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[Critique] « Lulu femme nue », Solveig Anspach adapte avec sensibilité la crise de la quarantaine

[Critique] « Lulu femme nue », Solveig Anspach adapte avec sensibilité la crise de la quarantaine

21 décembre 2013 | PAR Yaël Hirsch

Après l’ambiance titi globalisé de Queen of Montreuil, la talentueuse Solveig Anspach retrouve Karin Viard, que sa collaboration avec la réalisatrice sur Haut les cœurs (1999) avait hissée jusqu’au césar, pour une adaptation de la BD d’Étienne Davodeau. Sensible et poétique, sur la crise de la quarantaine, Lulu femme nue est un film d’une grande douceur. Sortie le 22 janvier 2014.

[rating=4]

Lucie alias Lulu
(Karin Viard, sublime) est mère de trois enfants suffisamment grands pour qu’elle se risque à briguer un emploi, en dehors du garage que son mari tient, dans un petit village près d’Angers… Mais difficile d’être prise au sérieux quand on a jamais élevé la voix dans la vie. Sur un ratage de train et un coup de tête, la quadragénaire fait un break, en bord de mer et hors saison. Très vite, le macho de mari coupe la carte bancaire, si bien que Lulu se retrouve sinon à la rue, du moins sur la plage. Elle est recueillie par trois étranges frères qui surveillent le camping déserté et partagent avec elle les plaisirs simples de leur petit territoire. L’ambiance est propice à la renaissance du désir (avec un Bouli Lanners tendre et bourru), mais, retrouvée par sa sœur et son adolescente de fille, Lulu fuit encore : elle a besoin de temps pour faire le point. Sur une plage voisine, incognito, elle se lie d’amitié forte avec une vieille dame solitaire (Irrésistible Claude Gensac)…

Voyage initiatique dans la lumières de plages désertées, Lulu femme nue propose une tranche de vie extraordinaire, marquée de moments simples. Cette nouvelle adaptation de BD sur grand écran réussit avec succès à proposer un très beau portrait de femme. Dans un rôle inhabituellement doux et toujours très réservé, Karin Viard est lumineuse en femme qui opère un retour sur elle-même. En face d’elle, Bounni Lanners et Claude Genseac campent des personnages à la fois généreux et secrets, emplis, chacun à leur manière, d’une tendresse communicative. Un très beau film de tendresse et de quête personnelle en bord de mer, dont on ressort la sourire aux lèvres.

Lulu femme nue, de Solveig Anspach, avec Karin Viard, Bouli Lanners, Claude Gensac, Pascal Demolon, Philippe Rebbot, Marie Payen, Solène Rigot, Nina Meurisse, Corinne Masiero, Patrick Ligardes, France, 1h27, Le Pacte, sortie le 22 janvier 2013.

Visuel : © photo officielle du film

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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