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6 créations contemporaines pour la jeunesse au festival Odyssées en Yvelines

6 créations contemporaines pour la jeunesse au festival Odyssées en Yvelines

08 février 2022 | PAR Aminata Fofana

La treizième édition du Festival Odyssées en Yvelines conçu par le Théâtre de Sartrouville Yvelines CDN en partenariat avec le Département des Yvelines et les Territoires d’action départementale met en valeur la « petite forme » dans des créations pluridisciplinaires. Ouvert dès l’âge de 4 ans, Odyssées en Yvelines propose un programme de six pépites de la création contemporaine jouant jusqu’au 19 mars prochain.

 

Ce sont des créations pour l’enfance et la jeunesse qui toucheront également les adultes présents. Répondant à la règle du jeu, celle d’une petite forme, chaque spectacle met en avant un seul acteur avec des décors simples. Pour autant, ce sont six performances abordant le spectacle vivant sous toutes ses formes et émotions.

Bien sûr oui Ok 

L’ouverture s’est fait avec Bien sûr oui Ok de Nicole Genovese, joué par Flavien Bellec. Nicole Genovese est une auteure-metteure-actrice de théâtre tout public franco-finlandaise. Ecrire en direction de la jeunesse uniquement a été une sorte de difficulté pour elle qui considère le théâtre comme une réunion de la communauté sans considération du genre, culture, classe ou âge.Proposé à des collégiens (dès 11 ans), cette pièce est est la parfaite introduction au théâtre contemporain qui vous fait rire, réfléchir, savourer et s’évader. L’entrée du public se fait sur la surveillance d’un cerf un peu bébête qui fait la cuisine et entame une discussion. Flavien Bellec lance des réflexions sur notre société en faisant une pâte à génoise au chocolat, insinuant que nos différences sont comme les ingrédients de celle-ci.
Le jeu est très naturel, ponctué d’échanges amusants avec le public qui participe à plusieurs occasions. Et toujours plein d’humour, l’ultime revirement laissant le public choqué et confus..
Bien sûr ok se sont 45 minutes captivantes et agréables où l’on a même droit à une gourmandise de fin !

Dissolution 

C’est ensuite Dissolution de Catherine Verlaguet joué par Rachid Bouali et mis en scène par Julia Vidit. Catherine Verlaguet est une auteure-actrice de théâtre ayant beaucoup écrit pour Olivier Lettelier, notamment l’adaptation de Oh Boy ! de Marie-Aude Murail qui remporte le Molière jeune public en 2010. Ayant donc déjà une empreinte dans le spectacle pour la jeunesse, elle propose une alliance de poésie, conte et théâtre dans sa pièce, Dissolution

On se place dans le cadre de l’hôpital, un père et son fils vont rendre visite au grand-père proche de la mort. Le petit-fils ne l’ignore pas, il l’évoque même de manière imprudente.
Avant que le grand-père s’en aille, il nous conte faiblement une petite histoire, celle de « Tanpis ». Tanpis , c’est une personne qui n’ose pas franchir ses limites et qui s’en convient. Et on comprend vite la morale, et l’on se répète tous dans nos têtes « qu’est ce que c’est dommage, il faut essayer».
Alors, Dissolution, c’est le récit de la vie. C’est une belle approche de la perte, où parents et enfants ressentent l’émotion et font appel à leurs souvenirs personnels pour s’imprégner de l’idée que chaque proche ne disparaît pas, ils se dissout.

Et si tu danses

Et si tu danses, c’est le grand retour du Petit Poucet version XXIe siècle cette fois. Conçu par Marion Levy et écrit par Mariette Navarro, c’est Stanislas Siwiorek qui est sur le devant de la scène. Marion Levy est est une chorégraphe et danseuse qui collabore également pour des oeuvres théâtrales ou cinématographiques. Créant déjà des pièces pour la jeunesse depuis un petit moment, elle partage le plaisir de création avec le jeune public dans cette nouvelle pièce.

Maintenant grand, le Petit Poucet est donc devenu ramasseur de pierre, pour éviter de se perdre comme dans son enfance. Exerçant donc son activité, il se rend compte avec une pierre que c’est là ou son aventure a commencé, et il nous raconte.                  

