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[Live report] AlunaGeorge et Laura Mvula à La Cigale (festival des Inrocks)

[Live report] AlunaGeorge et Laura Mvula à La Cigale (festival des Inrocks)

11 novembre 2013 | PAR Juliette Hebbinckuys

festival-inrocks-2013Cinquième soirée ce dimanche du festival des Inrocks qui continue de battre son plein. Après une soirée très London Style hier soir avec le passage de London Grammar à La Cigale, mais aussi de Deptford Goth et Arthur Beatrice à la Boule Noire, le public de ce soir n’était pas en reste ! Et pour cause : il retrouvait à son tour les londoniens AlunaGeorge, duo improbable d’électro R’n’B dans un show à la fois lancinant et décapant, tout en contraste avec la douceur soul de Laura Mvula

AlunaGeorge : hétéroclites et complémentaires

AlunaGeorge, c’est avant tout un duo composé de George Reid et Aluna Francis. Leur premier album Body Music est sorti cette année et a fait un carton outre-Manche. Moins connu du grand public en France, ils étaient pourtant nombreux à s’être déplacés en cette veille de jour férié pour venir applaudir les londoniens.

Le duo est accompagné pour l’occasion d’un batteur et d’un guitariste, mais très vite le message est clair : c’est Aluna qui assure le show. Perchée sur ses baskets à talon, en mini short mais pourtant pas vulgaire, sa silhouette féline et longiligne se trémousse aux sons des beats et une chose est sûre : elle a le rythme dans la peau. Lui, coupe au bol et chemise à manches courtes, se lâche progressivement en suivant le rythme de sa machine, qu’il maitrise à la perfection.

Si le duo peut paraître hétéroclite, Aluna et George se complètent si bien qu’ils ne forment plus qu’une entité au service de leur musique. Le public reprend avec plaisir « This is how we do it », avant d’enchainer avec « Outlines ». La chanteuse garde une voix impeccable malgré des allers-retours incessants d’un bout à l’autre de la scène, et sous ses airs un peu mutins, nous fait parfois penser à une Alicia Keys dans ses jeunes années.

On regrette parfois sa voix un peu trop lisse, presque trop parfaite  et linéaire pour nous toucher réellement et nous emmener véritablement au bout de l’expérience. Le mélange de synthé futuriste et des rythmes R’n’B, aussi improbable que le duo qui les compose, fonctionne pourtant très bien et Aluna se rattrape par son sens du spectacle et son envie de bien faire. Si toutes les chansons de leur album ne sont clairement pas des tubes, on retiendra le très rythmé « White noise », qui fonctionne à merveille en concert, et les sons un peu plus reggae de « Your drums Your love », qui vient clôturer la performance du groupe.

Laura Mvula : planante et envoutante

Vingt minutes plus tard, c’est au tour de Laura Mvula de faire son apparition, accompagnée d’un quintet qui assurera également les chœurs. Une contrebasse, un violoncelle, un violon, une batterie et même une harpe sont là pour accompagner la chanteuse qui elle-même se place derrière le piano. Plus bavarde que ses prédécesseurs, plus posée aussi, elle débute son concert par une chanson inédite, « Let me Fall », qui n’apparait même pas sur son album. Le morceau, un petit bijou de sensibilité, parle des erreurs que l’on est amené à faire dans sa vie – bouleversant.

Sa voix envoutante nous transporte de balades en émotions, et elle enchaine avec « She », chanson qu’elle considère comme la plus importante de son album. Chaque musicien apporte une douceur supplémentaire, des chœurs sans trop en faire, et laisse planer cette sensation de communion parfaite entre une femme et sa musique.

Le public se divise petit à petit en deux catégories : les indisciplinés qui discutent, et ceux qui refusent de louper ce beau moment à cause de bavardages incessants. Si « Something out of the blue » est quelque peu gâché par un mélange de « chuts ! » et de bruits ambiants, Laura Mvula détend vite l’atmosphère en se moquant elle-même de tous ces sssshhhh…

Et afin de ressouder définitivement la foule, elle se lance dans une reprise de « One Love », de notre bien aimé Bob. Les cordes résonnent de plus belle sur « Sing to the moon », peut-être l’apothéose de cette soirée. Mais pas question pour elle de laisser paresser La Cigale, elle termine donc sur une touche plus punchy avec entre autres, « Green Garden ». Après à peine quarante minutes de concert, c’est déjà l’heure de repartir. Elle nous promet d’apprendre le français pour son prochain passage à Paris, et remercie plus d’une fois ses musiciens, son groupe. On retiendra sa voix inoubliable et surtout sa grande humilité…

S’il est toujours difficile de terminer un concert en se disant que c’est déjà fini, l’avantage du festival des Inrocks, c’est que cela continue ! Demain, La Cigale sera à nouveau investie par des anglais puisque les groupes Suede et Temples sont à l’affiche de cette avant-dernière journée, avant de terminer en apothéose au Zénith avec Foals et Breton.

Visuel : (c) affiche du festival

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Juliette Hebbinckuys

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