Cinema
Katia Bayer nous parle du 3e Festival Format Court et de son parrain, Swann Arlaud

Katia Bayer nous parle du 3e Festival Format Court et de son parrain, Swann Arlaud

22 novembre 2021 | PAR Yaël Hirsch

Du mardi 23 au dimanche 28 novembre 2021, la 3e édition de Format Court a lieu au Studio des Ursulines. Avec 11 séances, 5 programmes de compétition, et 5 thématiaues, cette cuvée 2021 est parrainée par Swann Arlaud, qui en fait l’ouverture en quatre films. Katia Bayer, rédactrice en chef de Format court et fondatrice du festival, nous parle du festival et de son parrain.

Bande annonce Festival Format Court 2021 from Format Court on Vimeo.

Quel est le premier film que vous avez vu avec Swann Arlaud ? A quelle occasion ?

Aïe, je n’ai pas la réponse à la première question ! Ça commence bien ! Je suis allée sur Wikipédia pour vous répondre. J’ai vu Swann Arlaud dans Les Anarchistes, Petit paysan, Une vie, Perdrix… Je me souviens assez bien de lui aussi dans des courts : Alexis Ivanovitch vous êtes mon héros de Guillaume Gouix, Goliath et L’aventure atomique, deux courts de Loïc Barché, Gros chagrin de Céline Devaux, … Je finis Grâce à Dieu, on est dimanche, le festival commence mardi. Si je ne me souviens pas du premier film, je me souviendrai bien du dernier, assurément !

Comment lui avez-vous parlé pour qu’il soit parrain du festival ? Quel est le rôle du parrain ?

Avant d’être un festival, Format Court est un média. Cela fait 13 ans qu’on repère les bons réalisateurs et films. On avait chroniqué Venerman, le court que Swann Arlaud avait co-réalisé avec sa mère, Tatiana Vialle au moment de sa diffusion au festival de Brest. On avait déjà le Festival Format Court en tête. J’ai contacté Swann en lui envoyant le lien du papier et en lui proposant une interview autour du court. Il a accepté, autant vous dire qu’on a fait des sacrés bons dans tous les sens ! La rencontre était chouette, on s’est vu dans le lobby d’un hôtel à République. Les gens autour de nous ne savaient pas qui il était et lui demandaient si Swann, c’était asiatique. C’était absurde. Il a pris le temps, on a discuté. Je lui ai proposé le parrainage de notre festival, un projet qui devait accompagner les 10 ans de Format Court. Il n’était pas libre, il était en tournage à nos dates mais il m’a proposé de contacter Damien Bonnard, un acteur alors méconnu du grand public au talent fou. Je connaissais Damien par ses nombreux courts. Il avait déjà joué dans le court de Ladj Ly intitulé lui aussi Les Misérables et venait de tourner dans le long, un projet qui allait “faire parler de lui”. Damien Bonnard est devenu notre tout premier parrain aux côtés de Philippe Rebbot qu’on avait contacté à la même période. L’année d’après, j’ai recontacté Swann qui tournait à nouveau (Maïmouna Doucouré nous a soutenu pour le coup). A chaque fois que je croisais Swann, je lui parlais de notre festival. Et cette année, ça a enfin pris. Le rôle du parrain, c’est de donner de la visibilité à un projet tout jeune qui doit trouver ses marques et sa place dans la surabondance des événements culturels. Le parrain soutient un projet auquel il croit et accepte d’y être associé le temps nécessaire. Un parrain comme Swann Arlaud, c’est un signal donné au grand public et à la profession aussi. Les gens l’apprécient et nous, on a senti qu’il aimait bien le court, du coup, ça en fait un bon parrain.

On a l’impression qu’il ne s’est jamais arrêté de tourner des courts-métrages même après le succès de Petit paysan; est-ce vrai et est-ce un genre qu’il affectionne particulièrement ?

