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Cannes, jour 7 : le kitsch raté de Liberace, la jolie surprise des Châteaux en Italie, Claire Denis évasive et quelques grigris de nuit

Cannes, jour 7 : le kitsch raté de Liberace, la jolie surprise des Châteaux en Italie, Claire Denis évasive et quelques grigris de nuit

22 mai 2013 | PAR La Rédaction

Malgré le retour du soleil, le poids de la fatigue commence à se sentir sur la Croisette, et c’est les yeux plutôt ensommeillés que la presse s’est laissée saisir par les couleurs saturées du portrait de Liberace par Soderbergh « Behind the Candelabra ». A l’image de son titre un peu branquignole, le deuxième film réalisé par Soderbergh cette année n’a pas touché le public. Malgré une mise en scène foisonnante et un casting cinq étoiles, le huis clos passionné entre la star vieillissante et son jeune protégé n’était absolument pas crédible. D’un maniérisme frisant l’hystérie, Michael Douglas était simplement ridicule en vieille folle chauve et manipulatrice. Et malgré tous ses efforts, Matt Damon n’a pas su nous convaincre qu’il avait d’autres sentiments qu’un profond dégoût pour le corps aussi viril que flétri du héros de « Liaison Fatale ».

Deuxième film de la matinée et rattrapage d’hier, « Un château en Italie » est la très jolie surprise de la journée. Actrice de théâtre et de cinéma de plus en plus merveilleuse, Valeria Bruni-Tedeschi sait aussi de mieux en mieux raconter sa drôle de vie de château ou de parisienne depuis l’autre côté de la caméra. Après l’avoir vu et avoir passé un beau moment d’émotion avec ses excellents acteurs, on sait pourquoi ce troisième métrage de Bruni-Tedeschi a toute sa place en compétition.

Après un déjeuner sur le pouce (mais assis, quel luxe !) en plein soleil, nous sommes passées du côté de la sélection d’ « Un certain regard », avec la projection du très attendu « Les salauds » de Claire Denis. Avec un joli casting mené tambour battant par Vincent Lindon et une intrigue qui commence très fort, le film s’essouffle dans la suggestion nébuleuse d’un message dont il n’accouche pas. Dommage, les images toujours belles de Claire Denis, sont ici d’une grisaille magnifique d’où l’on pensait jusqu’au bout voir émerger un propos fort.

La soirée s’est poursuivie avec une agréable beach party au pavillon américain. Groupe de jazz face à la mer dans les derniers rayons du soleil, débats à battons rompus sur les films, buffet de légumes et fruits frais et découverte de magnifiques cocktails à base d’une vieille boisson respectueuse de l’environnement, sodastream. Pas de bouteilles jetables pour cette dernière mais des bidons design impressionnants et colorés (photo) Délicieusement sucré le « Dorchester sisters » nous a donné un peu de peps pour le denier film de la soirée.

Projection très calme au cœur nocturne du Palais pour le seul film africain en compétition, « Grigris » de Mahamat-Saleh Haroun. Histoire d’un jeune danseur en quête de fortune et d’amour, ce conte un peu cruel sublimé par la photo aux mille couleurs et brillances et par la beauté des acteurs valait vraiment le détour. Une des jolies pépites de la journée.

Yaël Hirsch et Edwige de Montalembert

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La Rédaction

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