Pop / Rock
[Live report] All We Are et Alvvays au Badaboum

[Live report] All We Are et Alvvays au Badaboum

17 février 2015 | PAR Bastien Stisi

L’arrivée de la quatrième édition d’un festival au nom de feu d’artifice (le Fireworks Festival, associé cette année au magazine À Nous Paris) dans une salle nommée Badaboum : il ne pouvait y avoir rien d’autres que des étincelles hier soir dans la salle de la rue des Taillandiers, et forcément beaucoup de lumières, avec les arrivées successives du trio de Liverpool All We Are, puis des Canadiens d’Alvvays intervenus tous deux après la performance de l’anglaise folkeuse Marika Hackman et ses allures de figures grunges des années 90.

All We Are : pop unanime

Les mains se joignent alors pour accueillir à 21 heures All We Are, un trio britannique débarqué de l’autre côté de la Manche pour y défendre les couleurs claires obscures de son premier album éponyme, et où chacun est autorisé à faire l’étalage de sa voix, et même le batteur, chose pas si fréquente, qui voit ici son engin percussionniste positionné au beau milieu de la scène. Ça groove comme chez des Jungle auxquels ont aurait retiré la scéno pédante et clinquante (« Feel Safe », « Honey »), et où l’on aurait ajouté une alliance de London Grammar (« Something About You ») et de Warpaint (« Keep Me Alive »). Ça tombe bien : ils se sont justement entraînés en première partie des trois groupes précédemment nommés avant d’atterrir ici, et à en juger par l’efficacité de leur disco pop aux accents funky, on parie que le tercet pop ferait onduler les jambes, les hanches, les épaules et les reins de n’importe quel public, si seulement celui-ci ne se trouvait pas être celui, un brin exigeant et pas très mouvant, du XIe arrondissement…

Alvvays : mariage de raison

Ce sont ensuite des compatriotes du Canadien Caribou (dont All We Are aura repris plus tôt le déjà culte « Can’t Do Without You ») qui investissent les environs. Mais pas question d’associer pour autant le nom du DJ faiseur de merveilles electronica house au quintet de Toronto : en écoutant Alvvays, mené par cette chanteuse blondinette (Molly Rankin) qui véhicule décidément dans les lieux l’idée d’un accoutrement grunge, c’est plutôt aux Américaines de Girls Girls Girls, de Blondie, si ce n’est aux Danois des Raveonettes, qu’il faudra plutôt songer. Et malgré un son salement crado, qui viendra coupler étouffement des tympans et étouffement du corps (oui, il y avait hier beaucoup de monde au Badaboum…) le souffle beach pop aux guitares britpop de l’album éponyme des jeunes gens ici présents fera mouche. Une demande en mariage plus tard (« Archie, Marry Me »), accepté plusieurs fois par quelques fans qui auront donc préférés passer la bague au doigt plutôt que la corde au cou, on se projettera, déjà, sur la suite d’un festival qui accueillera notamment cette semaine Ry X, Girlpool et DJ Shadow, avant de poursuivre la semaine prochaine sur les lives à venir de Blind Digital Citizen / Grand Blanc, Isaac Delusion et Baxter Dury en guise de digestif sucré.

Le programme complet, d’ailleurs, est à retrouver par ici.

Visuels : (c) Robert Gil

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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