Pop / Rock

[Live report] Django Django au Studio SFR : un virevoltant concert privé

[Live report] Django Django au Studio SFR : un virevoltant concert privé

05 décembre 2012 | PAR Bastien Stisi

Le studio SFR se prêtait hier soir au jeu de Ouï FM et de son émission fétiche « Au Secours c’est du live » en accueillant les Django Django, phénomène électro pop de l’année et figure émergente de la scène britannique actuelle. Au sein d’une performance très privée et intimiste, les Écossais, à peine remis d’un concert donné la veille au Trianon, ont offert à la centaine de personnes regroupée sur place une prestation admirable de très haute volée.

Le chaleureux studio SFR, caverne luxueuse au design sombre et léché, se remplit doucement. Il n’est que 19 heures, l’heure fatidique de la bière d’après-boulot. Pourtant, pas de boisson alcoolisée à l’horizon, mais des verres de Coca et quelques sucreries Haribo, généreusement mis à la disposition d’un public d’invités peu nombreux et chanceux. Les animateurs vedettes de Ouï FM (Dom Kiris et Sacha) introduisent tranquillement la soirée en annonçant la sortie d’un prochain album de remixes des titres de Django Django, passent le nouveau single du groupe dans la sono du studio (« Life’s a Beach »), et proposent une playlist spécialement orchestrée par les écossais (Metronomy, Primal Scream…) On attend, avec beaucoup d’impatience et d’excitation, ravis de se retrouver à quelques mètres de ces versions des Beta Band plus foutraques, plus divers, plus singuliers.

Enfin, le quatuor débarque sur scène avec légèreté et modestie, répond avec professionnalisme à l’interview réalisée en live par l’équipe de Ouï FM, et finit par installer son matos pluriel et ovniesque sur scène. Sapés comme un dimanche de lendemain de cuite musicale après leur passage la veille par le Trianon, les Django Django ne paraissent pas rassasiés pour autant, et prennent le parti de s’enivrer encore un peu avec le public parisien à l’occasion de la prestation hyper intimiste qui leur est proposée ici. Certains membres du public avouent d’ailleurs avoir déjà participé lundi soir à la performance des écossais sur les bords du boulevard de Rochechouart. L’addiction à l’univers du groupe, il est vrai, a fait de nombreuses victimes depuis la sortie de leur album au mois de janvier dernier.

Comme toujours lorsqu’ils se produisent sur scène, les Django Django débutent leur concert comme débute leur brillant album éponyme, avec une introduction mystique, jungle aux sonorités sinoques de laquelle s’échappe en fond sonore la voix de Vincent Neff, le chanteur central du groupe. Puis, c’est la musicalité sophistiquée de « Hail Bop » qui intervient, et qui se poursuit jusqu’au sommet pop occasionné par les hauteurs du refrain et par les lyrics mélancoliques répétées comme une complainte par le quator (« i’ve been waiting here so long and now you’re taking off again »).

Le public, déjà, ne dispose d’aucun moyen pour s’empêcher de remuer la tête et le corps, comme si la tempête évoquée dans les paroles de « Storm » s’invitait langoureusement au sein de la rue Tronchet afin de tout bousculer sur son passage. Les riffs rockeux et endiablés du tube « Default » termineront le travail savamment préparé par l’électro ovniesque de « Waverforms », et finaliseront définitivement la mutation environnementale du studio SFR, désormais semblable à un dance-floor intime vecteur de sourires véritables et contagieux. Sur « Wor » et sur « Skies Over Cairo », l’auditoire sera même confronté à quelques résidus de résonances orientales et égyptiennes, symboles de l’incroyable mosaïque musicale que transporte le groupe depuis sa formation en 2009.

Paris avait déjà accueilli les Django Django à la Boule Noire, à la Maroquinerie, au Parc de Bagatelle (dans le cadre du festival We Love Green) ou encore dans la superbe salle du Trianon. Avec  l’interprétation énergique et hyper cadrée d’une dizaine de titres proposés hier soir par les Écossais, il ne fait aucun doute que la capitale sera ravie de revoir au plus vite le quatuor. De notre côté en tout cas, on en redemande encore encore.

Visuel : (c) pochette de Django Django de Django Django

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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