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[Article partenaire] « Les Révoltés », un premier long-métrage plein de sève en salles le 15 juillet

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07 juillet 2015 | PAR Yaël Hirsch

Mise à l’épreuve d’un jeune ouvrier d’aujourd’hui, le premier film de Simon Leclère a séduit plusieurs festivals sous le titre Après la Bataille. Si l’on a tendance à oublier que le monde de l’usine n’est pas si loin, à l’heure des aléas de l' »Uberisation » de nos sociétés, Les révoltés rappelle un ordre des choses encore tout proche. Revenant sans aucun manichéisme à la réalité du concept de « classe sociale », ce très beau premier film dresse le portrait intemporel d’une jeunesse en quête de repères.

Jeune homme de 19 ans qui ne s’est jamais projeté autrement que dans la continuité du monde de son enfance, Pavel (Paul Bartel, qu’on a vu dans Les géants de Bouli Lanners et Michael Kohlhaas d’Arnaud des Pallières) travaille à l’usine locale comme son père et son grand-père avant lui. De même qu’il n’imagine pas sa vie professionnelle hors du cadre de l’usine, même en CDD par nature précaire, de même il ne peut pas penser sa vie amoureuse hors de la flamboyante, Anja (Ségolène Rigot, étoile montante du cinéma français qu’on a découverte dans 17 filles et adorée dans Tonnerre, Lulu, Femme nue et La Belle vie). Mais Anja passe le bac, rêve d’une vie meilleure et fréquente le fils de celui qui a repris l’usine, en mettant pas mal d’ouvriers au chômage. Aprenant coup sur coup que sa mère a une aventure avec son supérieur de l’usine et que ce dernier l’a trahi, Pavel voit sa vie chavirer. Il tente alors de réconcilier les cabanes de l’enfance et un vrai plan de révolte pour réveiller la mobilisation des ouvriers qui se laissent manipuler avec résignation…

Plongeant ce qu’il reste au présent du monde ouvrier dans le paysage fabuleux des bords de Loire, Les révoltés suggère plus qu’il ne pointe du doigt. Magnifié par une photo sauvage, des plans aqueux qui régénèrent le regard et une musique très travaillée, ce film plein de sève et de vie se focalise pleinement sur le beau et jeune couple d’acteurs qui le porte. Dans les pas heurtés du personnages du Pavel, c’est le tonnerre de l’exploitation de l’homme par l’homme qui est évoqué, mais sans jamais perdre le fil de la complexité des relations inter-personnelles. En ce sens, le personnage d’Anja est particulièrement touchant : naïade trop dégourdie, elle est coincée entre deux mondes où la rage de vivre se heurtes à des corps de loyautés antagonistes.

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Jour2Fête. 

Les Révoltés, de Simon Leclère, avec Ségolène Rigot, Paul bartel, France, 2015, 1h20. Sortie le 15 juillet 2015. 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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