Alternant donc texte et mouvements somptueux, on retrouve le Petit Poucet avec de nouvelles histoires, se perdant même au supermarché !Et dans un format interactif, il poursuit son histoire avec les enfants en leur demandant des éléments personnels et mouvements. L’atmosphère est conviviale et l’on se réjouit de voir qu’il intègre les nouveaux éléments avec brio à la chorégraphie initiale. A la fin, les enfants sont même invité à exécuter la chorégraphie qu’ils ont créée tous ensemble.

Puisque c’est comme ça je vais faire un opéra toute seule

Puisque c’est comme ça je vais faire un opéra toute seule est un spectacle de Claire Diterzi joué par AnaÏs de Faria. La compositrice et chanteuse Claire Diterzi a dans cette pièce relevé les deux défis d’une première création pour la jeunesse ainsi que son premier opéra pour une soliste. 

C’est l’histoire d’Anja, bien décidée à devenir LA plus grande compositrice, bien qu’on lui dit qu’il n’y a que des grands compositeurs.
Et Alors? Elle ne sortira pas de sa chambre tant que son opéra ne sera pas fini, nourrie par l’énergie de révolte et la musique. Elle nous attire dans son histoire, se montrant comme une protagoniste forte et incroyable, reconstruisant l’image que l’on se fait d’un héros.

C’est une jeune fille qui nous ouvre son cœur et déballe ses ambitions à grande voix, produisant des étincelles dès qu’elle se met à chanter. Puissante représentation artistique, elle est accompagnée de jolis éléments de décors lumineux plongeant les enfants dans un remake de leurs histoires préférés version girl power.

Jamais dormir 

Un mot d’ordre : Jamais dormir. C’est la pièce de Baptiste Amann, joué par Thalia Otmanetelba. L’auteur souhaite depuis qu’il est parent adresser un spectacle au jeune public, en plaçant le point de vue de l’enfant au cœur de la dramaturgie. Cette pièce n’est donc pas simplement un spectacle pour les enfants mais plutôt le récit fait par une enfant de 8 ans. 

Donc depuis sa naissance, Thalia, n’a jamais dormi. Pourquoi dormir alors qu’il y a tant à découvrir dans le monde de la nuit ?
Sur son lit couteau-suisse, elle s’adresse directement aux enfants en leurs disant de ne plus croire au complot des parents, et de la suivre pour découvrir les mondes engloutis. Le spectacle fait appel à l’imaginaire de l’enfant : « il faut le croire pour le voir » alors les événements déments qu’elle nous conte en traversant la porte des mondes engloutis, apparaissent clairement devant nos yeux.
C’est un moment super amusant où l’actrice ne manque pas d’humour et de cran, échappant au monde cruel des « mortelles » en s’évadant dans son univers.

Depuis que je suis né

La journée s’est terminée avec Depuis que je suis né écrit par David Lescot et joué en alternance par Louise Guillaume et Mirabelle Kalfon. L’auteur, metteur en scène et comédien bien connu du théâtre jeune public écrit pour la première fois en plaçant la vision du monde des enfants de 6 ans au centre de l’histoire.

C’est donc l’histoire d’un petit garçon de 6 ans qui veut faire comme sa grand-mère : écrire ses mémoires. Il est né dans une famille de musiciens et est entouré de plein de jouets musicaux. Il entreprend donc la fastidieuse écriture de ses mémoires sur son ardoise magique mais s’arrête après la phrase « je suis né ».

Et devant nos yeux, il reprend, avec musicalité sa vie depuis le ventre de sa mère jusqu’à maintenant. Le décor prend vie au fil de l’énonciation marrante et étonnement mature de sa biographie et il l’a fait ! Il a réalisé le grand projet de retranscrire son histoire. 

Rendez-vous jusqu’au 19 mars au Théâtre de Sartrouville pour profiter de ces spectacles réjouissants, plus d’informations sur la programmation ici

 

Visuels : © J-M Lobbé 

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Aminata Fofana

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