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Rachid Ouramdane nommé directeur de Chaillot-Théâtre national de la danse

Rachid Ouramdane nommé directeur de Chaillot-Théâtre national de la danse

12 février 2021 | PAR Salome Helgoule Vallot

Chorégraphe et interprète depuis 1992, Rachid Ouramdane co-dirigeait, au côté de Yoann Bourgeois, le Centre Chorégraphique de Grenoble depuis 2016. Il a été nommé à la tête de l’institution de danse par le président de la République Emmanuel Macron sur proposition de la ministre de la Culture Roselyne Bachelot

Rachid Ouramdane succèdera le 5 avril 2021 à Didier Deschamps, et prendra la direction de Chaillot, l’un des six théâtres nationaux de France. En accord avec l’histoire de ce lieu symbolique, Rachid Ouramdane a annoncé vouloir créer une ligne artistique qui s’appuierait sur la Déclaration universelle des droits de l’Homme qui fut signée en cet endroit le 10 décembre 1948. 

Il fait ses études au Centre national de danse contemporaine d’Angers avant de devenir interprète dans les compagnies de Hervé Robbe, Christian Rizzo et Odile Duboc. En 2007, il fonde sa propre compagnie et élabore des pièces de groupe qui lui vaudront plusieurs récompenses. En effet, il sera nommé lauréat de la Fondation Beaumarchais et nominé au Ninjisky Award et, en 2014, il recevra la distinction honorifique de Chevaliers des arts et des lettres. Cette nomination à la direction de Chaillot est comme une évidence tant Rachid Ouramdane « démontre une vision renouvelée et ouverte de la danse, qu’il tient à considérer dans ses liens avec tous les arts, mais aussi dans sa connexion directe avec la société. »

Né d’une famille ayant fui la guerre d’Algérie, Rachid Ouramdane porte en lui une volonté de parler de ces petites histoires dans la grande Histoire. La danse pour parler de l’exil, de la rencontre, du climat, de la construction de soi, voilà l’idéal que porte depuis ses débuts Rachid Ouramdane et qu’il compte faire perdurer à Chaillot à travers un « Théâtre des diversités ». Plusieurs de ces projets entremêlent danse et documentaire grâce aux témoignages de ceux qui ont construit cette grande Histoire – les exilés politiques, les réfugiés climatiques, les populations opprimées – faisant des chorégraphies une manifestation esthétique d’un message politique.

Ses pièces ont toujours été pensées comme un espace de réflexion. En 2011, son Exposition universelle revient sur  » ces existences brisées par une Histoire écrite par les puissants, mutilés par les stéréotypes qui leurs sont imposés, noyés enfin dans un oubli coupable ». En 2012, il s’intéressera aux problématiques climatiques avec Sfumato en entre-filant danse et projections d’images d’archives, donnant à la pièce une réalité palpable figurée dans ces visages qui apparaissent à l’écran. Parfois, il s’arrête sur le désir simple d’une quête performative, comme avec son duo Tordre, où les deux interprètes (Lora Juodkaite et Annie Hanauer) font coexister danse classique et contemporaine dans un geste de pur esthétisme. 

Crédits visuels : ©Géraldine Aresteanu

 

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Salome Helgoule Vallot

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