Performance
« Radio Vinci Park » de Théo Mercier, heurt et séduction

« Radio Vinci Park » de Théo Mercier, heurt et séduction

18 novembre 2021 | PAR Clémence Duhazé

A l’occasion du Festival TNB, nous avons embarqué pour une performance des plus explosives dans Radio Vinci Park, de Théo Mercier. Le danseur et chorégraphe François Chaignaud amorce une danse aux airs d’oiseleur pour conquérir un motard tout habillé de cuir, ou sa moto ; ou les deux. 

Rendez-vous au sous-sol, dans le parking souterrain de l’Espace des 2 rives à Rennes. Nous sommes accueillis avec des notes de clavecin, jouées par la talentueuse Marie-Pierre Brébant, qui a fait du répertoire de musique baroque sa tasse de thé. L’image émerveille, entre bouquet de roses rouges, chandeliers et partitions éparpillées au sol. 

Puis nous sommes attirés vers la scène suivante, agglutinés derrière des barrières de chantier. Là, au milieu de l’arène, trône Cyril Bourny sur sa moto. Seul un néon orange l’éclaire. Il est immobile. François Chaignaud rejoint alors la scène tel un boxeur qui va conquérir le ring. Puis il commence sa parade, sous les airs de clavecin de la musicienne. Mozart, ou encore Haendel, Marie-Pierre Brébant prend le rôle de la réelle entreprise Radio Vinci Park, qui a créé les morceaux classiques tournant en boucle dans les parkings souterrains. Perché sur des talons vertigineux, le danseur exécute des mouvements de plus en plus irréels. Et il chante, avec une voix de contre-ténor magistrale, tandis-que son corps se tord dans des postures plus extravagantes les unes que les autres. Rien ne semble pouvoir arrêter le performeur, si ce n’est le vrombissement de la moto de Cyril Bourny. Le cascadeur s’agite et, effrayant, malmène finalement cet oiseau qui a tenté de le séduire.

Théo Mercier mêle ici rituels de danse et images de tauromachie. Radio Vinci Park s’immisce entre deux mondes : l’organique et l’inerte, l’humain et le métal. Cette rencontre étincelante reflète aussi les épreuves de la séduction. Le corps souffre, l’échec survient parfois. Pourquoi sommes-nous capable d’aller jusqu’à nous détruire dans ce processus ? Peut-être parce que la beauté advient toujours au beau milieu du séisme de ces instants précieux.

 

Radio Vinci Park de Théo Mercier. Performance. Durée : 45 min. 

Visuel : © Erwan Fichou

 

 

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Clémence Duhazé

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