Pop / Rock
[Live report] These New Puritans et Suuns à la Cigale (festival des Inrocks)

[Live report] These New Puritans et Suuns à la Cigale (festival des Inrocks)

09 novembre 2013 | PAR Amelie Eleouet

 

 

En cette veille de long week-end aux accents rock et entre deux bourrasques, le festival des Inrocks continue d’agiter SoPi, avec en tête d’affiche ce vendredi soir les anglais de These New Puritans et les montréalais de Suuns, après une soirée de jeudi sans fausse note avec Austra, Petite Noir et Matthew E. White.

These New Puritans, présence austère

Les premières notes des trompettistes qui accompagnent le titre « Fragment Two », issu de leur dernier album, donnent le ton : la performance des These New Puritans sera placée sous le signe d’une gravité austère. Mais si vous pensez à l’incroyable sensation d’apesanteur du film du même nom, c’est raté : la sensation de gravité n’inclut pas celle d’envolée.

La nouvelle recrue du groupe, Elisa Rodrigues, chanteuse de jazz invitée par les frères Barnett à poser sa voix sur quelques morceaux, donne l’impression de ne pas savoir ce qu’elle fait là, et ne donne rien, mais vraiment rien, au public. Malgré les efforts de Jack Barnett pour donner de la vie à leur performance, on reste sur le bord de la route avec la désagréable sensation de ne pas faire partie du voyage.

Même le titre « Attack Music », pourtant plus ensorcelant, paraît bien fade. Le groupe quitte la scène après 40 petites minutes , laissant un public aux encouragements polis mais loin d’être conquis.

Suuns, un live habité et frénétique

Les Montréalais de Suuns offrent un contraste saisissant. Dès les premières notes du nerveux « Powers of Ten », premier titre de leur dernier album Images du Futur, on sent monter une jouissance musicale dans le public.

Les guitares pleurent, les riffs sont appuyés comme des coups de reins engagés, la montée en puissance est saisissante et aboutit, déjà, à un véritable orgasme collectif de la Cigale, que le groupe emporte littéralement dès le premier morceau.

Montée en puissance, confirmée sur « 2020 », autre titre issu du dernier album, lancinant et entêtant à souhait. Pas étonnant alors qu’ils aient été élu « meilleur nouveau groupe » en 2011 par le magazine de référence NME. Le live se termine en apothéose avec « Music Won’t Save You », hypnotique, pour lequel le quatuor a droit aux applaudissements du public avant même la fin du morceau.

Quand on sait que le premier nom du groupe était « Zeroes », on ne peut s’empêcher de sourire.
Non seulement le nom de l’astre solaire leur va comme un gant, mais leur musique pourrait bel et bien nous sauver.

Visuel : (c) affiche de la soirée ; Amélie Eleouet

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