Cinema

L’Ombre d’Emily : Kendrick et Lively se donnent la réplique dans un thriller aux allures de comédie

L’Ombre d’Emily : Kendrick et Lively se donnent la réplique dans un thriller aux allures de comédie

24 septembre 2018 | PAR Antonin Gratien

Pour son neuvième film, Paul Feig s’essaie tout en humour au genre du thriller avec « L’Ombre d’Emily », une adaptation cinématographique du roman de Darcey Bell : « Disparue ». Un long-métrage qui parvient à faire rire tout du long, mais échoue systématiquement à captiver.

Stephanie Smothers (Anna Kendrick) et Emily Nelson (Blake Lively) sont toutes deux mères de famille trentenaire. Et c’est au premier abord leur seul point commun. Sans grande nuance, les deux actrices campent dans des rôles-types diamétralement opposés. Alors qu’Anna Kendrick incarne une sainte-nitouche étriquée mais pleine de ressources, Blake Lively se poste en impératrice du badass féminin au talon d’Achille particulièrement sensible.

Contre toute attente (vraiment ?), les deux femmes se lient rapidement d’amitié. La rencontre choc entre leur mode de vie, leur style vestimentaire et leur tempérament sera un véritable running gag. Sur ce point, Paul Feig fait mouche. Quoique la machine soit déjà bien connue des spectateurs, ces scènes de malentendus et de maladresses sont d’une efficacité parfois surprenante – grâce en soi rendue à l’interprétation très réussie d’Anna Kendrick.

Cette étrange idylle entre les deux mères devenues meilleures copines et leurs fils déjà meilleurs amis est mise en péril par la disparition soudaine d’Emily Nelson. Alors que les jours passent, Stéphanie Smothers décide de mener l’enquête de son côté en rapportant le tout sur un vlog culinaire aussi ridicule qu’égayant. Au fil de ses recherches, l’investigatrice de fortune sera amenée à en apprendre plus sur celle qui, par-delà son inénarrable trash cool, se révélera porteuse d’un lourd passé.

Qu’on se le dise, il y a décidément quelque chose de Desperate Housewives dans le dernier film de Paul Feig. Et ce tant dans le choix de l’intrigue de quartier qu’au niveau de l’esthétique léchée des pavillons bourgeois états-uniens, en passant par des enchaînements de twists aussi éculés qu’invraisemblables.

De fait, l’ensemble du film se repose sur un certain nombre de caricatures mille fois vues qui seraient franchement lourdes si l’humour n’était pas aussi bien dosé. Sans même parler des deux rôles principaux : flic intrusif, voisins avides de commérage, mari-parfait-mais-en-souffrance-quand-même, grand-mère démente… L’histoire souffre, elle aussi, d’un manque d’originalité tel que Paul Feig ne réussit jamais à mettre en place un authentique suspens, et encore moins à nous surprendre. Pour un thriller inspiré de la filmographie d’Hitchcock, selon les dires du réalisateur, c’est évidemment problématique.

Malgré le manque d’épaisseur des personnages, une fin à rallonge, et un scénario à l’amertume du déjà-vu, L’Ombre d’Emily reste un film très plaisant, à la BO résolument frenchie et aux plans soignés. Un vrai rafraîchissement. Du moment que l’on est bien conscient d’aller voir une comédie et non pas un thriller dramatique, tout du moins.

En salles le 26 septembre.

Visuel : affiche officielle

« Tendresse à quai », une délicieuse histoire sans queue ni tête
« Chuck Steel, Night of the Trampires » de Mike Mort : un hommage aux buddy movies [critique]
Antonin Gratien

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *