Pop / Rock

[Live report] Owlle à la Maroquinerie

[Live report] Owlle à la Maroquinerie

11 avril 2014 | PAR Bastien Stisi

Introduite par l’électro lumineuse, jazzy et planante de l’Angevin Thylacine, cousin rapproché de ses compères d’une scène française et voyageuse en pleine ébullition (Superpoze, Fakear, Bloum…), Owlle présentait hier soir à la Maroquinerie son premier album studio sorti fin février.

 

Owlle porte un prénom d’autochtone (France, qui donne également son nom à ce premier album), mais on aurait plutôt tendance au premier abord à l’imaginer issue de la capitale londonienne, que l’on se réfère à son chouette nom de scène, à son chant tout interprété dans la langue de Madonna (« ou de Lady Gaga », pensera sans doute ce fan du premier rang arborant un tee-shirt à l’effigie de la diva blonde platine… ), ou bien sûr à son look et ses fameux cheveux colorisés en rouge, qui pourrait autant être puisé du côté de Soho que de celui des icônes pop féminines des années 80.

Hasard absolu ou parfaite coordination pilosité-jeu de lumière, c’est d’ailleurs une lumière orangée qui accueille l’arrivée de l’artiste au-devant d’un public largement acquis d’avance, qui saluera avec une belle conviction l’interprétation des titres d’un album niché entre l’héroïsme new wave (« Disorder »), les résonances déraisonnées (« Silence »), les tendances machinales (« My Light Is Gone »), l’électro pop sacrément sucrée (le jouissif « Ticky Ticky ») qui ne donnera toutefois ni mal aux dents ni aux tympans. Les plus fidèles auditeurs, eux, répèteront avec aisance les paroles souvent entendues de « Don’t Lose It », tube familier aux noctambules davantage habitués à passer leurs nuits dans les bras de la dream pop plutôt que dans ceux de Morphée.

Parfois proche d’Elly Jackson (La Roux) ou plus encore de Katie Stelmanis (Austra), dans sa manière d’utiliser les jets profonds de la gorge pour aller dignement saluer les cieux, France Picoulet gesticule et se cabre, tape avec force sur un tambour placé à ses côtés, donne le sentiment de balancer son corps au milieu d’une brise de synthpop sensuelle, anime une performance au sein de laquelle (et ce n’est pas si fréquent) les percussions occuperont un rôle central et parfaitement ostentatoire, à tel point qu’il faudra interrompre quelques instants le concert en raison d’une batterie visiblement trop durement maltraitée par un batteur bien zélé…

Les effluves des synthétiseurs, eux, sont prononcés par la voie numérique d’un sampleur dont on regrettera tout même qu’il n’ait pas été remplacé par un humain pour les besoins d’un live qui gagnerait sans doute à allonger (et à salir ?) des morceaux parfois trop sagement récités.

Il n’empêche, les sourires sont présents tout autant que les déhanchements du corps et les acclamations convaincues, et comme tout le monde s’accordera à dire que « Ticky Ticky » est quand même un morceau sacrément accrocheur, c’est en livrant une seconde interprétation de son titre phare, et après deux bruyants rappels, qu’Owlle poncturera une performance qui aura une fois encore prouvé que les effluves sonores du passé peuvent parfaitement s’accoutumer avec les préoccupations du présent…

Owlle sera à l’affiche des Francofolies de La Rochelle le 11 juillet prochain.

Visuels : © Robert Gil

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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