Théâtre
Alice Laloy cherche et trouve le souffle au Nouveau Théâtre de Montreuil

Alice Laloy cherche et trouve le souffle au Nouveau Théâtre de Montreuil

22 janvier 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Alice Laloy devait présenter Death Breath Orchestra au Nouveau Théâtre de Montreuil là, maintenant. Les représentations sont annulées, mais comme les répétitions sont autorisées, les professionnels et les scolaires peuvent plonger dans cette uchronie cuivrée involontaire jusqu’au 26 janvier.

« Tout cela a été écrit avant le Covid. C’était de l’anticipation et c’est devenu presque de l’a posteriori »

N’est-ce pas fou ça ? Cette citation d’Alice Laloy est tirée du dossier de presse. S’il fallait encore une fois prouver que les artistes sont des visionnaires, c’est chose faite. Imaginez. Vous êtes face à l’irrespirable. Devant vous, c’est bouché. Un grand plastique laisse seulement apercevoir des ombres. Ces ombres sont étranges, elles semblent vivantes et mortes en même temps. Il faut s’y reprendre à deux fois pour comprendre que les musiciens sont doublés par des marionnettes. Oui, les musiciens, car pour la première fois, et c’est une commande du Nouveau Théâtre de Montreuil, Alice Laloy propose une pièce 100% musicale.

La puissance du souffle

Le décor pensé par la scénographe Jane Joyet est celui d’une fin d’un monde. Des tuyaux partout, des fenêtres bouchées. Et tout commence par une respiration, forte, étrange. Ils sont cinq vivants : au tuba, Fanny Meteier, à l’euphonium, Tom Caudelle, au trombone, Hanno Baumfelder, à la trompette, Jérôme Fouquet et au cor, Augustin Condat & Abel Huré en alternance. Mais ils sont 9 en réalité, quatre d’entre eux sont en pas de deux avec leur double en marionnette. Tout le spectacle est en soi une répétition, ce qui ne manque pas de charme en ce moment. Est-ce une fanfare? Finira-t-elle par jouer ? Au prix de quels sacrifices ?

Le trouble de la machine

Dans cet autre 1984, le monde est absurde. Les poupées et les humains se confondent, elles semblent respirer plus facilement que nous. Il y a des moments fous où on ne sait plus qui est qui dans cet orchestre d’un autre temps. Leurs vestes bordeaux à écussons les transforment en étudiants américains, et cela aussi ajoute à l’étrangeté de l’instant.

Dans ce spectacle sans parole il se dit beaucoup de choses sur l’urgence à pouvoir de nouveau respirer ensemble. Cela ne date pas du Covid, effectivement, cela parle autant de la situation écologique que de la pandémie finalement, mais nos yeux d’aujourd’hui ne sont pas en capacité de voir autre chose qu’une catharsis ultra réelle, alors que rien ne l’est sur cette scène, de notre état émotionnel.

Ce qui aurait dû être :

Nouveau théâtre de Montreuil – CDN du 19 janvier au 06 février 2021

Le T2G – Théâtre de Gennevilliers, dans le cadre de la Biennale Jeune et Très Jeune Public de Gennevilliers les 13 et 14 février 2021

Le Théâtre, scène nationale de Mâcon 12 mars 2021

 

Ce qui reste :

Les filages sont ouverts aux professionnels, dans le respect des règles sanitaires, auront lieu les jeudi 21, vendredi 22, lundi 25, mardi 26 janvier à 16h et samedi 23 janvier à 16h, salle Maria Casarès. Durée 1H10. Sortie de salle à 17H20.

Au Théâtre Jean Arp, Clamart, dans le cadre du festival Marto 16 mars 2021

Visuel : ©Jean Louis Fernandez

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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