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Booba vs Luz : le clash

Booba vs Luz : le clash

28 avril 2015 | PAR Simon Théodore

À force de lâcher des punchlines anti-aériennes, le rappeur a, cette fois, raté sa cible et balancé un dessin en l’air. Actuellement en pleine promotion de son nouvel album D.U.C, Booba a trouvé un nouveau moyen de faire parler de lui.

booba

La polémique commença lorsqu’il se fourvoya en s’exprimant sur les attentats de Charlie Hebdo : « Quand on joue avec le feu, on se brûle » affirme t-il dans une interview au Parisien le 13 avril. « Ai-je une gueule à m’appeler Charlie ? Réponds-moi franchement. T’as mal parlé, tu t’es fait plomber. C’est ça la rue, c’est ça les tranchées. » balance t-il dans le titre Les Meilleurs issu de son dernier album. Violeur de la Marianne et roi de la misogynie, le duc de Boulogne use et abuse de la liberté d’expression qui lui permet de vivre de son art. C’est bien parce qu’elle existe que lui existe… Dans ses textes, les insultes et les vulgarités fusent. Il pense être tout puissant mais son art est, par les même lois que pour Charlie Hebdo, encadré par la République. La religion n’est donc pas, en France, un sujet intouchable par l’art et il n’y a pas à comprendre ou à cautionner dans les actes des extrémistes. Au lieu de s’écarter de son terrain de jeu, il devrait plutôt chercher à utiliser ses rimes comme des armes de condamnation…

En réponse à ces paroles, Luz, l’un des dessinateurs rescapés du magazine satirique meurtri, répondit avec humour en dessinant le rappeur, nu comme un ver avec un petit sexe.Il a tapé là où ça fait mal ! Avec le titre  » Booba n’est pas Charlie » et de manière légère, Luz a donc lancé un pic à l’icône rap. En comparaison avec la lourdeur de la musique de l’ex-Lunatic, le décalage était créé mais la force de frappe en est tout aussi puissante.  Avec le tact qu’on lui connaît, B20 a agité les quelques neurones qu’il lui restait pour répliquer par un autre dessin. L’initiative est bonne et pacifiste, lorsque l’on connait le passif du garçon, mais la qualité de la réponse est digne d’un enfant de cinq ans. En reprenant les traits de Luz, il a publié un dessin vulgaire, glauque et sans imagination. C’est néanmoins un bon autoportrait qui dévoile ses centres d’intérêt : la douce poésie, les gros zizis et lui même. Bref, le rappeur ne dénonce rien et c’est là où il perd le sens de la satire…

Visuel : (c) Arnaud Scherer / Compte instagram de Booba

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Simon Théodore

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