Electro

[Chronique] « Caramel » de Connan Mockasin : foutral et gélatineux

[Chronique] « Caramel » de Connan Mockasin : foutral et gélatineux

11 novembre 2013 | PAR Bastien Stisi

Conçu en un mois dans une chambre d’hôtel tokyoïte (ou peut-être est-ce dans un boudoir ?), le second album du Néo-zélandais Connan Mockasin trouve avec Caramel une consistance nouvelle, et s’échappe du psychédélisme tribal et materné de son premier opus pour emprunter une voie soul et considérablement érotique…

[rating=3]

connan mockasin caramelSi Connan avait finalisé Forever Dolphin Love il y a deux années pour faire plaisir à sa génitrice maternelle, c’est afin de questionner l’esthétisme du mot « caramel » que le compositeur lunaire et décalé a décidé de mettre sur pied l’album comestible du même nom sorti il y a quelques jours. Connan coupe le cordon, se lance dans une investigation hasardeuse, et se trouve de nouvelles préoccupations.

Comme s’il s’était ainsi libéré d’une timidité et d’une virginité castratrice devenue trop lourde à porter, l’Océanien aux cheveux dorés paraît ici découvrir son corps (et celui des autres…) et témoigne de ses expérimentations foutrales sur un second album qui partouse les ambiances sexo-psychédéliques, les gémissements corporels, l’électro bruitiste et organique, la soul coquine aux voix trafiquées.

https://soundcloud.com/connanmockasin/connan-mockasin-im-the-man

Les dauphins rivalisent avec les nippones et font parfois résonner leur timbre marin, le morceau « I’m The Man, That Will Find » et son rock de drugstore rappelle les plages lancinantes du Melody Nelson gainsbourien, ce Caramel-là paraît être une sucrerie aussi bien trempée dans la gélatine que dans les effluves visqueux des partenaires les plus dégourdies d’un Connan à la vocalité hyper sexuée.

L’album a beau avoir été élaboré à Tokyo et être hébergé par le label britannique Phantasy (celui d’Erol Alkan), les particules sonores qui en émanent ne ressemblent à aucune contrée connue par l’esprit d’une cervelle prosaïque et terre-à-terre : à force de passer sa vie aux quatre coins du globe, l’océanien Connan Mockasin a fini par se déraciner définitivement, apatride soudainement devenu hédoniste et propriétaire d’un univers dont il possède indiscutablement chaque parcelle terrestre et aérienne.

https://soundcloud.com/connanmockasin/connan-mockasin-do-i-make-you

Connan Mockasin, Caramel, 2013, Phantasy, 39 min.

Visuel : © pochette de Caramel de Connan Mockasin

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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