Musique
Playlist de la semaine (119)

Playlist de la semaine (119)

20 juin 2015 | PAR Bastien Stisi

Le nouvel extrait magnifique du prochain Ratatat, le clip choupinet de Santoré, la complainte toute noire de Grand Blanc…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Ratatat, « Abrasive »

Magnifique, le 5e album de Ratatat qui paraîtra le 17 juillet prochain, dévoile davantage encore les recoins de son anatomie, en livrant, après un premier extrait aguicheur (« Cream of Chrome »), un second qui l’est encore davantage. Car « Abrasive », clipé par Evan Mast (la moitié de Ratatat), s’impose déjà, et à la première seconde d’écoute, comme l’un des accompagnateurs idéaux d’une saison qui s’annoncera radieuse si tous les morceaux de l’album lui sont semblables. Réponse en studio à la mi-juillet, et en live à La Route du Rock (le 14 août) et au Cabaret Vert Festival (le 21 août).

2. Santoré, « Morning Cartoons »

On l’a déjà souvent répété, et ils nous l’affirmaient en interview, Antoine et Mathieu Gouny consacrent leur projet Santoré à l’évocation mélancolique et euphorique de leurs souvenirs d’enfance, convoqués depuis leur premier EP par le biais d’une electronica solaire, éthérée et acoustique. Afin de pousser un peu plus loin encore l’évocation de cet hier bien plus adoucissant que l’aujourd’hui, Santoré sort le premier clip (réalisé par Pablo Teyssier-Verger) lié à son troisième EP Silverado, que le duo envisageait déjà lors de son passage au Perchoir lors de nos soirées Culture Perchée en mai. Un clip qui mêle, avec une douceur et un bien-être attendrissants (c’est toujours cool de voir des bébés sourirent), des vidéos des deux garçons étant petit. Et de la même manière qu’ils convoquent avec le son et à l’âge adulte des émotions de l’âge enfant, Antoine et Mathieu Gouny rejouent certaines de ses vidéos dans le corps des adultes qu’ils sont devenus. De passage au Batofar le 8 août pour l’après midi AMIAMI, organisée par Le Noeud Pap, Beware et All In Electro.

3. Flo Morrissey, « If you can’t love this all goes away »

Cette Anglaise de 19 ans a une voix à tourner le clip du prochain James Bond et un répertoire folk d’une mélancolie parfaite. Alors que son album au titre de manifeste politique, Tomorrow Will Be Beautiful, vient de sortir le 15 juin et que les Parisiens l’attendent le 24 juin au Point Ephémère, un deuxième titre (après l’énergique « Pages of gold ») commence à tourner.  Il s’agit du langoureux, pianistique et ventilé « If you can’t love this all goes away ». Flo l’avait gardé en stock depuis quelques années… Toujours sur le fil, mais ancrée par une voix d’ange, l’irrésistible Flo Morrisey menace celui qui l’écoute avec la plus terrible douceur possible. L’espoir au fond de la boîte de Pandore, c’est ce qu’on abandonne pas, surtout l’espoir de l’amour… Une bien jolie chanson d’une jeune et talentueuse diva à suivre. (Yaël Hirsch)

4. 51 Black Super, « Bigger »

Mené par deux membres de H-Burns, par le boss de So Press (sic) et par d’autres types sans doute aussi peu fréquentables, 51 Black Super est signé sur le label Vietnam, c’est-à-dire en famille (le label est le fruit d’une collaboration entre So Foot et Because Music, et accueille d’ailleurs déjà H-Burns), et s’ils ont assuré cette semaine la première partie de Fidlar au Trabendo, c’est qu’ils partagent avec les Californiens bordéliques une attirance pour les ambiances de garage lo-fi, crasseuse et éminemment branleuse. « Bigger », issu du premier album du groupe qui sortira le 28 août prochain, en est un parfait préambule, lui qui comporte durant 1 minute 43 et avec pas grand-chose de novateur (tant mieux) l’essence d’un garage sans fioritures et quand même essentiel.

5. Grand Blanc, « Montparnasse »

Pour la sortie de leur single Montparnasse, successeur discographique de leur premier EP éponyme, Grand Blanc (et son réalisateur Guillaume Cagniard) proposent un clip tout noir, à l’image de la cold wave du quatuor messin qui tend ici davantage vers la chanson à textes traumatiques que vers la pop synthétique entrevue sur « Samedi la Nuit » ou sur « Degré Zéro ». « Montparnasse », accompagné par le très rocailleux « Nord »,  met en avant la voix grave et hautement perchée de Benoît David, leader masculin de la formation signée chez Entreprise (Moodoïd, Blind Digital Citizen, Bagarre…) dont on pourra constater l’évolution scénique aux Solidays, aux Eurockéennes, ou encore au festival Cabourg Mon Amour cet été.

6. Fufanu, « Will We Last »

One Little Indian, ce label indé basé à Londres depuis 1985, a décidément une capacité stupéfiante à regrouper sous son enseigne tout ce qui se fait de plus excitant sur le territoire isolé mais vigoureux d’Islande. Outre Björk, Asgeir, Samaris et autres Ölof Arnalds, on retiendra désormais aussi le nom de Fufanu, formation post-punk voisine, dans le son et dans l’espace, de ce que savent faire les Danois d’Iceage (en tout cas sur leur dernier album), qu’il n’est pas franchement étonnant de retrouver dans le coin. Kaktus, le chanteur du groupe, puisque ce dernier est le fils du chanteur de The Sugarcubes, ce groupe qui a justement lancé One Little Indian, et dont l’autre membre fondateur n’est autre que Björk elle-même…

7. TOO_MANY_ZOOZ, « Spocktopus »

Dans la série de ses musiciens que l’on a vite fait de cataloguer dans la rubrique « musiciens du métro », parce que c’est plus ou moins là qu’on les a découvert (Benjamin Clementine, La Rue Kétanou, et bientôt Mohammed Lamouri, le pensionnaire synthético-sensible de la ligne 2 ?), les trois membres de TOO MANY ZOOZ incarnent incontestablement la frange la plus sonique. Adeptes des recoins élargis du métro new yorkais, Matt Doe (trompette / baryton), Leo P (saxophone et baryton), King Of Sludge (batterie / percussions) produisent ce qu’eux nomment de la Brasshouse, et ce que d’autres qualifient comme une fusion de funk, de jazz, de soul et de techno. Petit phénomène outre-Atlantique du moment, le projet l’est également en France, puisqu’il a entamé avec le Printemps de Bourges une tournée française, ponctuée par quelques autres escapades européennes, qui ne prendra fin qu’au terme du mois de juillet ! Toutes les dates de cette folie par ici.


Visuel : (c) Peter Heinrisch

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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