Pop / Rock
[Live report] London Grammar et Valerie June à La Cigale (festival des Inrocks)

[Live report] London Grammar et Valerie June à La Cigale (festival des Inrocks)

10 novembre 2013 | PAR Celeste Bronzetti

festival-inrocks-2013Samedi 9 Novembre. Fin d’après-midi. Paris XVIIIe. On se laisse guider par le flux humain qui, depuis le métro Anvers, se dirige vers les célèbres salles du quartier où la quatrième soirée du festival des Inrocks s’annonce bouillonnante. Alors que le reste de la rédaction s’apprête à plonger dans le charme vaguement fuligineux de La Boule Noire (live report par ici), nous franchissons de notre côté le seuil bien plus éclairé de La Cigale

Comme on pouvait s’y attendre, le quartier paraît avoir été envahi par un public festif et anglophone, conséquence logique des line-up très british proposées du coté de La Boule Noire comme du coté de La Cigale, où le jeune trio London Grammar est attendu comme la révélation pop-rock anglaise de l’année.

We Are Match, Lucius, Jacco Gardner : révélations et déceptions

Mais, la voix perçante de London Grammar ne sera pas la seule révélation de la soirée, qui commence avec le quintette We Are Match, tout récemment sélectionné par les InRocks Lab. Les jeunes musiciens, loin d’avoir l’air d’être de vrais novices, lancent énergiquement le spectacle : leur son semble porter le poids d’une formation musicale underground marquée nineties, tout en assumant la tournure décidément électro de la pop actuelle. Et si cette fusion reste abstraite, il suffit de visualiser leurs chemises à carreaux : la rencontre de la génération de Beverly Hills 90210 et de la vague hipster bien plus actuelle trouve là sa synthèse.

Lucius, avec ses sonorités joyeuses, capture ensuite l’attention du public à plusieurs moments. L’énergie des deux filles, jumelles de style et de voix, traîne le groupe. L’atmosphère est celle d’un pub new-yorkais fumeux et langoureux des années soixante. Rien d’étrange si le public commence à fredonner : les rythmes de Lucius sont à la fois percutants et entraînants. C’est surtout avec Jacco Gardner que l’on peut se permettre de débrancher le cerveau : l’attention est attirée par la lumière de la scène, par l’aspect du public autour, vaguement hypster et bobo de tous les côtés. On se rend à l’évidence : le groupe et son rock indé ne nous parlent pas, si tout ce qui se passe autour de la scène nous parle plus : du déjà vu, du déjà entendu.

London Grammar : simplement parfait…

Le concert de London Grammar ne déçoit pas les attentes, qui étaient quand-même bien hautes. Au contraire, la beauté simple de la jeune Hannah Reid et la profondeur perçante de sa voix sont soudainement irrésistibles. Les morceaux de leur premier album, If you wait, se succèdent, élégamment précédés de temps à autres par les présentations discrètes de la chanteuse en jean et tee-shirt blanc. Si la voix d’Hannah l’emporte, la qualité du son n’est pas effacée. Les deux musiciens, clavier et guitare à la main, la suivent du regard, leur musique se laisse porter par son charme candide et vaporeux.

Groupe aux influences multiples et à tout moment bien travaillées, on ne peut pas s’empêcher de l’associer immédiatement à The XX, un autre jeune trio anglais aux résonances minimalistes bien marquantes. Les trois quarts d’heure sur scène de London Grammar s’envolent aussi doucement que la voix de la belle Hannah. Un concert parfait…

Valerie June : une énergie folle

Dernier pétillant show de la soirée : Valerie June en personne ! La voir en live permet de toucher la vraie nature de sa personnalité : passionnée, inspirée, monumentale. Avec sa chevelure au profil méduséen, elle capture le public dès sa montée sur scène. Pétrifiés par sa personnalité saisissante et sa présence sur scène étincelante, les premières vraies groupies de la soirée se montrent dans toute leur splendeur. On valide la métaphore mythique : il y a quelque chose de magique et d’ensorcelant dans sa façon de chanter.

Elle joue et chante avec tout son corps, elle incarne tout entière les différentes âmes de sa musique. Tout est profondément et totalement country : Valerie June change d’instrument mille fois : toujours des guitares mais à chaque fois différentes, elle passe du blues au folk, du soul au gospel sans qu’on puisse cerner le moment du switch. Elle nous entraîne dans un spectacle de percussions, de rythmes et d’étincelles…

http://www.youtube.com/watch?v=DC0wz3m_v2M

On sort de La Cigale encore imprégnés de cette énergie rugissante… Une soirée bien dense, que l’on pourra continuer dès ce dimanche avec la prestation des Londoniens d’AlunaGeorge dans ce même lieu.

Le reste de la programmation du festival des Inrocks est à retrouver sur le site officiel du festival.

Visuel : © affiche du festival

[Live report] The Bloody Beetroots à l’Olympia
François Hollande lance les commémorations du centenaire de la Première guerre mondiale
Celeste Bronzetti

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *