Chanson
Lynda Lemay : « Je ne recherche pas une place de numéro un » (Interview)

Lynda Lemay : « Je ne recherche pas une place de numéro un » (Interview)

11 octobre 2022 | PAR Kevin Sonsa-Kini

Déjà plus de trente ans de carrière et pourtant Lynda Lemay semble plus motivée que jamais. La chanteuse québécoise poursuit sa série d’albums sortis depuis 2020. Elle publiera trois albums dont Il n’y a qu’un pas le 13 janvier 2023, Entre la flamme et la suie le 10 février 2023 et Entre le rêve et le souvenir le 12 mai 2023. Lynda Lemay joue ce mardi 11 octobre à l’Olympia pour la 62ème fois de sa carrière. Elle donne d’ailleurs son 63ème Olympia le 18 décembre 2023. Toute la culture l’a rencontrée lors de son passage à Paris. 

Toute la culture : Vous avez sorti une série d’albums en 2020 et 2021. Trois nouveaux albums sont prévus pour 2023. Ils contiennent onze chansons chacun. Le 11 est-il un chiffre porte-bonheur pour vous ? 

Lynda Lemay : C’est devenu un chiffre porte-bonheur. Mais c’est parti d’un hasard. J’étais dans un café à Boucherville au Canada à côté de l’école de ma fille. Tout à coup, mon téléphone a sonné et affichait ce message : « Make a wish » (Fais un vœu). Et là, j’ai imaginé un album de onze chansons sur onze thématiques. En une journée, j’avais décrit le projet. Tout était détaillé dans le cahier le premier jour. 

En 2017 vous avez perdu votre père. Il avait 88 ans. Est-ce que sa mort a constitué le point de départ du projet ? 

Je pense que oui. A l’époque, je sortais d’une période assez sombre de ma vie. Il fallait que j’arrête de tourner, que je me retrouve, que je règle des problèmes familiaux… Je me suis dit que la vie pouvait vraiment basculer à tout moment. Je me suis demandée : qu’est-ce que j’ai envie de faire ? Et là, j’ai senti cette flamme d’inspiration qui était toujours aussi vive à l’intérieur de moi. Je me suis rendue compte que j’avais encore beaucoup de choses à dire, des sujets à explorer en chanson. Alors, je me suis fait plaisir et je me suis lancée un défi de fou avec ces albums. 

C’était aussi un réel désir de vider le sac ? 

Oui aussi. Je ne recherche pas une place de numéro un ni un succès immédiat. Je voulais simplement faire écouter plein de chansons au public et surtout, des chansons qui feront leur chemin sur le long terme. Je voulais surtout offrir de nouvelles chansons au public qui me suis depuis maintenant 30 ans. 

Vos trois premiers albums Il était onze fois, Des milliers de plumes et A la croisée des humains sont sortis en 2020. Année durant laquelle la pandémie de Covid-19 a fait éruption dans le monde. Est-ce que les confinements successifs ont été bénéfiques pour l’écriture des chansons et la réalisation des albums ? 

Oui parce que ça m’a permis d’avoir du temps et souvent un artiste manque de temps. S’il y a au moins un côté positif à trouver à ce drame de la Covid, c’est le temps que l’on avait pour regarder à l’intérieur de nous, choisir nos priorités et le temps pour faire les choses que l’on aime faire. En plus, comme je suis une maniaque de chansons, j’en ai profité pour créer, créer, créer et toucher à des choses auxquelles je ne touchais pas non plus comme le piano. J’ai pris le temps pour apprendre le piano et découvrir ce que ça peut m’offrir comme possibilité. J’avais à peine fait trois chansons au piano jusqu’à présent. 

« Je suis émerveillée de voir que les gens sont toujours aussi fidèles après toutes ces années. » 

Il y a un artiste qui vous a marqué dans votre carrière et même dans votre vie, c’est Charles Aznavour qui nous a quitté il y a quatre ans. Vous l’avez rencontré lors du Festival de Jazz de Montreux en 1996. Quels étaient vos rapports avec lui ? 

Il m’a beaucoup inspiré de par ses chansons mais aussi par sa façon d’exercer ce métier. C’est un grand homme ! Je n’oublierai jamais comment il m’a ouvert les bras lors de notre première rencontre. Il croyait beaucoup en moi. Il m’a dit : ‘Fais-toi confiance. Je n’ai pas de conseils à te donner. » Son conseil c’était de me faire confiance à moi-même. Avec son partenaire Gérard Davoust, ils étaient un peu comme ma mère et mon père. Ils étaient de grands amis, de grands complices. Ils m’ont accompagnée dans ma carrière et ont fait en sorte que mes chansons trouvent leur place. Je leur dois beaucoup. 

Vous jouez ce mardi 11 octobre à l’Olympia pour la 62ème fois. Vous ferez votre 63ème Olympia le 18 décembre 2023. Qu’est-ce que cela vous fait ? 

Moi, je suis quelqu’un qui célèbre. J’aime fêter les choses qui sont belles. Je me souviens que lors de mon 60ème Olympia nous sommes allés sur un bateau au bord de la Seine. J’ai encore du mal à réaliser que c’est mon 62ème Olympia parce que c’est tellement immense. C’est trop beau pour être vrai. Je suis émerveillée de voir que les gens sont toujours aussi fidèles après toutes ces années. C’est un public de toutes générations confondues. Mes chansons lient les petits-enfants avec leurs grands-parents. Ce sont des chansons qui s’écoutent en famille. 

Vous savez déjà quel sera votre répertoire ce mardi à l’Olympia ? 

Je le sais parce que ça fait déjà un bon bout de temps que l’on prépare ce spectacle. J’ai lancé un appel sur les réseaux sociaux. C’est-à-dire que j’organise tous mes spectacles en fonction des chansons que les gens désirent. J’essaie de ne pas choisir les mêmes chansons. Je veux faire en sorte que les gens ne viennent pas toujours voir le même spectacle. Quand je suis sur scène, je vis le moment présent mais à chaque fois, je vis des moments magiques et inoubliables sur scène. 

Photos : © Sébastien Saint-Jean. 

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Kevin Sonsa-Kini

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