Pop / Rock

[Live report] Wampire à l’Espace B : dents de lait et pop en argent

[Live report] Wampire à l’Espace B : dents de lait et pop en argent

21 juin 2013 | PAR Bastien Stisi

WampireNuit noire, soirée brûlante et réchauffée, vagabondage dans les tréfonds du XIXe arrondissement et dans les travées calfeutrées de l’Espace B, à la rencontre du quatuor Wampire, curiosité esthétique et synthpop du moment. Ces vampires-là ne s’associent pas à une pop gentillette et sautillante comme leurs homologues nominaux de fin de semaine (Vampire Weekend), n’ont pas davantage de sang sur les mains ou sur les gencives, mais des guitares collées au bout des doigts par une pop brute, new-wave et organique élaborées dans les dédales de Portland, et n’ont pas besoin de balader leur dentition sur les membres du public pour en faire des adeptes : une heure de live survolté pour les Wampire, et nous voilà déjà tous convertis.

Pour leur toute première date à Paris, le quatuor de Portland jouait dans une cave (dans le sens très très noble du terme), et il faut bien avouer que l’on aurait du mal à imaginer Rocky Tinder, Eric Phipps (conjointement chanteurs et guitaristes) et leurs copains batteur et bassiste autre part que dans ce fabuleux espace intimiste et underground qui marque l’originalité de l’Espace B, tant leur pop de garage respire la pureté et la virginité de celle qui ne serait pas encore passée par le conformisme des grandes scènes à hipsters de Brooklyn, de Berlin ou de Paname.

Ici, le plafond a beau être bien bas, rien ne semble pouvoir empêcher la pop un brin noisy de ces orégonais chevelus de graviter très haut dans les esprits et dans les corps, au point même d’entraîner les composantes les plus juvéniles du public dans une transe rockeuse et pogotante lors de l’interprétation des compositions les plus brutales de Curiosity, le premier album du groupe sorti en mai dernier, aux aspirations parfois planantes (« Orchards »), parfois brûlantes (« The Hearse »), parfois légères (« Spirit Forest »), toujours brutes et colorées.

Si les guitares s’alourdissent en live par rapport à leurs productions studio et qu’une lumière sanguine tamise la scène en même temps que les visages rougeoyants des quatre garçons et de leur matériel, on ne se laissera pas tromper pour autant : pas de méchanceté grossière sonore ou comportementale chez les jeunes Wampire, aussi modestes que braves, énergiques chevaliers d’une pop lo-fi en argent et en chemises à motifs de friperie défiant à coups de pieux et de guitares le conformisme pop ambiant 2.0 du XXIe siècle.

Il est encore bien tôt pour annoncer l’avènement véritable d’une race nouvelle sur la scène pop internationale. Il faudra tout de même garder un oeil sur ces drôles de musicos-là et sur leur rafraichissante dentition futuro-new-wave : une contagion sonore, on le sait, peut arriver plus vite qu’on ne le pense…

Visuel : © pochette de Curiosity de Wampire

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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