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Le metteur en scène Kirill Serebrennikov poussé aux portes du théâtre Gogol

Le metteur en scène Kirill Serebrennikov poussé aux portes du théâtre Gogol

10 février 2021 | PAR Lise Ripoche

Nouvel acte dans l’histoire du bras de fer politique auquel se livre le cinéaste et metteur en scène Kirill Serebrennikov avec les autorités russes, son départ du Théâtre Gogol est un symbole éloquent de cette censure d’état qui ne dit pas son nom. 

 

Iconoclaste et libre de ton, à 51 ans, Kirill Serebrennikov fait partie de ces figures majeurs d’un art politique batailleur. Sa carrière de metteur en scène et de cinéaste est autant jalonnée de succès que de scandales, tant il s’emploie à travers ses oeuvres à dénoncer les méandres de l’autoritarisme politique. 

Il a porté à la scène quelques uns des chef-d’oeuvres de la littérature; piochant autant dans les références classiques que dans les écrits contemporains le plus subversifs, il a notamment adapté en 2013 Les Idiots de Lars Von Trier et Les Petites Tragédies, d’après Alexandre Pouchkine en 2017. Ses déboires avec la justice russe commencent cette même année 2017, en même temps que débute le tournage de Leto. Leto est un hommage lumineux à la scène musicale contestataire des années 70, autour de la personne de Viktor Tsoi, leader du groupe Kino. Serebrennikov est alors accusé de détournements de fonds, fait l’objet de perquisitions, avant d’être placé à l’isolement et d’être condamné à de la prison avec sursis en 2020 (échappant ainsi aux 6 années de prisons fermes demandées par le parquet). Serebrennikov a toujours dénoncé le caractère politique de ces accusations, ce qui lui vaudra le soutien de nombreuses figures de l’art à travers le monde. 

Aujourd’hui  Serebrennikov rend publique la non-reconduction de son contrat au Théâtre Gogol, dont il était le directeur artistique depuis 2014. Celui-ci lui avait notamment permis de mettre sur pied un spectacle hommage au photographe chinois censuré Ren Hang. Outside avait remporté en 2019 le prix du meilleur spectacle étranger au Festival d’Avignon. Sur les réseaux il réitère son vœu de résistance: «Ne vous découragez pas. Il n’y a pas de vie ni de liberté dans le découragement» 

crédit visuel: ©Christophe Raynaud De Lage / Festival d’Avignon, visuel de la pièce Outcast

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