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[Live report] Boris Godounov par l’Orchestre national du Capitole de Toulouse : slava !

[Live report] Boris Godounov par l’Orchestre national du Capitole de Toulouse : slava !

10 février 2014 | PAR La Rédaction

Mercredi 5 février, l’Orchestre National du Capitole de Toulouse mené par Tugan Sokhiev donnait salle Pleyel l’opéra Boris Godounov de Modeste Moussorgski, en version de concert.

Tugan Sokhiev (c) Mat HennekBoris Godounov, c’est un peu le Macbeth russe : il doit son pouvoir à un meurtre. Celui d’un enfant qui plus est. Il a beau fanfaronner, tenter de gouverner avec humanité, menacer ses rivaux, assurer sa succession… rien à faire, le fantôme du petit Dimitri le rattrape et le hante. Comme dans toute bonne tragédie, le tsar finit par sombrer dans la folie et la mort. Rideau.

Dans cette partition qui alterne thèmes populaires, lyrisme, ironie mordante, voire insolence, le chef d’orchestre ossète Tugan Sokhiev nage comme un poisson dans l’eau. Godounov, incarné par la basse italienne Ferrucio Furlanetto, passe de la prostration à la colère avec une souplesse désarmante. Sans oublier les lamentations déchirantes inspirées par le remord et la culpabilité. Les quelques mètres carrés de scène que lui laissent les instrumentistes suffisent à Furlanetto pour déployer un jeu fait de quelques gestes et regards qui soulignent avec intelligence son texte. Boris, le « tsar criminel », a trouvé chanteur à sa mesure. L’orchestre ne se fait pas prier pour suivre, tantôt incendie menaçant, tantôt souffle soyeux. Il ricane presque, lorsque le despote hurle : « Je vois l’enfant en sang ! » Les sorcières de Shakespeare ne sont pas loin…

La version de Boris Godounov proposée ce soir là est particulièrement resserrée autour de son rôle titre. Le risque ? Des seconds rôles transparents. Mais si le Prince Chouïski de John Graham-Hall vacille parfois vocalement, la Xénia d’Anastasia Kalagina ou l’Innnocent de Stanislav Mostovoi font des apparitions aussi brèves que denses et remarquables. Quant au Chœur Orfeon Donostiarra, ce n’est pas peu dire qu’il porte toute la première partie : une foule qui rit et qui « braille » avec toute la sauvage maîtrise d’un peuple moqueur.

Les opéras en version de concert sont toujours un pari risqué. La musique y est à nu, sans les distractions de la mise en scène. Nul doute que Sokhiev et ses musiciens relèvent le défi avec brio. Les Toulousains ont bien de la chance d’avoir un tel orchestre entre leurs murs !

Victorine de Oliveira

Visuels: Salle Pleyel – Tugan Sokiev © Mat Hennek

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