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Oscars 2021 : Les coups de cœur de la rédaction

Oscars 2021 : Les coups de cœur de la rédaction

19 avril 2021 | PAR quentin didier

C’est dans la nuit du dimanche 25 au lundi 26 avril que se déroule la 93ème cérémonie des Oscars. Le prestigieux festival s’apprête à récompenser une année cinéma 2020 marquée par de longues périodes de fermeture des salles. Cependant nombreux films nommés sont disponibles en streaming et notamment sur la plateforme Netflix. Voici notre sélection d’immanquables que vous pouvez d’ores et déjà découvrir !

Mahaut Adam :

Cette année plus que d’habitude, la fiction et la magie ont été plus que nécessaires. Voici ma sélection des meilleurs films d’animations sélectionnés aux Oscars : une nouvelle fois, Pixar signe sa supériorité en termes de scénario, d’image, de musique, etc. Soul en est mon petit favori. Nominé aussi pour la meilleure musique de film, cet animé met en scène le monde des âmes avant et après la vie et laisse une impression lumineuse de bien être et d’espoir. Nous n’en dirons pas plus, allez lire notre article juste-ici. Le deuxième film dont je voudrais vous parler ici est l’animé Le Peuple loup, de Tomm Moore et Ross Stewart. Il met en scène une petite fille, dont le père chasse les loups, qui se retrouve enfermée dans le corps d’un de ces loups de la forêt. Visuellement sublime, ce film regorge de subtilité et d’inventivité. Il interroge bien sûr des sujets importants comme la déforestation, la cohabitation de l’homme avec la nature et le respect de l’enfance. On espère que ses graphismes, ses couleurs, sa poésie et sa créativité saura séduire le jury.  

Quentin Didier :

Avec 10 nominations pour Mank, David Fincher s’impose une nouvelle fois comme un réalisateur des plus importants. Le cinéaste américain nous replonge avec un certain cynisme dans la machine Hollywoodienne des années 30. Un certain Orson Welles contraint Herman Mankiewicz, génial scénariste alcoolique, à sortir de sa retraite pour lui écrire le scénario de son premier film. Mank se remémore sa carrière Hollywoodienne pour donner naissance à Citizen Kane, chef-d’œuvre qui dénonce implicitement une industrie du cinéma gouvernée par de cupides et machiavéliques oligarques. David Fincher ne fait pas rayonner la période Hollywoodienne classique, il en relève les plus sombres aspects dans de somptueux décors aux allures parfois gothiques. Tout cela est magnifié par une finesse dans la réalisation et l’écriture, et mené par des comédiens au sommet de leur art : Gary Oldman nommé à l’oscar du meilleur acteur pour son interprétation de l’extravagant Herman Mankiewicz ; Amanda Seyfried nommée pour l’oscar du meilleur second rôle féminin dans une composition brillante ; ou encore l’acteur britannique Charles Dance, impérial en tant qu’antagoniste.

Sans surprise, ce qui porte principalement le drame Pieces of a woman c’est de très solides prestations d’acteurs. Vanessa Kirby (Martha) et Shia LaBeouf (Sean) viennent de perdre leur enfant au terme d’un accouchement mené par une sage-femme à leur domicile. Quelques mois passent, mais les époux ne parviennent absolument pas à se reconstruire. Sean tente tant bien que mal de sauver son mariage. Cependant il n’arrive plus à canaliser sa frustration et sa douleur, et se réfugie dans le vieux démon de l’alcool. Martha s’enfonce dans un déni glacial, entre mutisme total et sautes d’humeurs. Vanessa Kirby déroule alors une composition impressionnante dont l’aura impériale est ponctuée de subtiles nuances. La comédienne est au sommet de son art, et porte un personnage de femme brisée qui doit trouver en elle la force pour surmonter ses traumatismes. Les seconds rôles autour sont aussi excellents. Shia LaBeouf est à son habitude brillant dans un rôle d’homme brisé si réaliste. L’immense comédienne Ellen Burstyn incarne la mère toxique de Martha, et signe là une performance dont elle seule semble avoir le secret. Pieces of a woman est donc en grande partie un film à performances, Vanessa Kirby crevant l’écran. La comédienne mérite plus qu’amplement la Coupe Volpi qu’elle remporta à la Mostra de Venise. Sera t-elle couronnée de l’Oscar de la meilleure actrice ? Une chose est sûre, elle est une candidate très sérieuse. 

Julia Wahl :

Lauréat du Golden Globe 2021 du Meilleur Scénario, Les Sept de Chicago, de Aaron Sorkin (The Social Network, Le Grand Jeu), nous plonge dans l’histoire de Abbie Hoffman, Jerry Rubin, David Dellinger, Tom Hayden, Rennie Davis, John Froines et Lee Weiner. Coorganisateurs d’un grand rassemblement à Chicago contre la guerre du Vietnam, ils voient leur manifestation pacifiste tourner au bain de sang, à la suite de violents affrontements en police et militants. Il sont alors tous les sept accusés d’être à l’instigation de cette violence et connaissent un long procès, dont l’issue semble scellée avant même qu’il n’ait débuté.

Issus de cultures politiques diverses, dotés de tempéraments tout aussi différents, les sept hommes tentent alors de faire front commun malgré des divergences a priori insurmontables. Aussi l’une des qualités premières du film est-elle de rendre compte de cette diversité de position.

Mais c’est surtout, comme l’indique le titre américain (The Trial of the Chicago 7) autour du procès lui-même que tourne le film. Car c’est là le premier point de dissension des sept militants : faut-il avant tout traiter ce procès comme un procès de droit commun ou comme un procès politique, et partant le transformer en tribune ? Les partisans de la première solution (Tom Hayden, dont les ambiguïtés sont jouées avec justesse par Eddie Redmayne, ou l’avocat William Kunstler) sont vite rattrapés par la réalité de ce procès où les jeux sont pipés : les témoignages à décharge ont lieu en l’absence des jurés, lesquels sont sommés de se retirer quand ils semblent favorables aux prévenus. L’affaire est alors entendue : c’est bien d’un procès politique qu’il s’agit, quand bien même cette notion n’aurait pas d’existence juridique.

Aaron Sorkin reprend à son compte ce constat : son film, lui aussi, sera un film politique. Il utilise pour cela une structure reposant sur un usage récurrent du flash-back, qui permet d’éclairer certains passages du procès et de nous plonger dans cette atmosphère d’émeute. Ce sont toutefois les scènes de tribunal que l’on retient. C’est en effet entre les murs boisés de la salle d’audience que l’absurdité et l’iniquité du procès apparaissent. Une absurdité soulignée à diverses reprises par l’humour du Yippie Abbie Hoffman, personnage qui vaut à son interprète, Sacha Baron Cohen, une nomination aux Oscars (Meilleur Second Rôle).

Les Sept de Chicago est nommé aux Oscars dans les catégories suivantes : Meilleur film ; Meilleur acteur dans un second rôle pour Sacha Baron Cohen ; Meilleur scénario original ; Meilleure photographie ; Meilleur montage ; Meilleure chanson originale pour Hear My Voice de Celeste.

Visuel : ©Domenico Vescio Creative commons

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quentin didier

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