre sous le signe du mystère et de l’épure

10 février 2014 | PAR Gilles Herail

Brillant pendant ses deux premiers tiers, le nouveau film de Nicole Garcia déçoit en tombant dans les histoires de familles et une certaine tradition vieillissante du cinéma français. Reste une rencontre solaire entre deux acteurs éblouissants, Louise Bourgoin et Pierre Rochefort que la réalisatrice sait magnifier.

Synopsis officiel: Baptiste est un solitaire. Instituteur dans le sud de la France, il ne reste jamais plus d’un trimestre dans le même poste. A la veille d’un week-end, il hérite malgré lui de Mathias, un de ses élèves, oublié à la sortie de l’école par un père négligent. Mathias emmène Baptiste jusqu’à sa mère, Sandra. C’est une belle femme, qui après pas mal d’aventures, travaille sur une plage près de Montpellier. En une journée un charme opère entre eux trois, comme l’ébauche d’une famille pour ceux qui n’en ont pas. Nicole Garcia est aussi populaire en tant qu’ actrice que réalisatrice. Délaissant le drame choral masculin et dans une veine similaire à son Balcon sur la mer Nicole Garcia s’aventure ici vers la romance. La rencontre mystérieuse et intrigante de deux éclopés. Une mère en mauvaise posture, poursuivie par ses mauvais choix et qui a du mal à remonter la pente et accéder à son objectif de stabilité. De l’autre coté, un instit lunaire dont on sent très vite qu’il n’est pas à sa place. là où il est. Cachant un parcours complexe sous ses airs de soixante-huitard taiseux, réservé mais souriant.

Ce personnage c’est Pierre Rochefort. Une révélation immédiate dont la présence magnétique permet de faire croire à un personnage difficile. Cet instit qui enchaîne les remplacements sans lendemain, toujours sur la route sans jamais se poser. Et qui décide de s’occuper d’un de ses élèves en difficulté familiale. Et va rencontrer la mère incarnée par une Louise Bourgoin parfaite dans ce genre de rôle. Une anti fille de Monaco qui mène sa vie comme elle le peut sans pouvoir contrôler les choses. On croit à leur rencontre et à leur complicité malgré leurs différences. On apprécie le suspense sur le personnage de Pierre Rochefort, observateur, souvent absent, semblant chercher à maîtriser une rage contenue qui explose deux fois dans le film. Nicole Garcia perd pourtant le spectateur quand elle cherche à expliquer. En nous faisant rencontrer cette grande famille bourgeoise à laquelle on ne croit pas un instant et dont les secrets de famille douloureux sonnent faux (revoyez plutôt l’excellent Je n’ai rien oublié).. En donnant des leçons de morale qui sonnent faux sur la liberté et le choix de sa vie, Nicole Garcia perd la légèreté de son film et sa tonalité aérienne. On le regrette car les trois dernières minutes retrouvent la sérénité qui s’était perdue. Une fin lunaire et réconciliée sur fond gestes quotidiens dans le restaurant où le personnage de Louise Bourgoin revient travailler. Garcia aurait du oser le film qui n’explique pas. Qui cherche l’ambiance plutôt que la sentence. Et elle le réussit pendant les deux tiers de son film.

Gilles Hérail

Un beau dimanche, une romance de Nicole Garcia avec Pierre Rochefort et Louise Bourgoin, durée 1H35, sortie le 5 février 2014

visuels : affiche et photo officielle du film.
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Gilles Herail

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