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[Live report] Breton et Foals au Zénith (festival des Inrocks)

[Live report] Breton et Foals au Zénith (festival des Inrocks)

13 novembre 2013 | PAR Bastien Stisi

festival-inrocks-2013Septième et dernière soirée ce mardi du festival des Inrocks édition 2013, et apogée rock et tout public au Zénith de Paris avec la performance hyper attendue de Foals, tête d’affiche centrale du festival, introduit par l’électro pop surréaliste des Breton les plus hypes de Grande-Bretagne. Ombres et lumières.

Un espace scénique immensément plus grand que celui de La Cigale ou de La Boule Noire, un manque de connivence forcé entre les artistes et le public, le manque d’intimité du Zénith, tout un tas d’autres fadaises dépréciatives sur la salle XXL du XIXe arrondissement, et cependant beaucoup beaucoup de talents pour Everything Everything, premiers chevaliers pop britanniques de la soirée venus agencer avec une valeur équitable le rock héroïsant, la pop exotique, le folk électrisé et les titres issus des deux premiers albums studio des mancuniens au patronyme bégayant.

Breton : étincelants et obscures

Installation d’un écran vidéo sur la scène, déplacement à quelques kilomètres au sud de Manchester, et présentation en direct et en exclusivité du second album du collectif londonien Breton, remarqué l’an passé par la sortie immensément saluée de son premier LP Others People Problems. Introduit par la rage électro pop tapageuse du vénéneux single « Got Well Soon » et par son clip brutalisant, Roman Rappak et ses six musiciens déversent quarante-cinq minutes durant une pop aussi plurielle qu’inclassable, et superposent les collages d’électro urbaine, de rock alourdi, de pop vicieuse ou gueularde, de flow hip (p)hop porté par des synthés tantôt cradingues, tantôt machinales.

Étincelante et obscure, la récitation des papes de la pop surréaliste donne une folle envie de se projeter au début du mois de février, date à laquelle sortira le second album studio des déroutants londoniens.

Foals : pluralité rock fabuleuse

Afin de patienter jusqu’à cette alléchante échéance, le public aura toujours la possibilité de se repasser en boucle l’entêtante discographie des Foals, guitares héros et pop venus par deux fois déjà cette année présenter au public parisien les contours de Holy Fire, leur troisième album sorti en février dernier. La Maroquinerie, l’Olympia, et maintenant le Zénith pour la formation d’Oxford du leader et chanteur Yannis Philippakis, et un show marqué par la diversité comportementale des trois premiers albums du quintet, capable d’alterner avec une expertise identique les élucubrations math rock psyché de Antidotes, les inspirations pop de Total Life Forever, les ampleurs assombries et parfois densifiées de Holy Fire.

Une longue introduction rock et nerveuse, et bientôt les éclaircissements pop et légers du tube « My Number » et sa ligne de basse identifiable entre mille, venu faire circuler les épaules et les hanches d’un Zénith forcément empli d’une foule impatiente et réceptive, capable de brutaliser son jeu de jambes (et de bras) lorsque retentiront les bienheureux rugissements émis par le gueulard « Inhaler », et plus encore sur le rocailleux et extatique « Providence ». Les tympans éclatent, la fureur se prolonge dans une orgie interminable de guitares humectées dans un délicieux éclaboussement animal qui affiche au jour le jour les immenses qualités scéniques des garçons d’Oxford, bien meilleurs encore lorsqu’ils alourdissent leur jeu de scène et salissent véritablement leurs manières.

Le souffle épique et vaporeux du merveilleux « Spanish Sahara », les enjolivements pluriels et fédérateurs des pépites math d’Antidotes (« Cassius », « The French Open »), un jeu de lumière bien malheureux à force d’être trop boursouflé, et le retour sur scène d’Everything Everything pour boucler la boucle et venir animer les percussions du tambourineur « Two Steps, Twice » : les ultimes accords du festival des Inrocks version 2013 sont conclus par la crème rock britannique du XXIe siècle, tout un symbole lorsque l’on considère la line-up hyper british et immensément qualitative du festival de nos confrères de la rue Saint-Sabin. See you next year.

Visuel : © affiche du festival

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

2 thoughts on “[Live report] Breton et Foals au Zénith (festival des Inrocks)”

Commentaire(s)

  • Fools

    C’est « Everything Everything » qui est venu « boucler la boucle » ;)

    novembre 13, 2013 at 16 h 26 min
    • Bastien Stisi
      Bastien Stisi

      Oula oui, sacrée coquille ! Merci ;)

      novembre 13, 2013 at 17 h 34 min

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