Danse
« Seconde Nature » : la danse de Fabrice Lambert portée par les éléments naturels

« Seconde Nature » : la danse de Fabrice Lambert portée par les éléments naturels

09 octobre 2020 | PAR Alice Martinot-Lagarde

Fabrice Lambert est de retour sur scène avec Seconde Nature, une chorégraphie à quatre corps poussée par les forces de la nature. Un spectacle à la fois troublant et sublime qui captive les sens, à voir au Théâtre des Abbesses du 15 au 18 octobre.

Au Centre Bords de Marne, le 6 octobre, c’est la première représentation de la saison mais on fête surtout les 40 ans de la salle. Pour ce rendez-vous spécial, Fabrice Lambert, qui y entame une résidence de trois ans, présente pour la première fois son nouveau spectacle avec son équipe, Seconde Nature. S’il y travaille depuis plus de deux ans, il fait particulièrement écho à nos besoins actuels : retrouvez un contact charnel avec notre monde.

Un spectacle « ciné-chorégraphique »

Dans cette idée, il construit un spectacle « ciné-chorégraphique » en collaboration avec Jacques Perconte. Cinéaste expérimental, il a conçu un décor unique qui va bien au-delà de son rôle d’arrière-plan grâce à des vidéos d’éléments naturels. Évidemment, le talent de Philippe Gladieux fait aussi partie de la création. Celui-ci travaille à la lumière des spectacles de Fabrice Lambert depuis longtemps pour créer sur scène une fascination du regard des plus intenses.

Ici, il interagit avec l’image pour révéler toute la dimension physique de la chorégraphie. Le tout fonctionne à merveille. Images, son, lumières et corps ne font alors plus qu’un pour transmettre toute la puissance des enjeux dont il est question. Une production aboutie qui réussit le lien entre tous les mouvements et mobilise les sens jusqu’à l’odeur quand les danseurs évoluent dans un écran de fumée. Il s’agit donc de ressentir ce qu’il se passe devant nous, de la même manière qu’il nous faut reprendre conscience de l’environnement précieux dont nous faisons partie. 

Une symbiose des éléments

Le spectacle débute lentement avec une découverte des corps. Avec une lampe, les danseurs découpent la vision pour nous montrer de quoi ils sont constitués. Dans une salle plongée dans un noir total, le regard suit frénétiquement la lumière sur les corps qui se plient et de déplient. Quand soudain, le rythme s’accélère et un orage éclate sur la scène. Tout y est pour créer une décharge et secouer les esprits. On l’aura bien compris, ce sont les forces de la nature qui vont guider le spectacle.

Pendant toute la représentation, les boums sourds et cadencés de la musique sous-tendent une ambiance cataclysmique que viennent tempérer les chorégraphes. Les quatre danseurs, en symbiose, dégagent une énergie ardente, et dans un réel jeu de fraternité, résonnent avec l’engagement du spectacle. La danse répond fabuleusement bien avec l’image et la lumière qui s’allient pour donner force aux mouvements et tandis qu’on retrouve tant de grâce dans le bouillonnement qui sévit sur scène et dans la chair. 

Le son arrive alors comme un dernier élément de tension. Comme un battement de cœur qui s’accélère jusqu’à l’arrêt cardiaque, le rythme fait trembler le sol de la salle jusque dans la poitrine et prend la tête du spectateur transporté. Il apparaît aussi comme un « tic tac » retentissant, un compte à rebours devant lequel nous ne pouvons plus reculer. Il n’est plus possible de contrer les éléments naturels, il n’y a plus qu’à se laisser emporter, car c’est là le dernier tour de force de la mise en scène de Fabrice Lambert, on ressent comme un besoin de lâcher-prise, inévitable. 

Seconde Nature de Fabrice Lambert, avec Fabrice Lambert, Hanna Hedman, Lauren Bolze et Vincent Delétang. Image et musique de Jacques Perconte. Lumières de Philippe Gladieux. 

Théâtre de la Ville / Théâtre des Abbesses du 15 au 18 octobre. 

Maison de la Musique de Nanterre le 20 novembre. 

Le Lux à Valence les 3 et 4 décembre. 

 

Visuel : © Alain Julien

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One thought on “« Seconde Nature » : la danse de Fabrice Lambert portée par les éléments naturels”

Commentaire(s)

  • ciossa

    Est ce du Pietragala? Ou du Ravel avec son Boléro? On en parlera.

    octobre 9, 2020 at 17 h 33 min

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