Expos

MONET/FROMANGER : un premier dialogue inattendu.

MONET/FROMANGER : un premier dialogue inattendu.

28 mars 2019 | PAR Pierre-Lou Quillard

Alors que se poursuit la luminescente exposition sur « L’Orient des peintres », le musée Marmottan Monet inaugure ses premiers « Dialogues inattendus » entre peintres d’hier et d’aujourd’hui avec le regard multicolore de Gérard Fromanger, du 28 mars au 29 septembre 2019. 

 

A peine nous l’avions quitté hier, au « Festin » qui s’expose en ce moment sur l’esplanade de la Défense, que nous le retrouvons déjà, au cœur de ce temple dédié à la peinture de Monet, pour le vernissage d’une exposition qu’il partage avec le maître des lieux : « Monet/Fromanger : dialogues inattendus au musée Marmottan Monet ».

Au programme, retour sur la peinture de rue si caractéristique de l’œuvre de Fromanger et dont les scènes urbaines aux silhouettes colorées s’exposent au Centre Pompidou comme dans de nombreux musées d’art moderne et contemporain. 100 ans avant lui, Camille Pissarro, Gustave Caillebotte peignaient les allées pavées des grands boulevards parisiens et leurs passants. Un dialogue thématique entre les époques qui met surtout l’accent sur deux notions clés au cœur de cette exposition: celles de « filiation » et de « transmission ». Ces deux termes sont ceux de Marianne Mathieu, directrice scientifique du Musée Marmottan Monet, qui nous a expliqué les raisons de cette étonnante proposition. « Ce musée, commence-t-elle par rappeler, est une maison de collectionneurs. Ses collections ont toutes été offertes par des collectionneurs ». Selon elle, « il était normal d’ouvrir cette maison aux artistes » en leur permettant d’exposer et de questionner leur héritage pictural. Elle insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas pour le musée de devenir un musée d’art contemporain. Le musée proposera deux fois par an ces dialogues sur le temps long qui ont pour volonté de montrer que les artistes d’aujourd’hui entretiennent non seulement des affinités avec leurs aînés mais qu’ils dialoguent quotidiennement avec eux. Avec Gérard Fromanger poursuit la directrice, experte de son œuvre pour en avoir écrit une monographie en 2003, le dialogue existait déjà.

Partis donc sur l’idée du rapprochement dans le thème de l’urbain avec les œuvres de Caillebotte et Pissaro, Fromanger revient finalement quelques mois plus tard avec l’envie de rendre hommage à Monet en revisitant son emblématique Impression, soleil levant, chef-d’œuvre des collections du musée qui donna son nom au mouvement de l’impressionnisme, avec son point de vue du XXIème siècle. Depuis Monet, l’Homme a marché sur la Lune. Ses satellites ont quitté notre galaxie pour offrir une toute autre vision du soleil et de son système, de quoi nourrir l’imaginaire de Fromager qui réalise pour l’occasion une œuvre aux dimension impressionnantes (environ 2 mètres sur 3).

Enfin, troisième partie de cet écho artistique : les portraits de la série « Amis ». Les lignes folles et géométriques, tracées aux pastels, représentent les portraits de grands maîtres du XIXème : Gustave Caillebotte, Berthe Morissot, Claude Monet, Auguste Rodin, Paul Cézanne… Au centre, un autoportrait de Fromanger. Et la boucle est bouclée. Cette série illustre parfaitement l’idée de « compagnonnage » chère à la directrice et sera justement achetée par le musée pour en rejoindre les collections. De quoi terminer sur une jolie citation d’Albert Camus : « L’art ne peut être un monologue ».

A noter que le musée a également lancé une nouvelle série de catalogues d’exposition exclusivement dédiés à ces « dialogues inattendus » !

 

INFORMATIONS : 

EXPOSITION

Du 28 mars au 29 septembre 2019

TARIFS

Plein tarif : 12 euros
Tarif réduit 8,50 euros
Moins de 7 ans : gratuit

Retrouvez toutes les informations pratiques sur cette exposition. 

 

Visuels : 

1-Gérard Fromanger (gauche) et Patrick de Carolis (à droite), jounaliste et directeur du musée Marmottan Monet. ©Photographie Pierre-Lou Quillard.

2- Gérard Fromanger, Gérard (Autoportrait), série « Amis », 2019, pastels sur papier. ©Photographie Pierre-Lou Quillard. 

3- (à gauche) Gérard Formanger, Salon de thé, série « Boulevard des Italiens », 1971, Huile sur toile, Collection Michel et Martine Brossard ; (à droite) Gustave Caillebotte, Rue de Paris, temps de pluie, 1877, Huile sur toile, musée Marmottan Monet. ©Photographie Pierre-Lou Quillard.

A lire également, notre article : « Collections privées » au Musée Marmottan-Monet : chefs-d’oeuvre inconnus

Dessin contemporain à la Drawing Now Art Fair
Les vernissages de la semaine du 28 mars
Pierre-Lou Quillard

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *