Pop / Rock
[Live report] Un seul être vous manque : pas de Babyshambles à l’Olympia…

[Live report] Un seul être vous manque : pas de Babyshambles à l’Olympia…

23 octobre 2013 | PAR Bastien Stisi

P1190928Une bonne grosse heure d’attente, des gobelets de bière balancés sur une scène vidée de toute entité musicale, une représentante de l’Olympia qui met en avant le côté « rock & roll » de l’imprévu, et des sifflets dépités venant accompagner l’annonce de l’annulation du passage des Babyshambles hier soir dans le cadre du festival Pression Live à l’Olympia. Bon, en même temps, Peter Doherty qui ne se déplace pas pour un concert sponsorisé par Kronenbourg, on est plus dans le marketing hyper attendu que dans la stupéfaction la plus absolue…

Et pourtant, Kronenbourg et la Pression Live (l’activité événementielle des brasseries françaises) avaient mis les petits plats dans les grands (et un max de bière dans les gobelets) pour leur premier passage du côté de la salle mythique de l’Olympia, en conviant aux côtés de Doherty et des Babyshambles une line up aussi rock qu’explosive, en dévoilant successivement à un public d’invités et de gagnants de concours les performances d’Alexis & the Brainbows, de La Femme et des Naïve New Beaters.

La FemmeLa Femme donne du plaisir, mais pas assez

Si Alexis et sa bande de rockeurs acoquinés avec des rêveries électro pop et colorées, récompensés par le trophée Talents du Live 2013 (on leur souhaite la même réussite populaire que leurs successeurs de Skip the Use…) ne parlent pas encore au plus grand nombre, les garçons et la fille de La Femme ont au contraire profité de l’année 2013 pour solidifier une fan-base nostalgique d’une époque jamais vécue (celle d’une pop cold-wave psyché et 2.0), et pour défendre les contours de leur premier album Psycho Tropical Berlin au sein du territoire hexagonal. Affublés de leur armée de synthés, de leurs looks rétro (et parfois queer…), et de la sensualité garçonne de Clémence Quélennec, La Femme récite sans s’essouffler les partitions de son premier album (« La Femme », « Nous Étions Deux », « Amour dans le Motu »…), lance son injure systématique aux chauffeurs de taxi (« Anti Taxi »), et oublie de sortir sa planche et de surfer sur le public comme le groupe a parfois l’habitude de le faire sur scène (« Sur la Planche 2013 »).

Naive New BeatersNaïve New Beaters : pop canaille et colorée

La Femme nous donne du plaisir, bien sûr, mais pas assez : trente minutes de scène, et place à l’électro rock décervelée et bodybuildée des Naïve New Beaters, qui contrairement aux apparences, sont originaires de Paris, et pas d’une île tropicale où les noix de coco renfermeraient des substances psychédéliques et considérablement aphrodisiaques. Accompagnés sur scène par trois palmiers gonflables et par Mickey Mousse (sic), David Boring et son duo de musiciens à la guitare et aux machines enfilent les perles pop XXL (« Jersey », « Bang Bang ») comme on enfile les rails de coke sur les rebords d’un lavabo, et contentent les ardeurs mainstreams d’un public hocheur de têtes et remuant du bassin. Entre phrasé Red Hot et looks de clowns en permission, l’Olympia dégorge son petit bonheur, et s’encanaille à l’avance en voyant s’étirer sur le derrière de la scène la pochette de Sequel to Prequel, réalisée par le plasticien Damien Hirst pour illustrer le dernier album des Babyshambles.

Un seul être vous manque : comme toujours, il s’agit de Pete

Les membres du groupe Citizens ! (by Kitsuné) terminent leurs dj sets venant accompagner les entractes des concerts, les minutes défilent dangereusement, Mickey Mousse revient faire un tour sur scène, « les Babyshambles arrivent dans 5 minutes », et l’Olympia est finalement invité à s’en retourner chez soi suite à l’absence inexpliquée des trois rockeurs britanniques. Si Pete le terrible envisageait de trouver avec ce nouvel album un souffle nouveau et de s’extirper de la toxicomanie maladive qui le poursuit depuis de nombreux mois, fort est à parier que ce n’est pas l’épisode d’hier soir qui fera remonter sa cote de popularité et de crédibilité auprès d’un public majoritairement venu pour lui et pour ses acolytes des Babyshambles. L’icône branleuse et snobinarde du britpop ne s’est pas pointée, irrespectueuse et insupportable, mais pas sûr qu’il y ait vraiment eu quelqu’un hier soir pour s’en étonner…

Visuel : (c) affiche de la soirée ; Camille Hispard

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

2 thoughts on “[Live report] Un seul être vous manque : pas de Babyshambles à l’Olympia…”

Commentaire(s)

  • Doherty

    « L’icône branleuse et snobinarde du britpop ne s’est pas pointée, irrespectueuse et insupportable » …

    Les tabloids anglais et les magasines de presse à scandale français s’en donnent déjà de bon coeur pour affubler cet artiste de tous les noms d’oiseaux. Mais votre boulot, n’est ce pas seulement et SIMPLEMENT de relayer l’info plutôt que d’y prendre part et de nous donner votre avis ?Avez vous déjà lu/vu/ écouté Pete Doherty ?
    Ou vous référencez vous uniquement à la cocaïne qui lui pend au nez ?

    octobre 25, 2013 at 11 h 44 min
    • Bastien Stisi
      Bastien Stisi

      Assurément, notre boulot ne consiste pas simplement à relayer une information. Être critique culturel engage au contraire une prise de position (de conscience ?), que ce soit envers Peter Doherty ou un autre. Faire miroiter son public pendant plus d’une heure, sans se donner finalement la peine de se pointer (pas la première fois que ça arrive, vous le savez bien) : il me semble que les qualificatifs employés ne le sont pas de manière scandaleusement ordurière. Sinon, à part le dernier LP des Babyshmables, que je n’ai pas encore eu le temps de me procurer (mais que j’ai trouvé très bon à la première écoute), pas certain qu’il me manque beaucoup d’éléments de la discographie de Pete dans ma discothèque personnelle. L’album éponyme des Libertines reste un sacré classique du genre.

      octobre 28, 2013 at 11 h 40 min

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