Salons

Dessin contemporain à la Drawing Now Art Fair

28 mars 2019 | PAR Laetitia Larralde

Pour sa treizième édition, Drawing now nous invite à découvrir une pratique du dessin libre, créative et variée.

Le salon du dessin contemporain s’est ouvert aujourd’hui avec soixante et onze galeries de quinze pays différents, présentant plus de trois cents artistes. Il s’adresse à tous, artistes, professionnels, institutions et amateurs et propose un panorama varié du dessin aujourd’hui. Outre l’exposition, le public pourra assister à des rencontres avec des personnalités du milieu et des performances d’artistes tout au long du weekend.

Quelques tendances se dégagent de cette édition, comme par exemple le choix de supports anciens, que ce soit des cahiers d’école ou autres feuilles jaunies de registres, pour un résultat poétique avec les dessins de Felipe Bedoya (Adrian Ibanez Galeria).
Le découpage est présent lui aussi sous différentes formes, qu’il isole le trait de crayon dans une sculpture de papier chez Katharina Hinsberg (Galerie Werner Klein) ou vienne se superposer au support jusqu’à créer un paysage aérien de papier.
L’érotisme est évidemment présent, souvent cru, parfois purement anatomique.
La bande dessinée occupe une belle place dans le salon, avec trois stands. Loevenbruck a installé une sorte de terrasse à dessiner au milieu des dessins de Willem, Arnaud Labelle-Rojoux ou Vuillemin. Le pendant féminin se trouve sur le stand de la Huberty & Breyne Gallery avec des planches des géniales Catherine Meurisse, Aude Picault et Claire Bretécher, uniquement à l’encre noire, et pleines d’humour. La Galerie Martel est la plus spectaculaire, avec un mur entier dédié à Emil Ferris, autrice de Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, Grand prix d’Angoulême, aux côtés de grands noms comme Lorenzo Mattotti, Art Spiegelman, Brecht Evens ou Chris Ware.
On peut remarquer que le dessin au crayon à papier est toujours très présent, et souvent utilisé pour des représentations hyperréalistes, pour une démonstration de virtuosité technique à la frontière floue avec la photographie.

Le salon s’inscrit pour la deuxième année dans le Mois du dessin qui instaure des partenariats hors les murs et hors salon. On peut retenir par exemple le Goethe Institut et son exposition sur le dessin contemporain en Allemagne, l’Institut du Monde Arabe s’intéresse au dessin, à l’enluminure et la calligraphie du monde arabe et le Musée de la Chasse et de la Nature donne carte blanche à Mircea Cantor.

Si le salon fait s’interroger sur ce qu’est le dessin, ce qui le constitue, physiquement et conceptuellement, il démontre la vivacité de la pratique contemporaine, et une recherche sur le fond, la forme, le support et la matière.

 

Focus : Galerie 8+4

La Galerie 8+4 est originellement tournée vers l’édition multiple d’œuvres d’artistes internationaux. Loin d’un processus de simple reproduction d’une œuvre, le multiple vise à créer une série de variantes à partir d’une base commune que l’artiste retravaillera de différentes façons.

La Galerie expose deux artistes sur son stand, Philippe Favier et Claire Trotignon. Recouvrant presque la totalité de l’intérieur du stand, Philippe Favier expérimente le dessin au papier carbone. Une feuille carbone posée sur son papier blanc, il dessine à l’aveugle ses motifs inspirés de la nature et ses personnages. Il rajoute ensuite des touches d’aquarelle, des fils de la même couleur que le carbone, des petits gaufrages, pour un résultat tout en finesse et poésie ludique. Tous encadrés dans des cadres dorés chinés, le mur rappelle un cabinet d’arts graphiques.

Claire Trotignon travaille à partir de gravures anciennes découpées qu’elle recompose dans des paysages imaginaires flottants rehaussés de couleurs et motifs géométriques. Ses collages jouent sur l’épaisseur des papiers, le rapport plein/vide, les oppositions de textures des gravures et des aplats.

 

Drawing now art fair / Paris
Du 28 au 31 mars 2019
Le Carreau du temple – 4 rue Eugène Spuller – Paris 3

Visuels : photos L.Larralde. 1- Danica Phelps / 2- Emil Ferris / 3- Katharina Hinsberg / 4- Eleonore Deshayes / 5- Philippe Favier

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MONET/FROMANGER : un premier dialogue inattendu.
Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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