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Cannes, jour 10 : James Gray et son « immigrant », l’Iran cannibale de Rassoulof, Gallienne triomphe à la Quinzaine et Jarmusch est plus fort que Twilight

Cannes, jour 10 : James Gray et son « immigrant », l’Iran cannibale de Rassoulof, Gallienne triomphe à la Quinzaine et Jarmusch est plus fort que Twilight

25 mai 2013 | PAR Yaël Hirsch

La journée a commencé par une histoire belle et triste : celle de “The immigrant” de James Gray. L’immigrante en occurrence est Marion Cotillard, endossant le rôle d’une jeune-femme polonaise débarquant à New-York pleine d’espoir et très vite exploitée par une société sans merci, et notamment par l’imprésario/macro que joue Joaquin Phoenix. Mais quand le juif macro s’éprend de la misérable réfugiée fervente catholique, le nouveau monde peut espérer trouver une rédemption. Un James Gray très personnel, tiré de cartes postales de famille qui offre une fresque précise, juste, bien jouée et historique, mais à l’image de sa photo, peut-être un peu terne.

Profitant du grand soleil de la matinée pour traverser la Croisette, nous sommes allés au Miramar rattraper l’un des films primés à la semaine de la critique : « Le démantèlement » de Sébastien Pilote. Un film fort et terriblement bien filmé sur un éleveur d’agneaux qui vend sa ferme pour subvenir aux besoins de ses filles. Avec dans le rôle principal un Gabriel Arcan absolument bouleversant.

Nous avons profité du début d’après-midi pour proposer quelques pistes pour le palmarès de samedi soir. Un pronostic qui correspond aussi beaucoup à nos impressions et à nos souhaits.

A 16h30, dernière projection pour un certain regard en Debussy avec le film de Mohammad Rasoulof, « Les manuscrits ne brûlent pas », dénonçant très directement la loi du silence imposée par la République islamique aux intellectuels de son pays. Mettant en scène un écrivain torturé pour avoir écrit un livre et également le livre qu’il écrit, le film est tourné à 95 % dans des intérieurs menaçants (maison ou voiture) qui font sentir toute la pression existante.

A 19h30, nous avons pu assister à la cérémonie de clôture de la Quinzaine des réalisateurs. C’est sans chichis que C. Richard et J. Weintraub ont appelé les différents jurés à remettre leurs prix. Malgré l’absence des deux principaux lauréats, Guillaume Gallienne (sur les planches) et de Clio Barnard (repartie), la cérémonie a été festive et incisive, avec un joli moment d’émotion quand tous les réalisateurs présentés lors de cette édition et encore à Cannes sont montés sur scène pour accueillir Yolande Moreau, Pippo Delbono, Candy Ming et Jacky Berroyer venus présenter le film de clôture, Henry. Histoire d’un veuf (l’épouse subitement décédée est jouée par Lio) d’origine italienne tenant un restaurant à Charleroi, « Henri » met en scène sa solitude et sa rencontre avec une jeune femme handicapée mentale qu’il engage pour l’aider au travail. Malgré la très jolie performance de Pipo Delbono et certaines images touchantes, le film traîne en longueur, et sous prétexte d’être « populaire » « Henri » trimbale des clichés et des grossièretés sur un sujet délicat. On attendait beaucoup plus de la part de Yolande Moreau.

La soirée s’es terminée au cœur du Palais du festival pour la projection nocturne de l’avant-dernier film en compétition, « Only lovers left alive » de Jim Jarmusch. Délire bleuté sur la vie d’Adam et Eve, vampires cultivés bien dans leur siècle, le film est d’une légèreté et d’une beauté qui ont clôturé très agréablement notre dernière journée pleine à Cannes.

En effet, ce samedi 25 mai, nous voyons le dernier film en compétition « Venus à la fourrure » de Polanski et quittons Cannes, de belles images plein la tête et la mission accomplie d’avoir vu et chroniqué tous les films de la compétition ! Nos impressions sur le Palmarès, ce soir !

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QUINZAINE: LES APACHES, FILM SANS CONCESSION SUR LA JEUNESSE CORSE
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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