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[Live report] As They Burn au Divan du Monde : le grand final !

[Live report] As They Burn au Divan du Monde : le grand final !

17 mai 2015 | PAR Simon Théodore

Cela faisait bien longtemps que Toute La Culture n’avait pas dansé sur fond de doubles pédales, de riffs acérés et autres cris de cochons. L’occasion était trop belle, il fallait assister à la dernière de As They Burn ! Mettant un terme à leur courte mais néanmoins intense carrière, ces défenseurs du deathcore « made in France » avaient décidé de fêter l’événement entourés de leurs copains de Betraying The Martyrs, Checkmate et JesuisThéo. En raison d’une entrée à prix libre, la rue des Martyrs se retrouva envahie, dès 16h, de coreux et de tatoués engloutissant les premières bières sur le trottoir. Voici, donc, le récit d’une soirée placée sous le signe du bordel !

Il est environ 19h lorsque les lumières s’éteignent pour la première fois. Deux rappeurs prennent possession de la scène et envoient leur flow. Le volume est fort et les basses font exploser les tympans. Alors que les chanteurs évoluent en terre inconnue, les premiers arrivants sembleront apprécier et quelques jambes se délieront gentiment. Leur prestation sera lourde, très lourde, peut être même trop lourde pour les allergiques au rap mais qu’importe, il est ici question de faire la fête en famille. Fait rare pour être souligné : lorsque JesuisTheo finira son set, après trente minutes de jeu, le pit est déjà rempli, laissant ainsi présager le meilleur à venir…

Les choses sérieuses commenceront avec Checkmate. Les cinq musiciens déborderont d’énergie et enverront un metal/hardcore efficace. En l’espace d’un morceau, certains ressentiront déjà le besoin de faire tomber le tee shirt. L’alternance des voix gutturales avec d’autres plus « chantées » est parfaitement assumée et aucun répit ne sera proposé. L’envie furieuse de bouger la tête se fait ressentir tandis que les bières chavirent dans l’aire de jeu. On retiendra « I,M:A » et les premières moshparts. Pour les non-initiés, le concept réside à libérer son énergie et à se rentrer dedans, dans la sueur et la bonne humeur ! Après un set quelque peu écourté et passé bien rapidement, le wall of death final achèvera les plus faibles. La fête n’est plus, il s’agira désormais de faire la guerre et de survivre. À noter que Checkmate compose actuellement son second album.

Les fans de Betraying The Martyrs devaient constituer la moitié des kids réunis. Les clavier sont branchés, les sept cordes sorties ; les balances seront un peu plus longues que le groupe précédent. Avec une production studio qui peut paraître à double tranchant pour certains fans amateurs de cris de gorets, la bande d’Aaron Matts s’affiche en fer de lance du deathcore hexagonale. Amateur ou non, ce serait mentir que de dire que leur prestation n’a pas été destructrice pour le Divan du Monde. Des les premiers breaks, le chaos règne au cœur de la fosse. Les six musiciens impressionnent par leur présence scénique et leurs nombreux sauts, tous plus hauts les uns que les autres. Bénéficiant de refrains accrocheurs, les tubes du combo déroulent à une vitesse folle. « Because of You », « Man Made Disaster » ou encore « Life is Precious » feront trembler la salle pendant que les slameurs s’envolent dans les airs. Renforcés par des blasts frénétiques, les jeux de lumières feront fuir les épileptiques. Amateurs de douceurs, la reprise de Disney « Let it go », mélangeant une voix d’outre tombe à des relents pop, apportera un vent de légèreté pour clore le spectacle. Betraying The Martyrs a, une nouvelle fois, prouvé son efficacité en live.

La fosse s’est un peu vidée, seuls les plus braves (et ils sont encore bien nombreux) resteront pour enflammer une dernière fois cette petite salle. Depuis 2007 et les premières dates en compagnie de The ARRS ou encore L’Esprit du CLan, As They Burn a fait son bonhomme de chemin et s’est imposé, à force de tournées et de concerts endiablés, dans le milieu metal. Il suffira juste de se rendre compte du nombre de personnes n’ayant pu entrer dans la salle… Cette ultime date fût l’occasion de se replonger dans le premier EP, A New Area for our Plagues, et de se rappeler comment, malgré leur jeune âge, leur musique agissait comme un rouleau compresseur. Malheureusement et deux albums plus tard, ils tirent leur révérence à la scène metal française. Bref, ils n’auront pas menti sur les réseaux sociaux et ce show sera une fête chaotique et d’une incroyable chaleur.

Des bruits de balles, une voiture qui démarre en trombe et des vandales masqués arpentent la scène avant de s’engouffrer dans le pit. Alors que les mains formant des triangles sont levées, les musiciens apparaissent sous les encouragements du public. Les premières rythmiques créeront le chaos tandis que le set est ponctué de pogos, de slams et autres parties de jambes en l’air. Certains circle pits feront des dégâts ! Il fait, désormais, une chaleur de fournaise. Les titres s’enchaînent rapidement tandis que « Medecine 2.0 », l’un des titres les plus forts de Will, Love, Life, envoûtera grâce à sa mélodie. N’ayant jamais caché leur goût pour le néo metal, les instrumentistes se payeront le luxe d’envoyer les riffs de « Blind » (Korn), rendant ainsi les plus jeunes hystériques. Que serait une fête sans les amis de longue date? En toute logique, Aaron Matts reviendra pour « F.R.E.A.K.S » (la présence de Frankie Palmeri aurait été incroyable) alors que d’autres musiciens issus de l’underground francilien (Luigi de Upheaval par exemple) partageront aussi les instruments le temps d’un morceau. Sans relâcher l’intensité, les titres s’enchaîneront jusqu’au bouquet final. Après avoir sabré le champagne et avoir trinqué avec tous les acteurs de la soirée, public compris, « A New Aera for our Plague » achèvera tout le monde. La scène est alors envahie de kids, le batteur disparaît derrière la foule et Kevin Trevor peine à se maintenir sur le devant. Les quelques recalés n’auront d’autres choix que de se lancer dans de dernières bousculades. Un grand moment !

La soirée fût donc impressionnante par son intensité. Que ce soit par les jeux de lumières, la puissance musicale, les odeurs de transpiration, la bière coulant à flot ou encore avec les danses métalliques, tous nos sens ont été mis à contribution. De part la qualité musicale proposée, ce n’était probablement pas le concert metal de cette première moitié d’année. En revanche, avec une telle ambiance imposée, ce fut incontestablement un grand moment de fête où une nouvelle page se tournera pour les musiciens. S’il ne fallait retenir qu’un message de la soirée, ce serait bien celui de soutenir la scène hexagonale. En moins de dix ans, As They Burn l’a montré ; la France regorge de talents capables de rivaliser avec les grosses pointures américaines

Visuel : (c) Anthony Dubois

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Simon Théodore

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