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[Critique] « Spy » de Paul Feig. Melissa McCarthy dans une réjouissante parodie de film d’espionnage féministe

[Critique] « Spy » de Paul Feig. Melissa McCarthy dans une réjouissante parodie de film d’espionnage féministe

20 juin 2015 | PAR Gilles Herail

Paul Feig retrouve sa muse Melissa McCarthy pour la troisième fois après Mes Meilleurs Amies (Bridesmaids) et Les Flingueuses (The Heat). Un peu moins d’étincelles mais une parodie d’espionnage réussie, efficace, et étonnamment féministe avec des seconds rôles très en forme de Jason Statham, Jude Law et Rose Byrne.

[rating=3]

Synopsis : Susan Cooper est une modeste et discrète analyste au siège de la CIA. Héroïne méconnue, elle assiste à distance l’un des meilleurs espions de l’agence, Bradley Fine, dans ses missions les plus périlleuses. Lorsque Fine disparaît et que la couverture d’un autre agent est compromise, Susan se porte volontaire pour infiltrer le redoutable univers des marchands d’armes et tenter d’éviter une attaque nucléaire…

La géniale Mélissa McCarthy est une véritable star aux Etats-Unis où elle est la reine incontestée du rire au féminin. Spy devrait lui permettre de se construire une petite notoriété française grâce à un film plus « accessible » s’inscrivant dans la lignée des Kingsman, Johnny English, OSS et autres parodies de films d’espionnage. Le film traite avec professionnalisme son ambition de comédie d’action mais cherche surtout à développer des personnages féminins. La question du genre sert autant de fil rouge scénaristique que l’intrigue mêlant les traditionnels terroristes et autres vols d’ogives nucléaires.

Melissa McCarthy se voit proposer le personnage le plus abouti de sa carrière, qui lui permet d’évoluer, d’incarner différents masques et surtout de construire une véritable héroïne. Discrète geekette surdouée dédiant sa carrière à la CIA au sauvetage permanent de son prétentieux de Prince Charmant espion, Susan Cooper va se retrouver envoyée sur le terrain, par un malheureux concours de circonstances. Plutôt que la maladroite Johnny English attendue, elle se révèle être une espionne talentueuse et dégourdie. Devant faire face à des hommes qui la prennent pour leur secrétaire, une incompétente ou un objet sexuel et s’appuyant sur des femmes pour faire aboutir sa mission. L’ambition de Paul Feig d’élever son actrice fétiche en tant que véritable héroïne oblige McCarthy à lever le pied sur les saillies verbales dont elle a le secret, qui apparaissent heureusement de temps en temps et se révèlent toujours aussi efficaces.

On attendait un véritable tourbillon de l’actrice et c’est finalement du côté des seconds rôles qu’apparaissent les meilleures trouvailles comiques. Jude Law s’amuse beaucoup avec son personnage de James Bond huilé sûr de sa bogossitude et se comportant comme un mufle. Jason Statham est hilarant en espion mythomane, s’inventant des aventures improbables sans arriver à masquer son incompétence crasse. Rose Byrne surprend également avec le rôle le plus improbable du film. Une grande méchante hautaine et insupportable, totalement à côté de la plaque, dans lequel l’actrice peut s’essayer avec bonheur au cabotinage. Le sous-texte féministe, à l’origine de pas mal de blagues et de scénettes comiques, fait clairement l’intérêt d’une comédie d’espionnage par ailleurs plutôt réussie mais qui n’égale pas les cimes atteintes par le génial Kingsman.

Gilles Hérail

Spy, une comédie d’espionnage américaine de Paul Feig avec Melissa McCarthy et Jason Statham, durée 2h05, sortie le 10/06/2015

Bande-annonce et visuels officiels.

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