Musique

Playlist de la semaine (109)

Playlist de la semaine (109)

28 mars 2015 | PAR Bastien Stisi

Le nouveau Django Django, la nouvelle folle escapade de Flavien Berger, la conscience générationnelle de Hollydays…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Django Django, « Reflections »

Nouvel extrait pour le nouveau Django Django, qui sortira le 4 mai chez Because. Après la luminosité émise par « First Light », voici les élucubrations jazzy-pop de « Reflections », nouvelle manifestation de l’incroyable liberté avec laquelle ces Écossais façonnent leur électro pop créatrices de vertigineuses alambiques. En France, on pourra découvrir le successeur du premier LP éponyme du trio en mai, au sein du festival printanier We Love Green.

2. Flavien Berger, « Rue de la Victoire »

Le Léviathan, lorsqu’il est évoqué dans les récits bibliques, évoque tout à la fois l’idée de chaos originel que de refonte potentielle du Monde. Colossal et grandiose, on l’envisage comme un monstre marin, sorte de créature aussi proche du serpent que du dragon à écailles. Léviathan, c’est aussi le nom que portera le premier album de Flavien Berger. Et c’est une riche idée d’avoir nommé ainsi cet album, tant celui-ci semble partager avec le monstre tout-puissant l’attrait pour ces créations que d’autres nomment destructions… « Rue de la Victoire », qui imite avec les grandiloquences sinoques l’EP virtuose Mars Balnéaire, est le nouvel extrait de cet album qui paraîtra le 20 avril chez Pan European. Et on l’attend comme d’autres entités attendaient le jour premier.

3. Hollydays, « Les Insatisfaits »

Générationnel et auto flagellateur, le nouveau clip du duo Hollydays, dont on avait déjà salué l’excellent premier EP Des Animaux, met en exergue les pauvretés dérisoires d’une jeunesse « instagramée » et aux « sacs monogrammés ». Le sample de ce single issu du second EP du groupe, pareillement appelé Les Insatisfaits et qui sort ce lundi, pourrait être celui d’un morceau mélo de hip hop, et le chant celui d’une pop variétale toujours plus orientée France Gall que La Femme. Accumulation de portraits rapides pour le clip, et accumulation de promesses pour le duo formé par Elise Preys et par Sébastien Delage.

4. Jay Jay Johanson, « Moonshine »

Depuis 20 ans, le Suédois Jay Jay Johansson sort un album tous les deux ans. Après la parution de Cockroach en 2013, personne ne sera donc surpris de voir, en 2015, la parution d’Opium, 10e album du nom tout juste précédé d’un EP (Moonshine, sortit le 13 avril), et d’un single, qui fait autant appel à la pop jazzy qu’au trip hop acidulé. Le trip hop, cela tombe bien, celui-ci sera convoqué le 29 avril au Café de la Danse avec le concert de Bristol, le projet de Marc Collin qui réinvente les plus fameux titres trip hop des années 90, un concert auquel participera justement Jay Jay Johanson, qui fera une première escale dans la salle du XIe arrondissement avant d’y retourner le 8 juin pour y effectuer sa release party.

5. John and the Volta, « White Noise »

Chaque sortie paraît décidément être pour John & the Volta le prétexte d’expérimentations nouvelles. Après avoir exploré la voie d’une synthpop épique et traumatique sur l’EP Empirical, puis celle d’un cosmos synthétique et vaporeux sur le single NU, le Bordelais s’embarque avec son nouvel EP White Noise vers un chemin plus éloigné encore de ses bases, et propose l’émanation d’une synthpop radicale, raveuse et épidermique, proche des productions de Factory Floor ou de Fuck Buttons. Le titre dévoilé ici est à l’image de l’artwork du disque, signé par l’artiste finlandais Dermot Gallagher (qui n’est pas un frère caché de la famille Oasis) : c’est-à-dire qu’il explose et se torture de l’intérieur.

6. TOYS, « Golden Line »

Happés par la déferlante de la vague Christine and the Queens, qu’ils accompagnent sur scène, les deux membres de TOYS (Bastien et Paul) trouvent le temps, au milieu des paillettes et des ritournelles pleines d’onomatopées, de mettre sur pied le second EP de leur projet personnel. Celui-ci est le successeur de Hey Boy, paru en 2013 (on se souvient du très bon morceau du même titre), et évoque le psychédélisme aux mille lianes acides de Glass Animals, mêlé à des élans de synthpop claire et éthérée. Ce second EP sortira le 13 avril prochain, un nouvel épisode pour un tandem que l’on connaît autant pour ses compositions propres que pour ses remixes adaptés (des Two Door Cinema Club, de Breton, de Lescop…) que l’on pourra savourer dans l’intimité baroque du Monseigneur, le 5 mai.

7. Manu Delago ; Isa Kurz « Disgustingly Beautiful »

Manu Delago, on l’apprend à l’occasion de la sortie de son (très doux et très perché) second album Silver Kobalt le 6 avril chez Tru Thoughts, est le joueur de Hang le plus reconnu du Monde. Reste à savoir ce qu’est le Hang. Le Hang est donc un délicat instrument de musique acoustique percussif qu’il conviendra de ne pas confondre avec une soucoupe ovniesque, capable de propager des sons comme ceux que l’on entend dans ce premier extrait qui porte si bien son nom (« Disgustingly Beautiful »), et que les plus attentifs auront reconnu, aussi, lors des live de la tournée Biophilia de Björk, que l’Autrichien accompagnait justement. On se note la date du 11 mai, pour découvrir l’homme au Hang (le terme ne sonne pas mal) dans l’intimité du New Morning parisien.

Visuel : (c) pochette de Golden Line de Toys

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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