Chansons

Soirée-festival « à définir » : une féminité plurielle sur le devant de la scène

Soirée-festival « à définir » : une féminité plurielle sur le devant de la scène

24 juin 2018 | PAR La Rédaction

Composée exclusivement d’artistes femmes, la soirée « à définir dans un futur proche », qui vient de se tenir à La Maroquinerie le samedi 24 juin, a offert une véritable « constellation » aussi bien de modes d’expression que de points de vue sur l’identité, mais a surtout donné à voir et à entendre une féminité plurielle revendiquée. Soirée-festival, où ce sont succédées sur scène pas moins de 16 artistes, qu’elles soient écrivaines, musiciennes, actrices, danseuses…

De féminité, il en a été particulièrement question. En effet, au coeur du projet artistique de cette soirée, la quatrième du nom, on a retrouvé les questionnements sous-jacents des précédentes éditions, à savoir comment définir le féminin aujourd’hui ? Qu’est-ce qu’être une femme ? L’idée même de définition a-t-elle toujours un sens ? A l’heure de l’affaire Weinstein et de ses répercussions sur les réseaux sociaux, ces questions sont particulièrement mises sur le devant de la scène.

Que ce soit par exemple à travers l’interpellation de l’écrivaine Constance Debré (dernier ouvrage paru, « Play boy ») à l’adresse du public : quel est donc « ce truc qui n’appartient qu’aux filles » ? De « ces hommes qui m’expliquent la vie » de Rebecca Solnit, texte lu par Agnes Jaoui. Ou bien des revendications multiples à parler plus librement et crûment de sexe, à travers les prises de parole de Mardi noir, « j’ai pas de zizi », ou d’Ariane Label et Ginger Roman, « pas dans le cul aujourd’hui » (lecture de la lettre-manifeste de la tchèque Jana Cerna, écrite avant même le Printemps de Prague au début des années 60) … Tout cela ne va pas non plus sans une certaine autodérision, comme dans le duo d’humoristes, Sarah Stern et Natalie Beder, sur le thème de la rencontre amoureuse à l’ère du numérique.

De pluralité des formes et des identités, il en aura été aussi question lors de cette soirée foisonnante. A travers différentes formes d’expression artistique, l’écriture certes mais la chanson a aussi été très présente, à travers les prestations d’artistes comme Barbara Carlotti, qui s’est d’abord demandée ce qui l’a constitué en tant que femme, avant d’interpréter deux de ses chansons, mais aussi Clara Luciani et sa « Drôle d’époque » en duo avec l’actrice Clotilde Hesme, de même que Régina Demina présentant des extraits de son premier EP, et enfin Aloïse Sauvage, repérée dans « 120 Battements par minute » de Robin Campillo, qui, dans une tenue improbable, a clos la soirée avec trois de ses dernières chansons.

Diversité revendiquée enfin, comme dans l’extrait de la conférence dansante d’Ari de B intitulée « décoloniser le dancefloor » où l’identité va de pair avec la reconnaissance des communautés minorisées, trouvant écho ainsi aux lectures de Déborah Lukumunuena, récemment césarisée, ainsi que de Magaajyia Silberfeld, reprenant un extrait du livre récemment publié « Noire n’est pas mon métier ». On signale pour notre part deux pépites de cette soirée : la belle interprétation – dont « Diplomat », très remarqué – de la chanteuse britannique originaire de la Grenade, Ala.ni, alliant mystère et référence au music-hall, accompagnée à l’accordéon par Alice Le Moigne. Autre coup de coeur, le duo de danse et piano voix de Fanny Sage et Genji Kuno (le seul homme de la soirée), comme sur le fil du rasoir, laissant deviner un jeu d’attirance et de résistance d’une grande sensualité.

Diversité des points de vue, revendication identitaire, féminité affirmée… nous laisserons le dernier mot à Barbara Carlotti avec son appel : « ne soyons ni homme ni femme, soyons nous-mêmes ! ».

visuels et texte : Jean-Emmanuel P.

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