Pop / Rock
[Live report] Metz au Point Éphémère

[Live report] Metz au Point Éphémère

06 mars 2015 | PAR Bastien Stisi

« Metz we can !!! » Rires et applaudissements consentants, de la part du public comme de la part du trio de Toronto. Dans la fosse blindée du Point Éphémère, un type vient de hurler le (très) bon jeu de mots de la soirée. On rappellera en effet que « Metz », dans la langue des Ramones, se prononce quasiment de la même manière que « mess », qui signifie tout simplement « désordre »…

Et le désordre, pas d’inquiétude, les trois Canadiens savent parfaitement le gérer. Hier soir, et comme tous les six mois (une première fois dans ce même Point Éphémère, puis à la Gaîté Lyrique, et à La Route du Rock), on a encore pris notre bon petit uppercut dans les tympans en assistant au show de ces Nord-Américains fous furieux, qui présentaient sans trop de solennités (c’est le mois que l’on puisse dire…) un second album qui contient à peu près aussi peu de futiles fioritures dans ses sonorités que dans son titre (l’album se nomme II, puisque c’est le deuxième).

Entre ces deux albums (le premier, éponyme, est paru en 2012, déjà chez Sub Pop), la différence s’avère minime. Les deux entités défileront ainsi comme une seule et sonique trainée de poudre, effilochée par des titres que beaucoup auront reconnus dès la première note (« Wasted », « Get Off », « Headache », « Wet Blanket »…), par d’autres qu’ils reconnaîtront la fois prochaine (« Acetate », « The Swimmer », « Nervous System »…) Cette poudre, de toute évidence, ne paraît être destinée qu’à une seule chose : exploser, de la manière la plus radicale et la plus viscérale qu’il soit.

Dans la fosse, les gens se rentrent dedans. Certains naviguent au-dessus des têtes de leurs congénères (c’est un slam). Des chaussures s’égarent et des bières se renversent. Tout est logique. Car sur scène aussi, on se renverse. C’est notamment le cas d’Alex Edkins, ce guitariste hurleur dont le corps, jamais séparé de son instrument à cordes brutalisées, viendra heurter le sol à quelques reprises durant le concert. Sortiront de sa voix, et de celle de son voisin de scène Chris Slorach, des mélodies (relatives) crachées à la face du monde, car celles-ci se retrouvent, toujours broyées dans une avalanche de riffs noisy et brutaux. On parlera ainsi de punk faulknernien, dans le sens où celui-ci, comme le roman de l’auteur américain, évoque l’idée radicale de bruit et de fureur…

Visuels : (c) Robert Gil

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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