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Pianos accompagnés au festival du musée Würth à Erstein

Pianos accompagnés au festival du musée Würth à Erstein

18 novembre 2021 | PAR Gilles Charlassier

A côté des rendez-vous solistes, le festival Piano au musée Würth réserve aussi des moments de musique de chambre, qui réaffirme les équilibres entre l’accompagnement de la jeunesse et les noms établis.

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Si le festival Piano au musée Wurth célèbre le clavier, il ne l’isole pas et l’accommode également en formation de chambre. C’est ainsi que, après un vendredi où la voix s’est invitée avec une contribution différée à la célébration des dix ans des Métaboles, sous la direction de son fondateur, Léo Warynski, dans un programme articulé autour des Liebeslieder Walzer opus 52 de Brahms, qui avait été donné à huis clos salle Cortot le 5 mars dernier, le Trio Zadig propose, le samedi soir, deux opus de Beethoven.

La qualité du son de l’ensemble, à la fois rond et attentif au dessin mélodique, s’entend dès le Trio en mi bémol majeur opus 70 n°2, dans lequel, selon Czerny, le compositeur aurait repris des motifs populaires croates entendus lors de son voyage en Hongrie. Le premier mouvement, Allegro ma non troppo, précédé d’une introduction notée Poco sostenuto, affirme d’emblée une complicité entre les pupitres, au service d’une lecture équilibrant souplesse et vitalité, que l’on retrouve autant dans les éclairages changeants des variations de l’Allegretto, que dans le scherzo Allegretto ma non troppo, avant la volubilité maîtrisée et contrastée du finale. Le Trio en si bémol opus 97 « L’Archiduc » ne démentira pas ces vertus. L’Allegro moderato initial respire une noblesse sereine et vivante, à laquelle répond un Scherzo distillé avec un juste dosage d’esprit. Le soin apportée à la ligne de chant s’épanouit dans un Andante cantabile, ample mais alerte, où la générosité n’exclut pas la fraîcheur, tandis que le finale, Allegro moderato-Presto, offre une conclusion prolongeant l’expression de cette musicalité accomplie qui n’attend pas les années. Des extraits des Saisons opus 37 de Tchaïkovski serviront de bis, avec trois évocations, des mois de mars, août et septembre, complétées par une ultime automnale, d’octobre.

Si l’on peut signaler l’hommage rendu, dans l’après-midi, à Auguste Schirlé, compositeur au carrefour des post-romantismes ayant vécu à Erstein et disparu il y a tout juste un demi-siècle, le dimanche permet surtout d’entendre, le lendemain matin, l’Ensemble instrumental du Conservatoire de Strasbourg, sous la direction de Manuel Mendoza. Le concert illustre l’engagement, constant, du festival Piano au musée Würth dans l’accompagnement des jeunes musiciens. Après trois pièces de musique sud-américaine – El condor pasa du péruvien Daniel Alomia Robles, Malambo del homerito de l’argentin Waldo Bellodo, et Avecilla de l’équatorien Pablo Joaquin Valderrama – les pupitres estudiantins interprètent le Carnaval des animaux de Saint-Saëns, avec le texte de Francis Blanche, dont l’humour poétique est défendu par deux élèves du Conservatoire d’art dramatique de la capitale alsacienne. La bonhomie de l’interprétation réjouit petits et grands.

Gilles Charlassier

Festival Piano au musée Würth, concerts des 13 et 14 novembre 2021, Auditorium du musée Würth, Erstein.

©DR/Orchestre symphonique de Strasbourg

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