Théâtre
Rébecca Chaillon pulvérise les conventions dans « Carte Noire nommée désir »

Rébecca Chaillon pulvérise les conventions dans « Carte Noire nommée désir »

20 novembre 2021 | PAR Clémence Duhazé

Facétieuse. Explosive. Organique. La pièce de Rébecca Chaillon, vue au Festival TNB, nous entraîne dans son univers fougueux où la remise en question se met au service de la diversité

Un rythme maîtrisé 

Carte Noire nommée désir sait imposer son rythme. Lent quand il faut, impétueux dès qu’il s’agit de secouer les clichés collant à la peau des femmes afro-descendantes. La scénographie, d’abord de blanc vêtue, accompagne la destruction progressive des idées reçues. Les matières fusionnent, dénonçant les comparaisons faites pendant des années entre la peau noire et certains aliments : cacao, café… quand ceux-ci ont été cultivés au prix du sang des esclaves noirs pendant si longtemps. La lumière permet de créer des images sublimes, soutenues par le texte prenant et sensible de Rebecca Chaillon. L’extravagance se développe alors, portée par les sept performeuses qui s’emparent de la scène pour mieux nous saisir. Elles ne nous lâcheront plus, nous emportant au cœur de la pièce dans un tourbillon effréné. 

Dénoncer l’aberrance

A coups d’humour tranchant, Carte Noire nommée désir dénonce racisme et sexisme, tout en ayant vocation à changer le regard sur les femmes afro-descendantes. Chacune mérite d’être célébrée dans sa singularité. Et c’est ce qui se passe au cours de la pièce ; elles affirment une à une leur place par des performances étourdissantes, entre chant, danse et arts circassiens. 

Plus la fin approche et plus le lien entre elles grandit. Il s’étend jusqu’à raconter la sororité magnifique qui les unie dans un final émouvant. Elles déconstruisent ainsi les places qu’on veut leur assigner, édifiant leur propre histoire.

 

Carte Noire nommée désir de Rébecca Chaillon. Durée : 2h10. A retrouver le 20 novembre 2021 au Festival TNB.

Puis du 1er au 4 décembre 2021 au Théâtre Dijon Bourgogne à Dijon. Du 9 au 11 décembre 2021 au Maillon, Théâtre de Strasbourg. Le 16 janvier 2022 à la maison Folie Wazemmes, à Lille, dans le cadre du nomadisme de La rose des vents à la Scène nationale de Lille Métropole à Villeneuve d’Ascq. Du 2 au 4 février 2022 à la Comédie de Saint-Etienne. Le 18 et 19 février 2022 au Carreau du Temple à Paris. Le 25 février 2022 au Phénix à Valenciennes. Le 1er mars 2022 à la Scène nationale d’Orléans. Du 9 au 11 mars 2022 aux Subs à Lyon. Le 24 mars 2022 à la Maison de la Culture à Amiens

Visuel : © Sophie Madigand

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