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Le top des expositions 2019 de la rédaction

Le top des expositions 2019 de la rédaction

18 décembre 2019 | PAR La Rédaction

En 2019, la rédaction est allée voir des expositions partout en Europe. Voici les coups de cœur de ses pérégrinations.

Géraldine Bretault

Évidemment, comment ne pas parler de Léonard de Vinci. L’exposition de tous les défis tient ses promesses : bravo aux deux conservateurs du Louvre, qui ont réussi à remonter le temps en délestant la légende de toutes ses scories anecdotiques pour nous livrer un parcours net et précis sur le processus créatif de Léonard de Vinci. Alors tout n’est pas parfait, La Dame à l’Hermine de Cracovie n’est pas venue, les réflectographies ne remplacement pas les chefs-d’oeuvre des Offices, mais 10 Léonard dans une seule et même expo, c’est « once in a lifetime », comme on l’entend parmi les commentaires des visiteurs internationaux émerveillés…

Radical, voire élitiste (zéro cartel…), l’exposition Francis Bacon en toutes lettres a le mérite de sortir des sentiers battus, pour articuler les triptyques du grand peintre anglais à ses auteurs de prédilection, parmi lesquels Eliott, Michel Leiris, Nietzsche… Renversant.

Et pour mon coup de coeur esthétique, les clichés sudistes terriblement désespérés de Sally Mann, pures merveilles de photographie argentique et au collodium au Jeu de Paume. Le temps de l’enfance à l’innocence perdue, la présence troublante des corps noirs dans les Etats du Sud dont le territoire porte encore la marque de la guerre de Sécession… Expo hypnotique dont les images vous hantent longtemps après.

Magali Sautreuil

Jules Verne, des abysses aux étoiles, nous plonge dans les fonds marins au Muséum départemental du Var à Toulon et nous transporte dans l’espace à la Maison départementale de la Nature des 4 Frères. Cette double exposition m’a particulièrement séduite par sa scénographie immersive et par l’exploitation des espaces intérieurs et extérieurs des deux musées. 

Amélie Blaustein Niddam

Le premier coup de cœur est De Vinci au Louvre. Voir l’original de l’homme de Vitruve est une chance inouïe. Cette exposition est un événement car sa rareté est dingue. Le génie de De Vinci est déployé mis dans son contexte. C’est époustouflant. Autre choc, Bacon  au Centre Pompidou, en accès direct à l’inconscient de ce peintre hanté par la mort et par la littérature. Et encore au Centre Pompidou, en ce moment, les fantômes de Boltanski aux cœurs encore battants et lumineux. Dans un autre genre, l’énorme rétrospective Charlotte Perriand à la Fondation Vuitton, qui permet de vraiment entrer dans l’univers de l’architecte grâce à des reconstitutions démentes. 

Laetitia Larralde

La plus grande découverte de cette année est celle de l’œuvre de Takako Saito. Sa première grande rétrospective au CAPC de Bordeaux alors qu’elle fête cette année ses 90 ans a montré l’étendue d’une œuvre à l’apparence simple mais chaleureuse, généreuse, dans le lien à l’autre. On en ressort avec une envie créatrice décuplée.

Autre rétrospective d’envergure, celle de Vincent Bioulès au Musée Fabre de Montpellier. De son engagement dans le groupe Support/Surface à ses toiles néo-impressionnistes où la lumière nous éblouit en passant par ses portraits tenant à la fois de Buffet et de la bande dessinée, cette peinture très personnelle nous parle de la peinture du XXème siècle.

En 2019, les paysages chimiques en aquariums d’Hicham Berrada ont traversé la France. Montpellier, Lille, Bordeaux, mais surtout au Louvre Lens où on a pu admirer une exposition monographique qui hypnotise de beauté et de poésie. Etre immergé dans son installation vidéo Présage, c’est assister au cœur de l’action au fourmillement fascinant de la matière.

Et comment passer à côté de l’exposition fleuve Toutânkhamon ? L’évènement de la Grande Halle de la Villette a battu tous les records avec sa scénographie à la limite de la démesure à l’américaine. Malgré cela, regarder ces objets qui ont traversé les siècles sans une égratignure tant d’un point de vue esthétique que matériel était une expérience unique.

Yaël Hirsch

En pôle position, je placerai cachés dans les fastes parisiens, les dessins sensuels de Tracy Emin, inspirés par des exquises esquisses du Musée d’Orsay et proposant une valse sensuelle et parfois un peu grimaçante qui finit par nous convaincre que les époques dialoguent à merveille quand le contemporain investit le temple de l’impressionnisme. Paris, toujours mais autre femme, autre fresque, avec l’œuvre créée in situ par Swoon pour la péniche Fluctuart qui est l’un des nouveaux lieux les plus généreux et merveilleux de cette année. Sa Time Capsule nous faisait voyager avec des migrants aux milles visages depuis la rive opposée du Grand Palais. Puis direction la lagune pour une rétrospective essentielle et qui m’a fait pleurer : autour de la biennale d’art de Venise, l’exposition Janis Kounellis à la Fondation Prada faisait du fragile une force tellurique…

Lou Baudillon

À cheval sur les années 2018 et 2019, la carte blanche donnée à Tomás Saraceno par le Palais de Tokyo restera pour moi la plus passionnante exposition de l’année. Son travail mêlant l’art aux phénomènes naturels à travers une véritable expérience sensorielle est restée pour moi une manière puissante de repenser les liens entre monde et humains, entre monde et art. Pour la photo, Luigi Ghirri au jeu de Paume et Ren Hang à la Maison de la Photo ont signé deux expositions d’une grande beauté, de la poétique de l’insignifiant à la poétique du charnel. Enfin, mes coups de cœurs de l’année se sont achevés avec la rétrospective consacrée à Christian Boltanski au Centre Pompidou, véritable choc émotionnel et apport lumineux dans cet hiver gris. 

Visuel : Affiche exposition Leonard De Vinci au Louvre 

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La Rédaction

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