Oui, ce que je trouve particulièrement intéressant avec des acteurs comme Philippe Rebbot, Damien Bonnard ou encore Swann Arlaud, c’est leur intérêt pour des projets costaux comme des films plus confidentiels. Les courts en font partie. Ces acteurs pourraient ne s’intéresser qu’aux cinéastes confirmés mais non, ils accordent leur confiance à des jeunes réalisateurs.trices qui en sont à leurs premiers courts. Après, il y a bien entendu l’histoire, les enjeux, la vision des auteurs qui entre en ligne de compte. Swann Arlaud a commencé par la télévision mais il s’est retrouvé à un moment à faire des courts-métrages. Il a voulu en réaliser, il en a déjà fait quelques-uns : on montre justement Venerman. Il apprend comme d’autres le métier et les défis de la réalisation, mais je trouve intéressant d’accompagner cette étape à Format Court. Forcément, c’est pertinent de le voir en tant qu’acteur évoluer, grandir, vieillir, tomber amoureux, tenter de nouvelles choses. C’est pour cela qu’on montre 4 facettes différentes d’Arlaud, 3 comme acteur, 1 comme réalisateur.

Pouvez-vous nous parler de son travail avec Loïc Barché qui est extrêmement élaboré et réussi?

A Format Court, nous avons repéré Loïc Barché il y a un moment. Nous avons diffusé le court-métrage Goliath il y a quelques années dans le cadre d’une table ronde autour des chaînes de télévision. Loïc commençait à faire des films avec Punchline Cinéma, une jeune boîte de production. Ensuite, on a diffusé L’aventure atomique, qui a remporté le Prix du scénario l’an passé à notre festival. Voilà un bon exemple d’accompagnement. Loïc et Swann ont déjà fait 2 courts ensemble, ils vont travailler sur le premier long de Loïc, qui est en cours d’écriture. D’ici quelques années, la presse et le public s’intéresseront à Loïc Barché comme ils le font actuellement avec Vincent Cardona, Maxime Roy ou Elie Grappe dont les premiers longs sont actuellement en salles. Nous, comme les autres acteurs du court, on entend parler de ces auteurs bien plus tôt grâce au circuit des festivals et aux relations qu’on a avec d’autres programmateurs. Je suis très curieuse de voir la direction que prendra Loïc d’ici quelques années. En attendant, je suis ravie de pouvoir reprogrammer Goliath et d’inviter à nouveau Loïc en salle à notre ouverture mardi soir dans le cadre du “focus Swann Arlaud” en compagnie d’autres auteurs comme Céline Devaux dont nous avons soutenu tous les courts et qui travaille aussi sur l’étape d’après, celle du long.

Quelle séance attendez-vous le plus dans cette 3e édition de Format Court ?

A vrai dire, toutes les séances, autant la compétition que les séances thématiques. Ce qui est agréable avec ce festival, c’est qu’on se fait vraiment plaisir. On peut passer du Truffaut comme des films auto-produits, du Solveig Anspach comme des nouveaux regards suédois. En tant que programmatrice, j’aime bien l’idée de pouvoir montrer des films très vus au même titre que des films plus rares comme Enfants des courants d’air d’Edouard Luntz, un réalisateur dont j’ai découvert l’existence il y a quelques mois, qui fut enfant caché pendant la guerre, qui est à l’origine du final cut et que nous programmons dans notre focus dédié à l’Agence du court-métrage. L’an passé, notre festival est devenu gratuit et virtuel. En deux semaines, toute notre programmation est passée de la salle à la toile, car le Covid bloquait tout. On espère que les gens retourneront en salle pour voir les 52 films qu’on a choisis et qu’on aime, on espère qu’ils accueilleront avec enthousiasme la soixantaine d’invités qui feront le déplacement pour l’occasion. Outre les pros qui prendront le RER pour nous rejoindre, on attend des réalisateurs, directeurs artistiques et monteurs de Belgique, de République tchèque, des Pays-Bas, de Suède, de Suisse…

La plupart des films seront accompagnés de rencontres avec les équipes, on a beaucoup œuvré dans ce sens. On savait qu’il y aurait un embouteillage à la rentrée, on constate une baisse de fréquentation des salles, mais néanmoins, on espère que le public sera au rendez-vous, qu’il surmontera le froid (on a de la chaleur humaine à distribuer) et qu’il reviendra jour après jour, séance après séance nous voir. A Format Court, on a eu envie, il y a 3 ans, de monter un festival cinéphile et populaire, à taille humaine et généreux. Pour notre troisième édition, ça n’a pas changé. Le court et les rencontres nous stimulent toujours autant.

Pour lire le magazine Format Court, c’est ICI.

Pour en savoir plus sur la programmation du Festival Format Court, c’est LA. 

visuel (c) Affiche du Festival

 

La playlist qui commence petite
Un dimanche au festival des Œillades à Albi !
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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