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Playlist de la semaine (77)

Playlist de la semaine (77)

09 août 2014 | PAR Bastien Stisi

Un nouvel extrait décevant pour le prochain album d’Alt-J, le nouveau morceau pop et bodybuildé du Canadien Rich Aucoin, et le retour aussi surprenant que brutalisant de l’un des plus grands groupes de néo-métal de la dernière décennie…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Alt-J, « Left And Free »

Après un décevant premier extrait (le très assombri « Hunger Of The Pine ») les Anglais d’Alt-J font paraître le clip déluré et amusé de « Left And Free », au service d’une ambiance blues pop qui tisse le lien entre les Black Keys et le premier album du groupe de Leeds (le brillant An Awesome Wave). Bon, globalement, on reste encore largement sur notre faim, la crainte de plus en plus présente de voir ce second opus discographique ne pas confirmer les promesses immenses suggérées par le premier. Réponse prévue pour le mois de septembre.

2. Rich Aucoin, « Yelling In Sleep »

Toujours empreint d’une grandiloquence vocale et sonore qui donne à ses productions des allures de feux d’artifices électro pop, le Canadien Rich Aucoin revient avec un second album, le contrasté Ephemeral, taillé pour les espaces élargis et les chaînes branchées en mode stéréo. Costumé au dubstep virulent (« They Say Obey »), à l’héroïsme powerpop (« City In Love »), ou à la synthpop aussi froide quoiqu’euphorique (« Yelling In Sleep »), le successeur de We’re All Dying To Live fera sans doute baver de bonheur les fans de Passion Pit et d’Empire Of The Sun. Les autres, par contre, s’épuiseront peut-être un peu plus rapidement…

3. Wampire, « Wizard Staff »

Il n’y a donc pas que dans le teen-movie pour adolescente pré-pubère que la franchise vampirique paraît avoir atteint ses limites. Après la chute de la marque Vampire Weekend, passé l’an dernier avec son troisième album de son estrade indie pop de l’ailleurs pour rejoindre tout en bas celle de la pop sans saveur, voilà d’autres (gentils) v(w)ampires qui trébuchent au moment de franchir la très dure étape de la confirmation véritable. Bazaar est le deuxième album en deux ans pour les garçons aux dents de lait de Portland, mais aurait sans doute dû attendre le stade de la maturation pour émerger des profondeurs et ne pas finir par ressembler comme deux gouttes d’eau à son prédécesseur. La patience est une vertu que semble désormais ignorer une grande majorité de l’industrie du disque contemporaine…

https://soundcloud.com/polyvinyl-records/wampire-wizard-staff-1

4. Sydney Valette, « Enfant Bourré »

Repoussant toujours un peu plus loin les frontières de l’électro disparate et bizarroïde, Sydney Valette se rapproche sur son nouvel EP des paraboles absurdes et camées d’Arne Vinzon, si ce n’est de Salut C’est Cool, et livre un Enfant Bourré à la poésie aussi drôle que sobrement déchirée. Alors que son album Paris est prévu pour le 25 septembre, on peut déjà se défoncer joliment le cerveau par le biais du clip du morceau, DIY et kitsch au possible. L’alcool, la drogue, l’enfance, les sens qui se confondent, la dérive.

5. Slipknot, « The Negative One »

Instant violence visuelle et sonore, à ne pas mettre entre les rétines et les tympans des plus sensibles et des plus fragiles d’esprit : contre toute attente, le retour des néo métaleux Slipknot, loin des adoucissements chantés et quasiment pop de leurs dernières productions discographiques, se fait avec une violence viscérale, claustrophobe, haineuse, et absolument destructrice, qui ravira les amateurs des premières heures et rappellera aux plus tumultueux le mythique Iowa, paru au début des années 2000. Après le décès de leur bassiste en 2010, et le départ de leur batteur en 2013, « The Negative One » paraît être la réponse de Corey Taylor & co à ceux qui prédestinaient le groupe masqué à une fin de carrière anticipée, ou pire encore, à une carrière qui aurait définitivement épousé la route du néo-métal gentil pour teenager pas bien téméraires…

6. Beach Beach, « Just Like Before »

Dans la famille des groupes amenés à engager une conversation pop en commençant par un bégaiement nominal (Django Django, Everything Everything, Hyphen Hyphen, Peter Peter…), on calera désormais la pop estivale et ensoleillée de Beach Beach, quatuor échappé des îles Baléares avec la volonté de découvrir un monde étiolé entre surf pop californienne et indie pop anglo-saxonne, et le désir viscéral d’étaler dans les tympans une rafraîchissante pop crème solaire, qui aura le mérite de ne pas donner de vilain coup de soleil là où c’est habituellement si douloureux. Hébergé sur le label catalan La Castanya, The Sea est le deuxième album du groupe, et sortira le 16 septembre. Pile poil quand les plages du sud de l’Espagne seront vidées de ses affreux touristes aux peaux toutes cramées.

https://soundcloud.com/lacastanya/beach-beach-just-like-before-1

7. Nil Hartman, « 30 »

Les plus expérimentés penseront à Giorgio Moroder, les plus jeunes à Kavinsky, tous salueront l’avènement de l’électro synthétique, nuancée et héroïque du Français Nil Hartman, qui devrait faire paraître son premier album au début de l’année 2015, et qui profite de la parution de son morceau « 30 » pour célébrer, justement, l’anniversaire de ses trente années. C’est la fête pour tout le monde du coup.

Les morceaux de la playlist sont à retrouver sur la page Deezer de Toute La Culture.

Visuel : (c) pochette de

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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