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Le festival de littérature contemporaine fait « Effractions » au Centre Pompidou

Le festival de littérature contemporaine fait « Effractions » au Centre Pompidou

28 février 2020 | PAR Zoé David Rigot

Après le festival international Cinéma du réel, la Bibliothèque publique d’information (Bpi) qui se trouve dans le Centre Pompidou inaugure cette année la première édition de son festival de littérature contemporaine !

Le festival ouvrait hier, et Toute La Culture est allée y faire un tour afin d’en percevoir les premiers frissons. En se frottant les mains, haletant·e, on descend au niveau -1 du Centre Pompidou, où tout est installé comme dans un vrai festival : un stand où l’on peut prendre un café, une table où sont déposés les programmes et tous les ouvrages des auteur·e·s présent·e·s, à consulter sur place. Dans la petite salle sombre en bas des escaliers à gauche, on peut s’affaler sur des gros poufs confortables pour écouter « les lectures électriques ». Afin de composer ces lectures, l’équipe d’artistes a tiré ses extraits de textes de recueils de poésie, de fictions, d’essais, et pamphlets pour élaborer le CORPUS#Réels. En faisant entendre la littérature contemporaine sous toutes ses formes, ce corpus stimule nos sensations auditives, convoque notre imagination et permet de faire l’expérience vacillante des troubles frontières entre réel et fiction…

Parce que c’est cela que veut questionner le festival. Les effractions dans le réel, les effractions dans la fiction. Comment, par l’écriture, l’auteur·e questionne le monde, le convoque ? Si la réalité est écrite, est-elle toujours réelle ? La fiction s’insinue dans tous les discours, dans le quotidien, elle danse sans cesse avec un réel qui tend à éclaircir. Comme le disait si bien Faulkner, écrire est comme craquer une allumette au cœur de la nuit en plein milieu d’un bois, ainsi la littérature sert seulement à mieux mesurer l’épaisseur de l’ombre… Les trente-cinq invités du festival font effractions dans le réel en craquant des allumettes dans les nœuds sombres de l’actualité, en faisant bouillir les ingrédients de la réalité, les mots. Tous et toutes revendiquent une littérature hybride, entre fiction et non-fiction, où le je est altérité intime, où tout se mêle pour mieux se confronter et se questionner. Quel est ce monde contemporain, comment faire avec cette actualité ? Entre journalisme narratif, essais de fiction, non-fiction narrative et fiction anthropologique, tous ces livres choisis interrogent les situations sociales qui résonnent sans trêve dans le monde.

Il faut faire confiance au réel, disait hier un des auteurs présents : si on l’apprivoise, lentement, avec douceur, on peut apprendre à jouer avec lui, et à mieux le comprendre. C’est à ces réflexions que le festival nous invite – asseyez-vous, installez-vous, et attachez vos ceintures. C’est le moment d’observer les quotidiens, les recherches de chacun·e·s, et de risquer un saut dans l’expérience du monde hors de sa banalité. Il est intéressant d’avoir une multitude de points de vue, de se souvenir de la diversité et d’emprunter des pas légers dans le labyrinthe des langues, de penser le non-humain, de fabuler la fin du monde (Jean-Paul Engélibert), de multiplier les regards et les oreilles.

Lors de ce festival, il sera donc possible de rencontrer des auteur·e·s, sociologues et anthropologues, ethnologues et illustrateurs.trices, historien·n·e·s, musicien·n·e·s, tell·e·s qu’Arno Bertina, Marie Cosnay, Éric Chauvier, Maylis de Kerangal, Sylvain Pattieu, Nastassja Martin, Amandine Dhée, Régis Jauffret, Olivia Rosenthal, Laurent Binet, Mona Chollet, et bien d’autres… ainsi que les étudiants du Master II de création littéraire de Paris 8 – qui organisent des karaokés littéraires et lectures diverses. Il y aura des discussions autour de l’exploration du monde, de la famille, du fait d’écrire après #Metoo… tables rondes, regards croisés, conférences… un prix « Effractions » sera remis le dimanche, soutenus par la Société des Gens de Lettres.

Aussi, des lectures seront proposées en langue des signes françaises – et le festival fera pétiller différents lieux, organisant aussi des collaborations entre auteur·e·s, écoles et lycées, et développant des projets avec des détenus.

Le programme est à décortiquer attentivement, car il s’en passe, des choses.

Tous les événements sont gratuits et en libre accès à la limite des places disponibles (il est bon d’arriver en avance) – et cela ne dure qu’un weekend !

Festival à partir du jeudi 27 février au 1er mars.

Vendredi 28 février : de 14H à 20H

Samedi 29 février : de 12H à 20H

Dimanche : de 12H à 19H.

 

Visuel : affiche du festival.

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Zoé David Rigot

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