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Barbara Carlotti : « Le Champs-Elysées Film Festival est un festival audacieux, chic et courageux »

Barbara Carlotti : « Le Champs-Elysées Film Festival est un festival audacieux, chic et courageux »

02 juin 2020 | PAR Kevin Sonsa-Kini

Le Champs-Elysées Film Festival entamera sa neuvième édition le mardi 9 juin. Il accueille cette année l’artiste Barbara Carlotti. La chanteuse livrera une performance musicale de chez elle. Elle est également l’ambassadrice de la nouvelle section « Musique et Cinéma » qui comporte une sélection de quatre courts-métrages dont le sien intitulé Quatorze ans. Ce court métrage, qui raconte les souvenirs de son adolescence, sera projeté durant la semaine du festival. La chanteuse fait par ailleurs partie du jury courts-métrages présidé par la réalisatrice et photographe, Marie Losier

A une semaine du coup d’envoi des Champs-Elysées Film Festival, Barbara Carlotti se confie à Toute la Culture. 

Propos recueillis par Kevin Sonsa-Kini 

Comment avez-vous été approchée pour participer à l’édition 2020 du Champs-Elysées Film Festival ? 

C’est Justine Lévêque qui m’a contactée avec enthousiasme après avoir vu mon court-métrage  / comédie musicale Quatorze ans et qui m’a proposé non seulement de programmer mon film dans le cadre de l’édition 2020 du festival mais également de faire le concert d’ouverture et d’être jury dans la catégorie court-métrage. J’étais ravie de cette triple invitation. 

Que représente ce festival pour vous ? 

J’avais suivi la belle programmation cinéma et musique du festival les années précédentes, avec ses invités prestigieux comme Kyle MacLachlan et des lieux de concerts magiques où j’ai pu voir des groupes comme Zombie Zombie. Le festival présente des films et des cinéastes indépendants français et américains originaux qui sortent des sentiers battus du mainstream. C’est un festival audacieux, chic et courageux qui représente pour moi un pan de la contre-culture actuelle.

Vous allez ouvrir le bal avec un showcase que vous donnerez le mardi 9 à 19h. Quelles sont les chansons que vous allez interpréter ? 

Je suis ravie d’ouvrir le festival avec des chansons de mon dernier album Magnétique (sorti le 30 mars 2018) mais aussi la chanson phare et éponyme de mon film Quatorze ans et quelques chansons issues de mon précédent album L’amour, l’argent, le vent (sorti le 5 mars 2012). J’avoue que retrouver enfin mes musiciens après trois mois sans concert en groupe me réjouit particulièrement durant cette période très inquiétante pour la culture, alors que les salles de concerts ne peuvent toujours pas rouvrir. C’est une période très dure pour le monde de la culture et je remercie le Champs-Elysées Film Festival d’avoir maintenu sa programmation en ligne…

Cette édition se déroulera dans des conditions un peu particulières car elle se fera en ligne avec des artistes qui se produiront uniquement de chez eux. Ce n’est pas frustrant pour vous de ne pas venir chanter sur place avec un public ? 

Si, bien sûr ! C’est même particulièrement étrange de ne plus être en contact direct avec le public. L’énergie et la vibration qu’on partage dans les contacts live est unique. Ce partage vibratoire est une composante essentielle pour les artistes et le public, ça me manque beaucoup, à moi ainsi qu’à mes musiciens. J’ai eu une dizaine de concerts annulés depuis mars. En attendant de retrouver les salles de cinéma et de concert, il est très important de ne pas nous taire et de ne pas disparaître. Les réseaux, les écrans sont particulièrement utiles pour maintenir ce lien mais il ne faut en aucun cas que cela devienne une règle. Tout l’entourage des artistes est en souffrance et je pense aussi beaucoup à eux, également. 

« En attendant de retrouver les salles de cinéma et de concert, il est très important de ne pas nous taire et de ne pas disparaître » (Barbara Carlotti) 

Cette année, le Champs-Elysées Film Festival se propose d’unir les deux arts : la musique et le cinéma, avec une section « Musique et Cinéma » dont vous êtes l’ambassadrice. Pouvez-vous m’expliquer en quoi celle-ci consiste ? 

La musique est une composante essentielle du cinéma, on connait les relations mythiques des réalisateurs et des compositeurs de musique de film : Lynch/Badalamenti ou Hitchcock/Bernard Hermann ou encore Fellini/Nino Rota, pour n’en citer que quelques-uns. Mais il y a aussi toute une part du cinéma où la musique est au centre du propos et la comédie musicale est un genre. Il semble que, depuis quelques années, il y ait un regain d’intérêt pour la comédie musicale et le film musical. La section musique et cinéma du Champs-Elysées Film Festival est donc particulièrement appropriée pour l’édition 2020 et c’est le miroir d’une tendance qui s’affirme aussi dans le cinéma français depuis quelques années. 

Durant ce festival, votre comédie musicale intitulée Quatorze ans sera projetée. De quoi s’agit-il et comment l’avez-vous conçue ? 

Il s’agit d’un teen-movie pop estival dans la montagne corse. Les aventures relatées dans ce film sont portées par un souvenir de mon adolescence, une épiphanie que j’ai vécu l’été de mes 14 ans alors que je faisais le mur avec ma sœur et ma cousine pour sortir dans l’unique boîte de nuit du centre de la Corse, à la fin des années 1980. La musique qui unit les personnages à la nuit et les sons de la nature donnent au film sa qualité fantastique. Ma comédie musicale est une plongée dans cette mémoire à la fois historique et ancestrale à travers l’extrapolation de ma chanson Quatorze ans qui figure sur mon album L’Amour, l’argent, le vent. J’y conte cet épisode inaugural de mon adolescence, la découverte de la sexualité, de la danse, d’une certaine musique Synthpop et New Wave dans la montagne corse qui recèle des croyances et des vibrations surnaturelles. Tout le film s’organise autour de l’idée de la chanson comme vecteur émotionnel. 

La bande-annonce du court métrage « Quatorze ans » de Barbara Carlotti 

J’ai mis six ans à écrire ce projet et j’ai eu la chance d’avoir une équipe formidable pour faire mon film. D’abord, une directrice de casting hors pair, Julie Allione, qui est corse également et qui comprenait intimement l’idée de mon film pour avoir vécu des expériences analogues à l’adolescence. On a fait un grand casting sauvage pour trouver trois actrices adolescentes merveilleuses (Théoline Lanckriet, Jeanne Patronik et Marilou Lopes Benites) qui portent le film avec toute leur spontanéité, leur beauté et leur talent, mais aussi deux beaux garçons (Mikael-Don Giancardi, Mickaël Migliorini) qui apportent leur présence mystérieuse et débonnaire. J’ai travaillé avec une équipe technique géniale (image : Thomas Letellier/étalonnage: Yannig Willmann) qui a su rendre à la Corse ses couleurs surnaturelles et toute sa beauté. Nous avons tourné dix jours en Corse avec une équipe largement féminine dont Camille Servignat, assistante à la réalisation et Julia Collin, scripte. Au final, mon film est très proche de ce dont je rêvais il y a 8 ans quand je me suis lancée dans cette aventure. 

Visuels : © Elodie Dagain 

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