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[Vernissage] « Le bord des mondes » au Palais de Tokyo

[Vernissage] « Le bord des mondes » au Palais de Tokyo

17 février 2015 | PAR Yaël Hirsch

Lundi 16 février, le Paris de l’art contemporain n’aurait manqué pour rien au monde le vernissage du Palais de Tokyo. Alors que l’artiste cinétique grec Takis était à l’honneur et que les artistes Marie-Luce Nadam, Clement Richem et Bouchra Khalili étaient mis en lumière dans la friche, l’exposition phare de la nouvelle proposition du Palais de Tokyo (Commissariat : Rebecca Lamarche Vadel, scénographie : Stéphane Maupin et Nicolas Hugon) s’intéressait aux limites et aux interstices. Bord des mondes propose un parcours s’étalant comme un jeu de l’oie et qui a mené le public aux confins de l’art et de l’invention. Ouverture au public le 18 février et jusqu’au 17 mai. 

En 22 créateurs, pas tous artistes, Le bord des mondes propose donc de réfléchir sur la notion de limite. Il y a le travail inaugural de Bridget Polk (présente lors du vernissage) qui assemble des pierres nomades tout juste à l’équilibre, les photos de l’officier de police suisse Arnold Odermatt, qui sublime en noir et blanc la tôle ondulée des voitures, les cartes géantes et interloquantes de Jerry Gretzinger et aussi les « monstres des sables » mouvants que Theo Jansen fait bouger sur la plage de Scheveningen et qui nous sortent par un ballet bien tempéré de l’anthropocentrisme.

En effet, les bords ne sont pas que spatiaux, à la carte, il faut ajouter l’humain, le trop humain et l’inhumain, y compris dans ce qui l’entoure et le vêts (magnifique rangée de vêtements de Iris van Herpen). Terrain fragile que le travail de Tomas Saraceno sur les systèmes environnementaux ou celui que Hiroshi Ishiguro opère sur l’intelligence artificielle sillonnent magistralement. Quant à l’Histoire, elle est aussi lieu de stupéfaction quand elle passe par le jeu : celui des effigie que Jesse Krimes fait passer hors de prison par le roi de pique et la dame de cœur, la cuisine de Pierre Gagnaire, mais aussi celui qui se perpétue depuis 1945 à Varsovie : « Games of State« .

Des performances du collectif Sape (très en verve lors du vernissage du 16 février) et des journées thématiques sont prévues sur cette question des bords du monde, de l’art et de l’humain.

affiche : Kenji Kawakamivisuels : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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