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La colère du monde culturel s’intensifie

La colère du monde culturel s’intensifie

25 mars 2021 | PAR Laura Rousseau

Une centaine de théâtres et de lieux culturels sont désormais occupés en France. Les artistes réclament encore et toujours la réouverture des salles de spectacles et des lieux de culture, fermés depuis le début de l’épidémie de Covid-19, et un soutien accru au secteur culturel.

Depuis le 4 mars, l’occupation du théâtre de l’Odéon à Paris par des manifestants, a inspiré un mouvement de protestation nationale dans une centaine de lieux de culture aux quatre coins de la France selon la CGT-Spectacle. La colère des intermittents et étudiants se répand en France. Et pour cause, depuis le 28 octobre 2020, les théâtres, cinémas, musées et salles de spectacle n’ont aucune visibilité de réouverture. Ainsi, les professionnels de la Culture réclament une seconde année blanche, le retrait des décrets gouvernementaux réformant l’assurance chômage, et la reprises des spectacles pour que les artistes et techniciens puissent reprendre le travail.

Des mesures inexistantes

Si des mesures ont été prises par le gouvernement dont un renflouement de vingt millions d’euros supplémentaires aux trente millions prévus pour le plan de relance de la culture, elles ne sont ni suffisantes, ni satisfaisantes. Matignon ne s’est pas décidé sur la poursuite d’une année blanche, en promettant seulement de faire un diagnostic de la situation. De plus, malgré la crise sanitaire, le gouvernement maintient ses plans pour de nouvelles réductions des allocations chômages. Une des seules réponses véritablement pertinentes a été de déroger au seuil du nombre d’heures travaillées. Le Conseil national des professions du spectacle que Roselyne Bachelot devait présider le 21 mars a été repoussé pour des raisons de santé. Elle était vivement attendue par les occupants, puisque cette réunion fait souvent l’objet d’annonces.

Un mouvement d’une plus grande ampleur chaque jour

Pendant ce temps, les soutiens se multiplient. Les discours lors de la 46ème édition des César, le 12 mars, ont exprimé leur solidarité au mouvement. Corinne Masiero s’était dévêtue, affichant sur son corps nu, les slogans écrits au marqueur noir « No culture, no future » et « Rends l’art, Jean ». A Toulouse, en soutien au mouvement, un théâtre avec ouvert ces portes, illégalement, le temps d’une représentation.

D’autres personnalités prennent la parole sur les réseaux sociaux, ou dans les médias manifestant leur soutien, et leur exaspération vis-à-vis de la situation. Julien Doré s’est exprimé au micro de RFM : »à quel moment on va considérer ce domaine comme profondément au bord du gouffre ? »

Le mouvement #Deboutlesfestivals a également vu le jour, sur Instagram avec pour but de dénoncer les restrictions gouvernementales communiquées en février qui leur imposeraient une limite de 5 000 spectateurs assis pour les festivals cet été. Benjamin Biolay a également pris la parole sur Instagram, en participant au mouvement. « Entendez-nous et tâchez de nous répondre Emmanuel Macron » « On ne sous-estime pas la dangerosité du virus et nous sommes capables d’organiser cela dans le respect des gestes barrières. »  a-t-il écrit visiblement énervé. »

En attendant, face au silence des représentants politiques, ce vendredi 26 mars marque une journée de colère et de manifestations dans les rues à Paris, à Grenoble, à Strasbourg ou encore à Pau, annoncée par la CGT-Spectacle.

Visuel : © Juliette Tomyn

 

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